Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes

Congrès de DSF : Engagements environnementaux dans une capitale verte !

Lundi 23 Novembre 2020

Malgré toutes les incertitudes liées au contexte sanitaire, les équipes de Domaines skiables de France ont tout mis en œuvre pour proposer un congrès 2020 aussi riche en débats que respectueux des protocoles avec notamment le port obligatoire du masque pour les 700 participants. Mission réussie.
Et où mieux qu’à Grenoble, ville écologiste et future capitale verte européenne pour 2022, la chambre professionnelle des opérateurs de domaines skiables pouvait annoncer ses éco-engagements ? Attendu depuis des années et évoqué à Besançon l’an dernier, l’engagement environnemental de DSF a été le temps fort et le point final de ces deux jours de congrès, et ce, même si le Covid-19 était au cœur de deux tables rondes consacrées aux stratégies touristiques et à la gestion de l’hiver à venir d’un point de vue professionnel. Ce congrès 2020 devrait, comme l’hiver 2019-2020, rester unique. C’est en tout cas, le souhait de toute une profession durement touchée, mais au demeurant unie pour réussir à faire face aux enjeux et aux défis de demain.

Alexandre Maulin, président de DSF, à la tribune lors de l’annonce des 16 éco-engagements.
Alexandre Maulin, président de DSF, à la tribune lors de l’annonce des 16 éco-engagements.

La montagne réunie à Grenoble, capitale des alpes
Initialement prévu à Saint-Étienne, le congrès 2020 s’est finalement tenu à grenoble. un environnement montagnard presque nécessaire pour tout un écosystème qui avait besoin de se retrouver. pour de vrai.
Dans l’assistance des conférences ou dans les allées, l’assiduité sanitaire des congressistes a permis la tenue de ce congrès 2020.

Le soulagement de se retrouver ! « Cette crise nous a suffisamment séparés les uns des autres. Nous sommes comme des malvoyants dans le brouillard, mais on va essayer de s’éclairer », déclarait en ouverture du congrès, Alexandre Maulin, président de DSF. Après un hiver tronqué et des pertes de chiffre d’affaires record, les 412 membres de la chambre professionnelle (277 exploitants et 178 membres correspondants) se retrouvaient pour faire le bilan positif de la saison estivale et se projeter sur l’hiver à venir. Car après cette période que personne ne pensait vivre, et malgré un soutien fort du gouvernement sur les aides apportées au secteur notamment sur le chômage partiel, il faut s’atteler à préparer la suivante et ce malgré toutes les contraintes : protocoles sanitaires, venue ou non des touristes étrangers, conquête du marché domestique...
Avant de lancer les débats, Domaines skiables de France a tenu son assemblée générale statutaire. Le trésorier Jean-Yves Remy a présenté les comptes sont conformes à ce qui était prévu dans le budget prévisionnel, puisque le bilan de l’exercice est positif à hauteur de 274 000 euros. Le budget 2021 est légèrement déficitaire avec 1,267 M€ de charges et 1,265 M€ de produits et prévoit une baisse des cotisations.

Des changements en coulisses
Laurent Reynaud, délégué général, a ensuite présenté les nouveaux adhérents et soumis au vote la révocation de quatre membres. Au niveau du comité directeur, Anne Marty devient la première femme présidente déléguée. Elle prend la succession de Pascal Tournier. Gérard Bracali (Val d’Allos) remplace Patrick Arnaud pour la section des Alpes du Sud, tout comme Patrice Boutet (SATA) en lieu et place et Christophe Monnier pour la section Isère-Drôme. Jérôme Meunier (Les Angles) a été reconduit pour la section des Pyrénées. Toujours au rang des sections, Sylvain Philippe de Métabief devient président de celle des Montagnes du Jura, tandis que David Aubonnet de RATP Dév remplace Pascal Tournier à la tête de la jeune section (automne 2019) transports urbains, touristiques et industriels. Un moment solennel, mais précieux dans la vie de DSF. Avant de donner la parole aux acteurs.
 

 

PICTH INNO :
3 minutes pour convaincre

Organisé par le Cluster Montagne depuis 2015, le Pitch’Inno 2020 a permis à six entreprises de présenter leur dernière innovation dans un format court et punchy. MND Snow a ouvert le bal avec sa solution d’enneigement qui produit 20 % d’énergie de plus qu’il n’en consomme grâce à l’installation de turbine dans le réseau de neige de culture. Graaly a ensuite présenté son concept d’escape game en soulignant l’importance du jeu pour occuper, capter et attirer. Lumiplan a de son côté, proposé Mountain Live qui vise à renforcer l’expérience client en partant du postulat qu’un client stimulé consomme six fois plus. Avec des notifications, le client est alerté de toutes les possibilités qui s’offrent à lui dans une station, et ce en temps réel. Attention à votre batterie... Face B se présente de son côté avec une solution clé en main pour la rénovation des hébergements de vacances. Avec « le Monde des Pentes », Luth Mediations s’engage dans un tourisme à penchant très nature grâce à des parcours ludiques et artistiques. Pour conclure, Sport Data Intelligence, spécialiste de la tarification dynamique, est intervenu pour présenter ses modèles basés sur plusieurs variables pour déterminer un score d’attractivité.

 

Table-ronde : Quelles stratégies touristiques face au Covid ?

Tourisme
Au delà du contexte Covid-19, les enjeux sont nombreux pour cet hiver. Entre la conquête du marché domestique et les freins à lever pour la clientèle étrangère, les stations de montagne vont surtout devoir s’adapter aux reservations de dernière minute comme cela a été le cas cet été.

Ouverture par Caroline Leboucher, directrice générale d’Atout France
INTERVENANTS
Yves Dimier, président de la commission Communication et économie DSF
Patrick Labrune, président du Syndicat national des résidences de tourisme et PDG des résidences Goélia
Blandine Tridon, présidente de la commission Juridique et fiscale DSF
Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’Hôtellerie de plein air
TÉMOINS
Annie Genevard , vice-présidente LR de l’Assemblée Nationale et présidente de l’ANEM
Caroline Leboucher, directrice générale d’Atout France
Emilie Bonnivard, députée LR de Savoie et rapporteuse du budget du tourisme

En ouverture de la première table ronde du congrès, Caroline Leboucher a rappelé le poids de la montagne dans le paysage touristique français, qui draine 20 milliards d’euros de retombées économiques, alors que les signaux ne sont pas très optimistes pour l’hiver à venir. En effet, d’après le cabinet G2A, les réservations sont à la baisse aussi bien chez les tour-opérateurs (-20 %) que chez les hébergeurs et les producteurs (-26 %). Et les prévisions d’une relance de l’activité à la normale sont estimées au mieux pour l’hiver 2021/2022. Citant Antoine de Saint-Exupéry pour conclure son propos - « L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre » - Caroline Leboucher souhaite que cet avenir soit prévu, anticipé et surtout co-construit.

La dernière minute, nouvelle norme
Les craintes étaient de mise avant la saison estivale, au vu des contraintes sanitaires évoluant au fil des semaines et d’une clientèle souvent indécise. Les campagnes de communication ont semblé porter leurs fruits et finalement, le bilan est plutôt positif. « Le besoin de fraîcheur, d’air pur face à la canicule, de grands espaces a été déterminant », souligne Annie Genevard.
Chez les professionnels du tourisme, le soulagement est aussi de rigueur. « Le travail pour réaliser un bel été a été fait. La montagne a marqué des points et les chiffres sont totalement inespérés pour les résidences de tourisme », analyse Patrick Labrune. Du côté de la FNHPA, Nicolas Dayot recense une perte d’activité de 25 % par rapport à 2019. « 80 % du chiffre d’affaires a été réalisé sur juillet et août. Nous avons sauvé les meubles bien que nous constations une forte disparité en fonction des destinations ». La norme sur les réservations a été la dernière minute avec des volumes colossaux à J-3 ou J-4, et cette tendance devrait s’accroître davantage pour l’hiver 2020-2021. D’ailleurs, les professionnels anticipent déjà en parlant de dernière seconde. Selon Yves Dimier, « il faut être patient, rester optimiste et bien communiquer sur nos forces car les domaines skiables ont des atouts pour attirer tous les types de clientèles. Elles doivent se sentir à l’aise de venir en station. À Val Cenis, sur la journée la plus fréquentée de l’année, il y a plus de 100 m2 par skieur. Les grands espaces peuvent jouer en notre faveur ».

Adopter la bonne com’
Nerf de la guerre pour attirer la clientèle, la communication a été et va être un enjeu capital dans la réassurance. « Lorsque le protocole est trop dévoilé, il peut engendrer du stress et donc des annulations. Il faut être agile sur le plan marketing et opérer un savant mélange entre la réassurance et la liberté », évoquait Nicolas Dayot. Quitte à informer sur les protocoles sanitaires plus en détail lors de l’arrivée des clients. Le digital, avec notamment la gestion des flux sur les pistes, sera un outil précieux pour faciliter la vie en station, mais également au moment de la réservation. « La tarification dynamique fait partie des outils de commercialisation moderne d’autant plus dans ce contexte. C’est indéniablement une aide pour nous à Val Cenis, et pour Pralognan et La Clusaz désormais, mais c’est bien la communication en face de ce produit qui fera la différence », estime Yves Dimier.

Quelles nouvelles clientèles ?
L’été 2020 aura permis de montrer que la montagne peut séduire sous de multiples facettes. Les Français ont répondu présent et l’enjeu est de les fidéliser sur l’hiver et ce dès les vacances de Noël. « Seulement 8 % des Français vont au ski ce qui signifie qu’il y a 92 % du marché domestique à conquérir. Nous devons trouver les bons leviers, les bonnes émotions afin de conduire la clientèle CSP + française vers la montagne et non vers des destinations lointaines au soleil », avance Caroline Leboucher. Pour Blandine Tridon, « s’il y a bien un lieu qui incarne la période de Noël, c’est la montagne avec la neige, le cadre. On doit préparer de la légèreté dans ce contexte lourd ».  Concernant la clientèle étrangère, les problématiques sont toutes autres. Si l’inquiétude demeure pour le marché britannique tant au niveau des contraintes sanitaires que des transports, les opportunités existent chez nos voisins européens. « Il est très important d’avoir des actions diplomatiques pour revenir à plus de sérénité avec les marchés émetteurs et en séduire de nouveaux. Je rejoins Émilie Bonnivard sur l’Espagne, la Lombardie et j’ajouterais également la Suède pour laquelle on doit vendre la lumière, et également l’Europe centrale dont le potentiel est fort », précisait Caroline Leboucher. Et si le potentiel est fort, reste alors à le matérialiser en fréquentation et miser sur un bel hiver. Car tout est mis en œuvre pour que le virus ne soit pas une contrainte.

▲ Léo Guilbert

 

Table-ronde : Travailler avec le Covid-19

Rodolphe Delord est venu partager  les bonnes pratiques qui ont permis  au zoo de Beauval, et à sa télécabine,  de fonctionner malgré le Covid.
Rodolphe Delord est venu partager les bonnes pratiques qui ont permis au zoo de Beauval, et à sa télécabine, de fonctionner malgré le Covid.

SANITAIRE
Dans le dilemme qui consiste à ménager les volets économique et sanitaire, DSF a souhaité s’appuyer sur la gestion de la saison estivale pour préparer la saison d’hiver à venir.

INTERVENANTS
Antoine Bellet, président de la commission Sécurité et santé au travail DSF
Rodolphe Delord, Pdg du zoo de Beauval
Laurent Duc, Président UMIH Hôtellerie
David Ponson, vice-président de la commission Social-Formation DSF
Anoush Savoji, responsable des centres UCPA des Alpes
Antoine Pirio, directeur général Deux-Alpes Loisirs

TÉMOINS
André Benkemoun, directeur du SDIS 38
Jean-Marc Simon, directeur général du SNMSF
Xavier Roseren, député LREM de Haute-Savoie

Tout ne fut pas parfait cet été, à l’image de la situation du centre UCPA des Orres relatée par Anoush Savoji. Malgré un protocole sanitaire strict, le site a connu des cas de Covid découverts chez les enfants durant le séjour ou a posteriori, entraînant campagnes de test (sur site), fermetures et réouvertures, en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS).
Les Deux Alpes ont aussi connu, après la mi-août, plusieurs cas dans l’entreprise et au sein de la destination. Ici l’ARS n’est pas intervenue, puisque c’est à l’employeur qu’est revenue la tâche de rechercher les cas contacts en interne (300 salariés l’été). Si la mission n’est pas compliquée, elle nécessite méthode et discernement, selon Antoine Pirio, en tenant compte des critères de définition d’un cas contact. L’autre enseignement tient au renforcement de certains messages de prévention : sur les dix cas recensés dans l’entreprise, huit étaient liés à des contaminations externes. Les bonnes pratiques ne doivent pas s’arrêter aux portes de l’entreprise, et valent bien évidemment en dehors. Ce discours, salué par DSF et David Ponson, sera rappelé à l’occasion de l’intégration des saisonniers en amont de la saison hivernale.

Bâtir sur le positif
Mais cet été 2020 a aussi été
l’occasion d’observer ce qui fonctionne. Rodolphe Delord a ainsi listé ce qui a permis au zoo de Beauval de poursuivre son activité : des équipes scindées par groupes dès le confinement, la nomination d’un responsable Covid, en lien avec la préfecture et avec la médecine du travail, le port du masque obligatoire dans les cabines, désinfectées plusieurs fois par heure, l’embarquement par familles ou groupes de proches, et le personnel supplémentaire pour faire respecter les mesures sanitaires. La plupart de ces points existent déjà au sein des guides DSF, maintenance ou exploitation.
Le microcosme d’une station présentant une proximité importante, Laurent Duc a appelé les professionnels des métiers de l’hôtellerie et de la restauration à l’exemplarité quant au port du masque, et à une rigueur absolue en backoffice, dans l’intérêt des équipes et de la clientèle. Et sur ce point, le représentant de l’UMIH estime que ces professionnels incarnent la première des polices sanitaires en station afin d’écarter le risque de fermeture administrative.
Sur et autour du domaine, la sécurité est aussi la priorité, avec la question de compétences très fortes pointées par Antoine Bellet. Réaliser un PIDA, ouvrir certains secteurs du domaine, transporter les clients sur les remontées mécaniques : l’agilité sera la clé pour que ces fonctions puissent être réalisées dans les règles de l’art, même avec des salariés manquant à l’appel.
Point de vue partagé par Antoine Pirio, qui souligne tout l’enjeu des tests pour cibler les cas qui le nécessitent afin de ne pas interrompre la chaîne de responsabilité, d’éviter une désorganisation potentielle et de garantir l’exploitation. La préparation d’avant-saison doit donc permettre de challenger les protocoles d’activité pour répondre au maximum de situations possibles.

L’enjeu de la communication... et des classes de neige
Interrogé sur la communication et le management envers les moniteurs, Jean-Marc Simon a rappelé le sérieux des pulls rouges : 17 000 « chefs d’entreprise » responsables de leur propre activité, de leurs recettes et de leur bénéfice. Les ESF se conformant aux mesures du ministère des Sports, l’une des priorités du SNMSF est la cohésion du discours et des mesures de toutes les écoles.
Rompu à la communication de crise, André Benkemoun a, lui, incité au consensus au sein du petit univers que constitue chaque station, afin qu’existe une méthode pour affronter l’imprévu. Au-delà de l’enjeu sanitaire, primordial, le risque pèse également sur la destination. L’objectif est donc de communiquer, pour expliquer la situation, et mettre en avant des éléments favorables ; le fait de renoncer à accueillir la clientèle, ou de proposer une solution chez une station voisine peut être perçu positivement.
Pour sa part, Xavier Roseren a insisté sur l’importance de la continuité de l’activité des remontées mécaniques, essentielles au tourisme hivernal, avant d’évoquer le déficit de réservation des classes de neige pour l’hiver à venir et les difficultés des centres de vacances ; les enseignants qui prenaient auparavant la responsabilité de partir doivent désormais affronter cette contrainte sanitaire supplémentaire. Le sujet mobilise l’industrie en raison du manque à gagner à court terme, mais surtout au regard des conséquences économiques pour ces structures. Par la voix de Jean-Marc Simon, le SNMSF a lancé le fonds de dotation Enfance et Montagne (200 000 € annuels), dédié  au financement de classes découverte, été comme hiver. En espérant donner de l’allant à ce dossier, essentiel.
▲ M.F.

 

Table-ronde : Une montagne plus vertueuse

Les enjeux environnementaux seront centraux dans les années à venir pour les domaines skiables.
Les enjeux environnementaux seront centraux dans les années à venir pour les domaines skiables.

Développement durable
La montagne, plus que les autres milieux, est confrontée aux enjeux environnementaux. les exploitants de remontées mécaniques doivent aller vers des engagements forts, de nouvelles pratiques pour s’adapter et décarboner une activité dans le viseur environnemental.

INTERVENANTS
Yann Carrel
, président de la commissions Remontées mécaniques DSF
Thomas Faucheur, président de la commission Pistes et environnement DSF
Flavie Melendez, agricultrice au GAEC de la Ferme des Roches Fleuries à Saint-Gervais
Benjamin Thaller, directeur d’Outdoor Sport Valley
TÉMOINS
Jean-Luc Boch
, président ANMSM et France Montagne
Chantal Carlioz, vice-présidente du Département de l’Isère en charge du tourisme, de la montagne et des stations
Martial Saddier, président du comité de bassin Rhône-Méditerranée
Yves Dimier, président de la commission Communication et économie DSF

Depuis un an et le congrès de Besançon, le monde de la montagne attendait le positionnement de DSF sur la question environnementale. Des éléments de réponse ont été apportés lors des débats du vendredi avant l’annonce solennelle des 16  éco-engagements. « Suite à la volonté d’Alexandre Maulin de repositionner DSF sur les enjeux environnementaux, établir un état des lieux était primordial avant d’amorcer des actions concrètes », posait Thomas Faucheur comme l’une des explications de cette période d’expectative.

Devenir plus « vert-ueux »
« Nos métiers consomment de l’énergie et des ressources, mais nous travaillons énormément pour en réduire l’impact. À Avoriaz par exemple, nous avons baissé de 25 % notre consommation électrique grâce au solaire, à l’adaptation de la vitesse des remontées mécaniques, au pilotage, au chauffage... Nous arrivons doucement à être plus vertueux. La technique et la technologie se mettent au service de l’amélioration », détaille Thomas Faucheur. Une évolution nécessaire et inévitable, pour les exploitants comme pour les marques de textiles, comme le détaille si bien Benjamin Thaller. « On travaille sur les mêmes univers et terrains de jeu. Nous sommes confrontés à notre modèle économique, car le textile à un fort impact carbone. On travaille la chaîne logistique, les emballages, on réfléchit au process de la filière, car la nature est notre raison de vivre. La question du coût viendra une fois que les modèles économiques seront trouvés ».
Car inévitablement, les investissements réalisés pour aller vers une montagne plus vertueuse - que ce soit sur l’aménagement, les matériaux, ou l’innovation sur les équipements et le matériel - ont un coût. « Il faut qu’on accepte que cette partie-là nous coûte plus cher », livre Thomas Faucheur.

Colocataires de la montagne
« Nous sommes colocataires de la montagne avec les agriculteurs ». La phrase de Thomas Faucheur pose le cadre. Aujourd’hui, un vrai dialogue s’est instauré entre les acteurs afin de gérer et d’aménager au mieux les espaces des domaines skiables. Les Sociétés d’économies alpestres jouent un rôle d’intermédiaire afin de concilier les logiques de chaque acteur.
« Les remontées mécaniques ont à cœur de vouloir écologiquement améliorer les choses. Chez nous, elles ont financé une dalle où l’on a pu déposer une machine à traire avec une cuve afin de récupérer les effluents pour éviter de les répandre directement sur l’alpage. Un alpage bien entretenu et propre, c’est profitable aux domaines skiables », explique Flavie Melendez.
L’agricultrice appelle à un aménagement respectueux des alpages quand Yann Carrel rappelle que les exploitants sont les premiers intéressés pour garder une qualité de vie et des aménagements viables. Des échanges qui confirment l’importance du dialogue et de l’échange afin que les aménagements profitent à tous les acteurs de la montagne à la fois dans sa protection et pour son développement économique.

L’enjeu de l’eau
La question de l’eau apparaît comme centrale tant la ressource est précieuse à plus d’un titre et notamment sur l’utilisation pour la neige de culture. Car chaque année, les domaines skiables consomment entre 25 et 30 millions de m3 d’eau à cet effet. « Aujourd’hui, le seul moyen de conserver l’eau est de construire des retenues d’altitude, de récupérer l’eau quand elle est en abondance », estime Thomas Faucheur. Mais le sujet concentre bon nombre des crispations des associations environnementales notamment. De leur côté, les professionnels défendent leurs intérêts. Selon l’étude menée en Isère et présentée par Chantal Carlioz lors de la table ronde, « en passant de 27 % à 42 % de surfaces couvertes par la neige de culture, il n’y aura pas de problème de ressources en eau ni de conflits d’usage à l’horizon 2050 tant qu’elle est prélevable ». Un point à relativiser en fonction de la zone géographique et de la période de l’année puisque certains territoires sont déjà concernés. Martial Saddier explique d’ailleurs que l’eau serait l’enjeu numéro 1 des années à venir et globalement, les périodes de besoins des exploitants et celles des disponibilités de l’eau sont souvent à l’exact opposé, d’où l’importance de prélever sur les bonnes périodes, mieux garder l’eau, désartificialiser les sols et ralentir l’eau jusqu’à la Méditerranée. Il interpelle également sur le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux du bassin Rhône Méditerranée « qui engagera tous les projets d’aménagements pour la période 2022-2027 ». Autre sujet majeur : les transports. Jean-Luc Boch en appelle aux pouvoirs publics afin d’aider la filière et encourager la mobilité douce au regard de l’impact carbone engendré par la venue en station. « Ensemble on doit aller plus loin pour que vive la montagne », encourage-t-il. Un vœu à la portée aussi volontariste que nécessaire pour une filière sommée d’engager de profondes mutations dans un contexte fragile et hyper concurrentiel.
▲ L.G

 

L’annonce  les 16 éco-engagements
En fin de congrès, Alexandre Maulin, président de DSF, a annoncé les 16 éco-engagements qui visent à la neutralité carbone d’ici à 2037.
« Ça méritait un peu de teasing parce que pendant longtemps, c’est un sujet où l’on ne se sentait pas légitime, où l’on avait l’impression d’être toujours les mauvais élèves. (...) Mais on ne peut pas laisser ce sujet de côté et on doit amener notre pierre à l’édifice vers une transition. (...) Aujourd’hui, on veut aller plus vite pour l’avenir de nos montagnes et c’est le sens de cette charte commune, démocratique et collégiale », annonçait-il en introduction.

Ces 16 éco-engagements, qui s’appliquent à tous les exploitants, sont regroupés en cinq grands thèmes :

1. Climat et Énergie
– Neutralité carbone des domaines skiables à l’horizon 2037.
– Projet dameuse hydrogène.
– Déploiement du bilan carbone dans tous les domaines skiables dans les trois ans.
– Éco-conduite des engins de damage (formation sous 5 ans).
– Éco-conduite des remontées mécaniques téléportées (formation sous 2 ans).
– Utilisation raisonnée des remontées mécaniques.

2. Eau et agriculture
– Stockage de l’eau : lisser le prélèvement dans le temps en stockant l’eau dès que la production annuelle de neige dépasse 100 000 m3.
– Économies d’eau : engagement à mesurer les hauteurs de neige afin d’optimiser les volumes produits.
– Soutien au pastoralisme et partage de l’eau : engagement à mettre à disposition leurs réserves auprès des éleveurs en période de sécheresse estivale, pour le risque d’incendie et comme eau potable, le cas échéant.

3. Biodiversité
– Inventaire écologique : d’ici 5 ans, chaque station aura réalisé un inventaire environnemental de ses espaces naturels (faune, flore, zones humides, zones d’hivernage et de reproduction…).
– Protection des galliformes de montagne : d’ici 5 ans, signalisation de 100 % des tronçons des câbles de remontées mécaniques exposant les galliformes à un risque de collision.

4. Paysages
– Végétalisation après travaux.
– Utilisation de semences endémiques.
– Démontage des installations obsolètes : à compter de 2023, engagement à démonter trois installations obsolètes chaque année.

5. Déchets
– Ramassage des déchets dans les espaces naturels : au moins une opération par station chaque année.
– Sensibilisation des clients.

« Nous serons prêts, tous les ans, à vous faire part de nos avancées, à participer à toutes les tables rondes, à tous les travaux pour que la montagne se fasse mieux ensemble et pour longtemps », a conclu Alexandre Maulin.

 

 

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