Enquête investissements 2018 des domaines skiables

Lundi 18 Février 2019

Cette édition compile le deuxième total le plus important depuis le lancement de l’enquête Investissements. Si les records sont faits pour être battus, la marque des 419 millions d’euros enregistrés en 2005 semble d’un autre temps. Et c’est le cas : le contexte économique, entre autres, a sérieusement évolué durant cette petite quinzaine d’années !
Savourons donc « le dynamisme exceptionnel de la filière » constaté par Atout France au regard de cet exercice 2018. En plus d’un taux d’investissement flatteur, ce millésime livre quelques chiffres réjouissants, symbolisés par le poste roi : les remontées mécaniques et leurs 177 millions d’euros. (Là encore, il faudrait remonter à 2005 pour trouver meilleur total.)
Qu’il soit donc permis aux acteurs de la filière de bomber le torse : ce montant cumulé nargue le carcan règlementaire actuel, et porte haut l’état d’esprit volontaire de toute une économie. Quelle serait donc la place de la France dans le classement des destinations de sports d’hiver si l’on conjuguait cette volonté des porteurs de projets à un cadre administratif plus favorable ?

 Enquête investissements 2018 des domaines skiables

Alexandre MaulinLe bilan des investissements 2018 marque notre confiance dans l’attractivité du ski et de tous les usages que l’on peut faire des infrastructures et des espaces qui nous sont confiés. C’est positif pour notre économie.
Avec un effort d’investissement national qui s’élève à 30 % des recettes de l’hiver précédent, le cru 2018 est dans la tranche haute des dix dernières années (compris entre 25 % et 30 %), sans pour autant nous ramener aux niveaux qui prévalaient dans les années 2000 (entre 30 % et 50 %), ni au niveau de l’Autriche.
Faut-il y voir un retour durable à de plus forts niveaux d’investissements ? Plusieurs facteurs se conjuguent. Des facteurs propices à l’investissement comme des débuts de cycles de DSP, renouvelées ou avenantées avant l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, notamment dans les grandes stations. Des facteurs plus conjoncturels aussi, comme le dispositif de suramortissement dit « Macron » qui pouvait être mobilisé jusqu’en avril 2018 et qui a boosté les investissements jusqu’à cette date. Il y a, enfin, les politiques
régionales et départementales en Auvergne-Rhône-Alpes et en PACA qui aident substantiellement certains investissements.
D’autres facteurs font planer une menace sur nos perspectives, et nous devons nous appliquer à les résoudre. J’en vois trois : la performance du parc immobilier marchand, le renouvellement de nos clientèles et le modèle économique spécifique de nos stations françaises.
Concernant l’immobilier de loisir, chacun a bien compris que, le foncier se raréfiant et la remise en marché des lits froids étant très difficile, il fallait réserver les opérations neuves à des lits durablement marchands. Le renouveau des auberges de jeunesse en mode hôtelier, sujet des entretiens de Grand Ski, ou les initiatives les plus récentes comme la Foncière hôtelière des Alpes, le recours aux SCPI et les initiatives de la Région AuRA sont des marqueurs encourageants vers l’émergence d’un nouveau modèle.
En matière de recrutement de clientèle, il fallait jouer la carte de l’union sacrée. Je suis heureux que nous ayons pu aboutir au sein de France Montagnes à une offre commune pour le Printemps du Ski en 2019 et en 2020. Avec l’offre « bienvenue aux débutants » (1 pack débutant acheté = un pack débutant offert) à laquelle toutes les stations françaises pourront participer, nous sommes sur la bonne voie.
Enfin, je suis convaincu que la clé du succès passe par une expérience client plus fluide, ce qui n’est pas naturel dans un écosystème aussi fractionné que le nôtre. À cela s’ajoute un énième rebondissement dans le feuilleton des délégations de service public applicables à nos domaines skiables, qui va produire des effets immédiats ou différés en fonction des situations locales. Ces effets ne feront que s’amplifier si nous n’agissons pas. Le bon niveau de dialogue entre délégants et délégataires doit aboutir à des propositions concrètes en 2019. n

Alexandre Maulin
Président de Domaines skiables de France

 

Investissements 2018 Évolution des recettes brutes des domaines skiables en millions d’euros courants TTC

Part des Investissements 2018 par massif (en M€) Total : 399 015 713 €

 

Yves Dimier Directeur général de la SEM du Mont Cenis – Opérateur de Val CenisYves Dimier
Directeur général de la SEM du Mont Cenis – Opérateur de Val Cenis

« En arrivant en 2014, je savais que le potentiel, les projets et les capacités de Val Cenis étaient là. Le remplacement de la télécabine du Vieux Moulin était inscrit au sein de la DSP. Rapidement, nous avons souhaité être plus ambitieux que cet engagement juridique. D’autres projets sont venus se connecter au remplacement de la remontée mécanique : la création d’un nouveau téléski et d’un nouvel espace débutant, le renforcement du réseau de neige de culture, la connexion avec le restaurant d’altitude, la création d’une nouvelle salle hors-sac et d’une terrasse panoramique avec vue sur le parc national de la Vanoise, mais aussi de nouveaux locaux administratifs et techniques. Les réflexions ont débuté dès 2015. Le traitement des volets financier, administratif, réglementaire, et environnemental nous fait dire que ces trois années de préparation étaient bien nécessaires. Aujourd’hui, c’est une vraie réussite. Nous disposons d’un outil très fonctionnel pour l’avenir de Val Cenis : la télécabine sera l’une des artères principales de la destination dans les vingt prochaines années, et pas uniquement en hiver, puisque nous réfléchissons au développement d’activités estivales en altitude. La prochaine étape sera la restructuration du secteur de Val Cenis Termignon, avec le remplacement de quatre remontées mécaniques, une réflexion couplée à un projet immobilier. Ce projet est prévu pour 2024, avec l’espoir de débuter plus tôt… mais cela nécessitera de bonnes saisons hivernales. »

 

Mathieu Dechavanne Pdg de la Compagnie du Mont Blanc – Opérateur de Chamonix et des HouchesMathieu Dechavanne
Pdg de la Compagnie du Mont Blanc – Opérateur de Chamonix et des Houches

« Pour remettre les choses dans leur contexte, il convient de préciser que nous devons pour partie cette deuxième place aux travaux liés au tramway du Mont-Blanc, et ces investissements sont soutenus financièrement par le conseil départemental.
Pour le reste, c’est une année significative en termes d’investissements, et cela se poursuivra encore les six prochaines années.
Le caractère exceptionnel de 2018 tient aux problématiques que nous avons rencontrées sur plusieurs appareils et qui ont émaillé l’année : d’abord le Panoramic Mont-Blanc, puis l’Aiguille du Midi et, pour finir, l’incendie aux Grands-Montets…
On retiendra donc que nos équipes ont su mener à bien ce programme d’investissements tout en devant faire face à toutes ces avaries.
L’exercice 2019 sera notamment marqué par la réouverture du Panoramic, et par le remplacement de la télécabine de la Flégère qui était, lui, programmé. L’autre objectif de l’année sera d’arrêter et de valider, en concertation avec la commune, un programme d’investissements pour l’avenir des Grands-Montets. »

 

Christophe Monier Directeur général de la SATA – Opérateur de l’Alpe d’Huez Domaine skiable et La GraveChristophe Monier
Directeur général de la SATA – Opérateur de l’Alpe d’Huez Domaine skiable et La Grave

« Ces investissements 2018 sont la concrétisation du travail réalisé ces quatre dernières années. Durant cette période, la SATA a été reconduite, ou choisie, à l’issue de plusieurs appels d’offre de DSP — Huez, la Garde-en-Oisans et La Grave — ce qui nous a placés dans des conditions favorables pour investir. En parallèle, un business plan volontariste, s’appuyant sur une stratégie marketing et commerciale claire, a été arrêté. Pour porter notre plan d’investissement, une augmentation de capital, pour un total de 14 M€, a été mise en œuvre. La commune d’Huez a principalement accompagné la SATA dans cette opération, mais également les établissements bancaires actionnaires, ce qui nous a conforté dans notre stratégie : le projet que l’on porte a du sens et sait rassembler. Dans le cadre du programme mis en œuvre depuis 2017, et devant se poursuivre sur les dix années à venir, nous investirons au total une enveloppe de l’ordre de 130 M€ sur les domaines de l’Alpe d’Huez et de La Grave.
La SATA assume son rôle d’outil au service de l’aménagement et du développement touristique en Oisans. Avec l’appui de TechnoAlpin et POMA, l’exercice 2018 a été particulièrement riche : poursuite de la modernisation de notre système d’enneigement, d’une part, et création de la télécabine Alpe Express, d’autre part. Cet appareil devrait être prolongé vers l’aval dans le cadre d’un nouveau chantier étalé sur deux ans pour consolider encore sa vocation : redynamiser l’offre de ski sur la partie basse du domaine, assurer la liaison entre le village et la station,
et accompagner les projets touristiques urbains. »

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 271 de Montagne Leaders en kiosque, ou en le commandant en ligne.

 

 

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