Dossier Câble urbain

Mercredi 1 Juillet 2015

La Paz (Bolivie), Bursa (Turquie), Medellin (Colombie), Ustid nad Labem (République Tchèque).

La Paz (Bolivie) Mi Teleférico, plus grand réseau urbain du monde

La Paz (Bolivie)

Mi Teleférico, plus grand réseau urbain du monde

Mai, septembre, décembre 2014 : en sept mois, les trois lignes de télécabines du plus grand réseau de transport par câble urbain au monde, Mi Teleférico, réalisé par Doppelmayr à La Paz, ont toutes été inaugurées par le président bolivien Evo Morales. En prime, six autres lignes sont déjà prévues !

Photos © Doppelmayr Seilbahnen GmbHAvec près de 10 km de longueur cumulée, c’est le plus grand réseau urbain de transport par câble du monde qui fonctionne depuis décembre dernier en Bolivie. La plus haute capitale de la planète, qui s’étale entre 3 200 et 4 100 m d’altitude, cumule les superlatifs. Ce réseau a permis de décongestionner le trafic routier de La Paz : plus de 16 millions de passagers depuis la mise en service de la première ligne, soit autant de trajets routiers évités dans l’agglomération. Associée à El Alto, les deux villes comptent presque deux millions d’habitants sur 1 000 m de dénivelé, d’où la nécessité d’installer un réseau de transport par câble. Cet exploit a permis de réduire de manière importante les nuisances sonores et les émissions de CO2 rejetées par les voitures. Le gouvernement bolivien, grâce au savoir-faire historique de Doppelmayr, a réussi à solutionner la problématique des déplacements dans la capitale. Grâce aux trois lignes aux couleurs du drapeau du pays, Roja (rouge), Amarilla (jaune) et Verde (verte), « la Paz-El Alto est devenue une ville modèle » a déclaré Evo Morales.
Les trois lignes de télécabines débrayables et les quelques 443 cabines CWA Omega circulent à une vitesse d’exploitation de 5  m/s, avec une capacité d’embarquement de 10 personnes assises. Elles garantissent un débit de 3 000 p/h par ligne et par direction, desservant les 11 stations du réseau au bonheur des habitants et visiteurs de La Paz qui peuvent désormais éviter les embouteillages. La Linea Roja comprend trois stations - Estación Central, Yacimientos, et 16 de Julio - la Linea Amarilla quatre ­– Parque Mirador, Buenos Aires, Sopocachi et Libertador – tout comme la Linea Verde : Libertador, Alto Obrajes, 17 Obrajes et Irpavi. La première de ces trois lignes, la Linea Roja, inaugurée en mai dernier, parcourt 2 349 m. « Un voyage avec la Linea Roja au-dessus de la ville ne dure que 11 minutes alors qu’en voiture, il peut s’éterniser au-delà d’une heure », précise Javier Telleria, Pdg de Doppelmayr Bolivie. Après trois mois d’exploitation, elle comptabilisait déjà 3,5 millions de passagers. Puis, dès septembre 2014, la seconde ligne, Linea Amarilla, survolait la ville en 17 minutes, la plus longue avec le dénivelé le plus important, 665 m. Elle mène du centre de La Paz – Estacion Libertado – au sud d’El Alto à 3 737 m. Une vue spectaculaire s’offre alors sur La Paz, à 4 075 m d’altitude, de quoi séduire évidemment tant les habitants que les touristes. Inaugurée en décembre dernier, la Linea Verde est longue de 3 706 m et relie La Paz à Irpavi, au sud-est.

Un réseau de transport rapide et durable encore en expansion

Le réseau Mi Teleférico propose un service de transport disponible 17 heures par jour, entre 5 h et 22 h. Les cabines arrivent en gare à raison d’une toutes les 12 secondes. Elles sont équipées d’un système de radiocommunication pour permettre aux passagers de contacter le personnel en gares en cas d’urgence. Enfin le système d’éclairage à leds offre la garantie d’un voyage confortable y compris pendant les heures d’exploitation nocturne. La population a très vite adopté cette solution de transport rapide, accessible aux personnes à mobilité réduite, sûre, confortable et silencieuse. Grâce à son emprise au sol réduite, le câble a permis d’éviter un maximum d’obstacles terrestres, évitant ainsi routes, cours d’eau, bâtiments, parcs, etc. Plus écologique, social, esthétique, Mi Teleférico cumule les avantages. Les 77 pylônes et les bâtiments des gares s’intègrent dans l’environnement, moins pollué car le trafic routier est diminué. En outre, les stations sont destinées à abriter des services publics et commerciaux tels que bibliothèques, commerces, restaurants, etc. Plus qu’une solution de transport pour la population, Mi Teleférico est devenu une réelle attraction touristique pour survoler la capitale bolivienne et contempler les lointains sommets de Nevado Illimani. Elle est d’ailleurs classée n°1 des attractions à La Paz sur le fameux site TripAdvisor.
Et ce n’est qu’un début pour La Paz puisque la société bolivienne Mi Teleférico et Doppelmayr ont signé un nouveau contrat ce 5 mars pour exécuter la seconde phase de construction du réseau de transport par câble urbain dans la capitale. C’était déjà le plus grand du monde, et il va encore s’agrandir avec six lignes, soit 20 km de réseau et 23 stations supplémentaires incluant des liaisons. Il s’agira du même type de télécabines débrayables, 10 places assises et un débit de 3 000 p/h par direction et par ligne. A partir de 2017, deux lignes par an devraient voir le jour. Un projet exceptionnel pour la Bolivie et Doppelmayr !

Photos © Doppelmayr Seilbahnen GmbH

 


Bursa (Turquie)

Leitner tutoie encore les records

© Ogulcan Yener

Une véritable connexion ville-station de ski, voilà ce que vient de réaliser Leitner en Turquie. Après Ankara, c’est à Bursa que Leitner est intervenu pour une installation qui tutoie déjà tous les records. Mais plus que des chiffres, la nouvelle télécabine de Bursa est une liaison entre la ville et le ski, entre la plaine et la montagne. Du jamais vu pour une télécabine monocâble.

Connecter la ville à la montagne ? Pari réussi à Bursa ! Grâce à une nouvelle télécabine monocâble, la plus longue du monde, il est désormais possible d’accéder, via le cœur de la quatrième plus importante ville turque, à la station d’Uludag, son Mont et son parc éponyme. Située à plus de 35 km du centre-ville, la station 4 saisons d’Uludag est très prisée par une clientèle turque mais également internationale. S’il était possible avant d’y accéder en partie grâce à un téléphérique âgé de 50 ans, il restait encore quelques kilomètres à parcourir en bus. Aujourd’hui, il suffit de monter dans une télécabine, du cœur de la ville jusqu’au cœur de la station. Autant dire qu’il n’y a que des avantages dans la nouvelle réalisation signée Leitner. Outre un temps de trajet considérablement raccourci et un confort de transport optimum, il n’est désormais plus nécessaire de finir le voyage via un bus ou un taxi. Avantage économique, écologique : le transport par câble démontre une nouvelle fois tout son intérêt. Imaginez-vous le confort apporté aux habitants de la ville : il est possible de partir, depuis le centre-ville, avec ses skis ou ses chaussures de randonnée, prendre la télécabine et, en quelques minutes, accéder à une véritable station de ski d’envergure. Question démocratisation du ski et de la montagne, Bursa s’impose comme un exemple. Si plusieurs villes européennes, dont Innsbruck, ont déjà misé sur ce type d’appareil, elles ne sont pas non plus légions.

© Ogulcan Yener

Leitner signe une installation de haut vol

Exit l’ancien téléphérique de 4,5 km de long datant de 1958, place au nouvel appareil signé Leitner qui dispose de mensurations impressionnantes.
9 km de long, 44 pylônes, 139 cabines, une vitesse d’exploitation de 6 m/s, un débit de 1 500 personnes/heure, les chiffres donnent le vertige. D’une capacité de 8 places assises, les cabines permettent de relier Bursa à Uludag en seulement 22 minutes ! Composée de deux gares intermédiaires, donc de trois tronçons, cette télécabine monocâble est la plus longue du monde.
Exploitée par la société Bursa Teleferik A.˛S , fondée en décembre 2012, la nouvelle télécabine Leitner a déjà transporté, entre juin et décembre 2014, plus de 520 000 passagers. Car oui, Bursa et sa nouvelle télécabine peuvent compter sur un bassin de population hors-norme pour booster la fréquentation de l’appareil et de la station. En effet, Bursa est située au nord-ouest de la Turquie, et compte plus de 2,7 millions d’habitants. Sans compter que la capitale, Istanbul, n’est qu’à deux heures de Bursa en voiture ou 90 minutes en ferry. C’est donc un bassin de population de plus de 14 millions d’habitants que Bursa est en mesure de toucher.
Leitner a une nouvelle fois répondu présent et a livré un appareil de haut vol qui fera des émules, à n’en pas douter.

Photos : © Ogulcan Yener, Leitner

 


Medellin (Colombie)

Un exemple à suivre

Medellin (Colombie)

En vingt ans, Medellin, deuxième plus grande ville colombienne derrière la capitale Bogotá, s’est métamorphosée. Après avoir détenue le triste record de la ville la plus violente du monde, Medellin a été élue en 2013 « Ville la plus innovante du monde » par le Wall Street Journal et cette place, la ville la doit notamment à son réseau de transport urbain par câble et à sa politique innovante en matière d’urbanisme social, qui a conduit Medellin a accueillir en 2014 le Forum urbain mondial organisé par ONU-habitat.

ÀMedellin plus qu’ailleurs, le mot renaissance prend tout son sens. Aujourd’hui, la ville a bien changé. Celui qui ne s’est pas rendu à Medellin depuis les années 1990 ne la reconnaîtrait pas. Le temps où les barrios étaient coupés de la ville et de son centre paraît bien lointain. A cette époque, les transports urbains n’étaient pas légion et les citoyens des banlieues et des quartiers résidentiels étaient cloisonnés dans leurs quartiers souvent en proie à la violence. Peu prises en compte par les pouvoirs publics, ces zones pourtant très habitées et très urbanisées ne disposaient pas de service public et étaient livrées à elles-mêmes. Les années 2000 ont marqué un très fort changement. La nouvelle équipe municipale, bien aidée par les autorités de l’Etat, a lancé une vaste politique sociale et de rénovation urbaine immédiatement suivie d’actions concrètes. Une des premières décisions a été de relier la partie haute et la partie basse de la ville afin de rassembler et de rapprocher les citoyens via un vaste réseau de transport par câble. Le Métrocable, nom donné au transport par câble de Medellin, était né. Premier réseau de transport par câble urbain au monde, le Metrocable a révolutionné la ville et la qualité de vie des citoyens. Son principal effet a été de réconcilier quartiers défavorisés et centre ville. Immédiatement adopté par la population qui n’y a trouvé que des avantages, le Metrocable a grandement participé au développement actuel de Medellin. Pour relier les différents quartiers au centre-ville, Medellin a fait appel à l’ensemble des savoir-faire de la société française Poma.
Au début des années 2000, Poma a été consultée puis est intervenue pour construire la première ligne du Metrocable, le premier réseau de transport par câble urbain relié au métro. La première ligne, la ligne K, a été inaugurée en 2004, suivie d’une deuxième, la ligne J, en 2008 puis d’une troisième, la ligne L. Respectivement d’une longueur de 2 km, 2,9 km et 4,6 km, les trois lignes ont permis de relier les quartiers résidentiels et les banlieues au métro et au centre-ville. Les Metrocables de Medellin circulent 14 heures par jour, 365 jours par an et transportent chaque jour des milliers de passagers. Le Metrocable a considérablement modifié le paysage urbain de la ville mais surtout le quotidien de milliers de citoyens qui gagnent chaque jour plusieurs heures de transport. Les services publics ont fait leur retour dans certains quartiers, la municipalité a bitumé les voies d’accès, construit des écoles, des logements sociaux, des espaces verts ont même été aménagés et de nombreux services publics ont fait leur apparition. Le maire de Medellin, Aníbal Gaviria Correa ne s’y est pas trompé, lui qui a souhaité « rendre la ville plus proche des citoyens » : c’est tout le sens des Metrocables qui assurent une présence institutionnelle dans les quartiers autrefois tenus par les cartels de la drogue.
Aujourd’hui, Medellin a tourné la page de son passé tumultueux et est résolument tournée vers l’avenir. Citée de nombreuses fois comme exemple d’une planification urbaine réussie, Medellin a accueilli cette année, au mois d’avril dernier, le 7e Forum urbain mondial, principale conférence internationale sur le développement urbain organisé sous l’égide de l’ONU. Fort de son succès, le Metrocable s’agrandit encore : deux nouvelles lignes sont actuellement en construction et le projet des deux nouveaux appareils a été, comme les trois autres lignes, confié à Poma qui exprime à Medellin, l’ensemble de son expertise en matière de transport par câble.

Un réseau qui s’agrandit

Dans le cadre du projet Corredores Verdes qui verra la construction d’un réseau de tramway et le développement du réseau de bus déjà existant, deux nouvelles lignes de Metrocable sont en train d’être construites. L’objectif est de rendre la ville de Medellin encore plus accessible à l’ensemble des citoyens, de développer le transport urbain tout en intégrant un volet environnemental. Medellin est en passe de réussir son pari : proposer des transports en commun respectueux de l’environnement, parfaitement implantés et répondant aux besoins et aux demandes des citoyens. Les deux nouvelles lignes de Metrocable construites par Poma seront intégrées au tramway. La ligne M sera constituée de trois gares et reliera la station de Miraflores à la station de Trece de Noviembre en passant par la station intermédiaire d’El Pinal. D’une longueur de 1 057 mètres et d’un dénivelé de 275 mètres, la ligne M sera équipée de 49 cabines de 10 places et proposera une vitesse de 5 m/s pour un débit de 2 500 personnes/heure.
La ligne H sera également composée de trois gares et reliera la station Alejandro Echevarría à la station de La Torres puis à celle de La Sierra. La ligne H sera légèrement plus longue que la M puisque d’une longueur de 1 409 mètres pour 197 mètres de dénivelé. Tout comme la première, la vitesse des 42 cabines de 10 places sera de 5 m/s pour un débit de 2 500 personnes/heure.
Les travaux des gares de Miraflores et de Alejandro Echevarría ont d’ores et déjà débuté et les deux lignes devraient être ouvertes au public en fin d’année 2015.
Medellin a une fois de plus fait confiance à Poma pour construire deux nouvelles lignes de Metrocables et ainsi développer un réseau de transport urbain que de nombreuses villes au travers du monde lui envient.
Pour rappel, le Metrocable a été le premier transport par câble urbain relié au réseau de métro et de transport en commun et a servi d’exemple. En effet, le Metrocable est régulièrement visité et sert de vitrine mondiale pour la réalisation de transport par câble urbain dans d’autres pays comme cela a été le cas pour les installations brésiliennes, péruviennes ou encore boliviennes ou encore européennes.

Photo : © Poma /  J-P. Gardet

 


Ustid nad Labem (République Tchèque)

La Bohême, de Puccini à BMF

Ustid nad Labem (République Tchèque)

Si la Bohême évoque dans un premier temps le célèbre opéra en quatre tableaux de Giacomo Puccini, elle est également associée, pour notre secteur d’activités, à BMF et au téléphérique urbain de Vetruse.

C’est en République Tchèque, à Ustid nad Labem dans la partie Nord de la Bohême, que BMF a installé le téléphérique urbain de Vetruse. Ici encore, le transport par câble s’est imposé de lui même. Pour relier le centre-ville au château de Strekov et au centre historique de la ville, il était nécessaire de traverser, de survoler, une partie de la ville, quatre lignes de chemin de fer, des voies autoroutières, une ligne à haute tension ainsi qu’une forêt. Dès lors, la technologie du transport par câble s’est naturellement trouvée une place de choix dans le paysage urbain de cette ville de moins de 100 000 habitants. Mis en service en 2010, le téléphérique de Vetruse comprend deux cabines d’une capacité de 15 places chacune et est exploité toute l’année par Mesta Usti nad Labem SA de 8 h à 22 h à raison d’un départ toutes les 15 minutes.

Un système efficace

Pour répondre aux attentes et aux problématiques de la ville d’Ustid nad Labem, BMF a installé un téléphérique bi-câble à va-et-vient. D’une longueur de 330 mètres, il permet de relier la gare avale et la gare amont en moins de 2 minutes. Exploité à la vitesse de 7 m/s, l’appareil ne comporte pas de pylône et dispose d’un débit de 390 personnes/heure. La gare avale, situé à 137 mètres d’altitude au cœur de la ville, est accessible aux personnes à mobilité réduite, tout comme la gare amont située quant à elle à 193 mètres d’altitude. D’un dénivelé de 56 mètres l’installation est propulsée par un moteur électrique développant 110 kW. Côté câble, le diamètre du câble porteur est de 36 mm et celui du câble tracteur de 25 mm.
Si l’appareil a bien entendu une vocation urbaine, il est également fréquenté par de nombreux touristes souhaitant découvrir la ville tchèque sous un autre jour, sous un autre angle. À Vetruse, le transport par câble a encore montré tous ses atouts, notamment en matière de franchissement.

Photo © BMF

 

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Jeudi 23 Mai 2019

Next Tourisme 2019 : « Destination expériences - Optimiser le parcours, valoriser le voyage »,
Paris (France)

Du 23 au 24 mai 2019

6e Conférence de l’Association francophone de management du tourisme,
Perpignan (France)

Du 23 au 24 mai 2019

10es Rendez-vous de l’UNAT « L’utilité publique du tourisme, l’utilité sociale des vacances »,
Carqueiranne (France)

Du 28 au 30 mai 2019

Congrès des stations de ski du Québec (au Chateau Bromont),
Cantons-de-l’Est (Canada)