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Benjamin Blanc, Bernard Pascal-Mousselard L’interview croisée

Jeudi 25 Janvier 2018

L’un quitte la présidence, l’autre y accède. L’un a passé sept années à la tête de l’ADSP, et l’autre vient de prendre ses nouvelles fonctions, à l’occasion de l’assemblée générale de l’association nationale des directeurs de pistes et de la sécurité de stations de sports d'hiver qui s’est tenue à Beaune les 4 et 5 octobre derniers. Changement de présidence, changement de philosophie et de direction ? Réponses avec Benjamin Blanc, l’ancien, et Bernard Pascal-Mousselard, le nouveau président de l’ADSP.

Benjamin Blanc, Bernard Pascal-Mousselard

Montagne Leaders  : Quel bilan tirez-vous de vos sept années de présidence ?
Benjamin Blanc :
Ces sept dernières années, l’ADSP a initié de nombreuses actions et a eu à traiter une multitude de dossiers extrêmement intéressants, je pense notamment à l’acte II de la Loi Montagne. Nous avons passé beaucoup de temps sur ce texte, avec de nombreux allers-retours, des rebondissements, des déceptions et des points positifs.
Durant mon mandat, j’ai essayé d’avoir une ligne conductrice qui consistait à répondre équitablement à l’ensemble des adhérents, que ce soit aux directeurs de service des pistes de toute petite station, univers dont je venais, aux stations moyennes ou grandes. A chaque fois que je prenais un dossier, j’ai essayé que cela puisse convenir et bénéficier au plus grand nombre. Venant du Mont Ventoux, j’ai eu la sensibilité d’aider les petites stations car je les comprenais. Mais, le passage à la régie des Belleville m’a également fait appréhender les attentes des grandes stations. Je pense avoir mené à bien mes missions. Quand j’ai accédé à la présidence de l’ADSP en 2010, l’association avait besoin de renouer le dialogue avec les principales instances du monde de la montagne, de retrouver du liant avec elles et avec l’univers des pistes. Aujourd’hui, je pense que ce travail est accompli, et il est l’heure de revenir sur le terrain. Pour ce faire, Bernard est l’homme de la situation, et dispose d’une très grande crédibilité.

ML : Comment analysez-vous l’évolution de l’ADSP ?
B.B. :
Durant mes sept années de présidence, j’ai ressenti l’importance qu’avait l’ADSP dans le monde de la montagne. Je pensais, au départ, que l’ADSP était surtout liée aux gens qui la faisaient vivre ou qui la représentait comme Jean-Loup Costerg, Christian Reverbel ou André Grogniet pour ne citer qu’eux. S’ils ont joué et jouent encore un grand rôle au sein de l’association, l’ADSP est également et surtout reconnue en tant que telle.
L’ADSP, dans certains milieux des pistes, n’est pas forcément connue, alors que dans les ministères, que ce soit de l’Intérieur ou des Sports, ou au niveau des parlementaires, ils connaissent. J’ai été étonné de la puissance que peut avoir cette association, c’est un impact que je n’avais pas mesuré.

ML : Votre plus grande fierté ?
B.B. :
Ma plus grande fierté est d’avoir su mettre du liant entre la direction générale de DSF et l’ADSP.

ML : Et à l’inverse, votre plus grand regret ?
B.B. :
J’ai le regret de ne pas avoir réussi à fédérer l’ensemble du milieu des pistes et de la montagne vers la cause du service des pistes. L’ADSP fonctionne aujourd’hui grâce au bénévolat, et je pense que les gens ont de moins en moins de temps à donner pour une cause, quelle qu’elle soit. Ce n’est pas spécifique à la montagne, je pense que c’est plus une problématique sociétale. Je n’ai sûrement pas su trouver les bons sujets ou les bons mots pour embarquer tout le monde.

ML : Un mot sur le nouveau président  de l’ADSP ?
B.B. :
Bernard est quelqu’un qui va apporter à l’ADSP une stabilité et une crédibilité dans toutes ses actions car il a énormément d’expérience de terrain : il connaît les métiers des pistes sur le bout des doigts. Il va prendre un dossier et va le mener au bout avec rigueur et pertinence. C’est quelqu’un de bon sens.
Il va redonner à l’ADSP la valeur de terrain qu’il lui faut aujourd’hui.

ML : Quelles seront vos nouvelles missions en tant que vice-président ?
B.B. : n tant que directeur de la régie des Belleville il était inconcevable que je ne reste pas actif au sein de l’ADSP. Pour être honnête, je ne voulais être que membre du bureau, mais il m’a été demandé de devenir vice-président pour m’occuper notamment de la relation avec les autres instances du monde de la montagne, pour assurer une continuité avec les actions que j’ai pu mener ces dernières années.

ML : Depuis quand êtes-vous investi au sein de l’ADSP ? Qu’est ce qui vous a poussé à candidater à la présidence de l’association ?
Bernard Pascal-Mousselard : Je suis entré dans l’ADSP en 2012, au travers de la commission formation de l’association que j’ai intégré et présidé. J’étais déjà investi dans le domaine de la Formation en tant que formateur pisteur-secouriste 1er degré notamment, et on m’a alors sollicité pour reprendre la commission formation car c’était mon truc.
Pourquoi la présidence de l’ADSP aujourd’hui ? Pour être honnête, au départ je ne souhaitais pas briguer cette fonction car je me plaisais dans la commission Formation. Benjamin Blanc avait émis le désir de passer la main depuis un an ou deux. Il m’en parlait régulièrement et m’a demandé de candidater à la présidence. J’ai plusieurs fois refusé, mais au final je me suis laisser convaincre d’aller plus loin.

ML : Quel regard portez-vous sur l’ADSP ?
B.P.M. :
L’ADSP, je la suis depuis très longtemps, depuis que j’étais jeune pisteur. En tant que formateur je collaborais avec elle, et cette association m’a toujours intéressé, notamment au niveau du travail qui a été fait en ce qui concerne les diplômes pisteurs-secouristes 1er, 2e et 3e degré. J’ai suivi cela de plus en plus, jusqu’à l’intégrer en 2012.

ML : Quelles sont les premières actions que vous comptez mener ? Quels sont vos chantiers prioritaires ?
B.P.M. :
La priorité va être le financement de l’ADSP. Nous sommes une association qui ne fonctionne aujourd’hui qu’au travers du bénévolat, et je souhaite que l’on puisse ouvrir un secrétariat, au moins à mi-temps. C’est le chantier majeur qui va nous occuper dans les mois à venir. On se rapproche aujourd’hui des maires notamment, pour échanger avec eux sur ce point. On s’est donné jusqu’à septembre 2018 pour finaliser un possible financement. En parallèle, nous continuerons d’avancer et de faire avancer nos métiers.

ML : Justement, comment voyez-vous l’avenir de l’ADSP ? Quels seront les futurs challenges ?
B.P.M. :
Dans les mois et années à venir, il y aura beaucoup de dossiers importants à suivre, notamment autour de la question de la formation. C’est très important. Les décrets d’application sur le métier de pisteurs doivent bientôt sortir et nous ferons en sorte qu’ils le soient. C’est une des priorités. On est aussi sur le projet de VAE (ndlr : Validation des Acquis de l’expérience)  pour les directeurs existants et sur un diplôme de directeur de service des pistes pour l’avenir.
A court terme, nous allons également relancer les journées à thème, que ce soit en hiver ou en été, sur le damage, la neige de culture, l’engazonnement, les travaux de piste, les travaux de retenue collinaire : sur tout ce qui concerne l’univers des pistes. Je souhaite que ces journées à thème soient associées à nos fournisseurs. On souhaite se rapprocher d’eux et faire des choses avec eux, en-dehors de l’aspect commercial. Chaque président de commission a une feuille de route, et devra organiser des journées dans une station partenaire. Ça bouge, et tout le monde est déjà au travail.

ML : A peine élu, vous avez pris une décision forte : la rationalisation des commissions en regroupant notamment les commissions Damage et Neige de culture, deux univers il est vrai aujourd’hui indissociables. Pourquoi une telle décision ?
B.P.M. :
J’avais la volonté de rebondir sur le dynamisme qu’il y a eu à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est tenue à Beaune. Il y a eu un élan derrière moi, j’ai été soutenu et bien poussé, et j’ai voulu en profiter pour passer quelques messages sur ma vision de l’ADSP, notamment la réunion de certaines commissions pour que le travail soit plus simple. Il y a une pertinence à regrouper aujourd’hui la neige de culture et le damage.

ML : Un mot sur votre prédécesseur ?
B.P.M. :
J’ai rencontré Benjamin quand il était à la tête du Mont Ventoux. Après, en 2012, il m’a demandé de rentrer à l’ADSP et de prendre en charge la commission Formation et j’ai suivi Benjamin jusqu’à aujourd’hui. Nous avons toujours eu une bonne entente.

 

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