Crédit Agricole des Savoie

Constructeurs de remontées mécaniques en 1975

Vendredi 6 Novembre 2015

Archive extraite du 1er numéro d'Aménagement et Montagne, publié le 15 juin 1975.

remontée mécanique 1975

Archive aménagement et MontagneGrande saison d’hiver. Toutes les prévisions largement dépassées. Bilan très positif des stations : autant de réflexions enthousiastes définissant le bilan de la saison passée. A une époque où l’ensemble de l’activité économique est en crise, le tourisme hivernal semble y avoir échappé.
Les Sociétés d’exploitation de Remontées Mécaniques sont les grands bénéficiaires de ce succès en raison de l’augmentation générale des prix, d’une meilleure fréquentation, mais surtout d’un coefficient de remplissage en périodes creuses en progression constante. Tout ceci s’est traduit par un chiffre d’affaires augmenté suivant les stations de 25 à 55 % ! Une seule restriction à ce succès un certain nombre d'appareils implantés en basse altitude n’ayant pas eu de neige avant début mars, ont réalisé un chiffre d’affaires inférieur à celui de la saison précédente.
Les constructeurs de remontées mécaniques devraient donc avoir leurs carnets de commandes bien remplis. En réalité l’incidence de la saison 1974-75 est très modulée pour plusieurs raisions : les stations dans un climat général difficile pensent à rentabiliser sans trop investir, obtiennent difficilement des prêts conventionnés à long terme, et sont dans l’attente d’un climat économique plus sûr.

 

Où en est donc la construction des Remontées Mécaniques en France ?

Une quinzaine de constructeurs se partagent le marché des remontées mécaniques dans des proportions très variables. La concurrence se présente suivant deux types principaux d’appareils. D’une part les engins légers ou semi-légers, fils-neige, téléskis, télésièges, d’autre part, les engins lourds ou semi-lourds, télécabines et téléphériques. Dans la première catégorie, certains constructeurs livrent bataille bien souvent non pas pour réaliser leur programme prévisionnel mais tout au moins pour survivre. Dans la seconde catégorie, POMA, constructeur de télécabines le plus important, a une avance confortable face à ses concurrents ses références, sa technologie et ses exportations dans tous les continents lui assure la place de premier constructeur français. La firme BEAUDIN - CHATEAUNEUF - WEBER a réalisé entre autres, l’année dernière, une remarquable installation à Super-Besse, qui la place, sur le plan technique, à un niveau comparable à son concurrent direct. Quant aux téléphériques ou télécabines bi-câbles classés dans la catégorie des engins lourds, ils sont réalisés soit par des constructeurs étrangers ayant une représentation en France, soit par les firmes BEAUDIN-CHATEAUNEUF et MANCINI, seuls constructeurs ayant des références dans ce domaine. Un téléphérique à matériaux est réalisé par ces sociétés pour les mines de talc de Luzenac dans les Pyrénées, marché de plus de 15 millions qui a motivé un mariage de raison entre les deux sociétés grenobloises. Cette association sera réussie si elle se maintient pour d’autres affaires, elle serait souhaitable pour d’autres constructeurs possédant la même gamme de fabrication.
Il est illogique, par exemple, que le petit marché de fils-neige et téléskis démontables soit couvert par 5 constructeurs et que pour les téléskis débrayables, techniquement identiques à quelques détails près, 4 constructeurs principaux assurent leur fabrication. Certaines firmes présentent du matériel très spécial, ayant un marché limité mais peu de concurrence MONTAZ MAUTINO, 2e constructeur français diversifie ses fabrications il a notamment en réalisation 12 téléphériques de service démontables, destinés à équiper les Unités du Génie de l’Armée française.

 

L’exportation, avenir des constructeurs français

Aménagement et Montagne n°1A l’exportation, il semble anormal qu’un matériel rigoureusement identique soit proposé par 2 constructeurs français dont les usines dans la proche banlieue grenobloise sont voisines de quelques centaines de mètres ... mais ceci est une longue histoire...
Les télésièges sont aussi proposés par 6 constructeurs différents qui se partagent un marché de 10 à 15 appareils par an et comme pour les téléskis les deux firmes voisines se retrouvent sur les marchés étrangers pour proposer le même matériel. La lutte que se livrent les constructeurs entre eux, a l’avantage de profiter aux clients mais à long terme, elle risque de diminuer leur capacité d’innovation.
Le marché des transports par câbles ne devrait pas progresser de plus de 5 à 10% par an pendant de nombreuses années mais tous les espoIrs sont permis à l’étranger où des efforts considérables sont faits pour la création de stations hivernales notamment en U.R.S.S., Iran, Liban, Amérique du Nord et notre proche voisin l’Espagne.
Il sera toujours difficile de prévoir le rythme de progression de l’expansion du tourisme hivernal. Qui aurait pu prévoir le succès de la dernière saison dans le contexte économique que nous connaissons. L’évolution de la fréquentation des stations sera nécessairement liée à une démocratisation du ski, l’effort est à faire aussi bien par les fabricants de matériel que par les promoteurs publics, privés et responsables de stations. Afin d’aborder les marchés en associés plutôt qu’en concurrents, il serait souhaitable que les industriels français procèdent à certaines ententes pour éviter la dispersion de leurs efforts. L’industrie des transports par câbles devrait avoir encore de belles années pour la construction d’appareils aussi bien touristiques qu’industriels.

M. GUERRIN

 

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