Enquête investissements 2019 des domaines skiables

Mardi 18 Février 2020

Flirt avec les sommets
En recensant 379 millions d’euros investis sur les domaines skiables français, l’exercice 2019 tutoie les sommets : c’est le troisième total depuis les débuts de cette enquête voilà trente ans, derrière le très bon exercice de l’an passé (399 M€) et le record de 2005 (419 M€). De bons résultats à apprécier, avant une année marquée par des élections municipales qui pourraient rebattre les cartes pour un certain nombre d’aménagements futurs.

Certains des montants qui suivent matérialisent l’adaptation des destinations aux nouveaux besoins qui rythment désormais un séjour hivernal à la montagne.
Le domaine skiable restant le poumon des stations, les remontées mécaniques — appareils neufs, mais aussi maintenance de l’existant — concentrent toujours logiquement l’attention et le budget des opérateurs. 2019 a ainsi connu l’ouverture de nouveaux secteurs pour offrir des pistes inédites.
Ce souci généralisé du parcours client dépasse le seul produit skis aux pieds ; aux côtés des sports d’hiver traditionnels, la convenience est le maître-mot tout au long du séjour, ainsi que l’entertainment, matérialisé cette année par des montants importants consacrés aux équipements de loisirs.

Alex MaulinLe bilan des investissements 2019 reste un moment important d’analyse et de partage avec nos partenaires Atout France et Montagne Leaders, et, plus largement, avec l’ensemble de notre écosystème, équipementiers compris. Que révèle-t-il ?

Tout d’abord, nos efforts soutenus pour moderniser l’offre récréative des stations. En réinvestissant 30 % de leurs recettes, les opérateurs de remontées mécaniques et domaines skiables bâtissent l’avenir. Sur les 379 millions d’euros investis, le ski occupe toujours une large part (57 % vont à la remontée mécanique et 31 % à la glisse proprement dite), à l’image de la part que le ski occupe dans les recettes des opérateurs.
On observe cependant que l’investissement dans la glisse, ce n’est pas « plus » de ski. C’est « mieux » de ski. Avec la substitution de plusieurs remontées mécaniques par une seule, avec des équipements de remplacement plus performants environnementalement, sur un espace qui n’est que rarement en expansion. L’objectif avoué est naturellement d’augmenter l’expérience client, mais aussi d’améliorer notre capacité à mieux piloter les charges de fonctionnement de l’entreprise, notamment la consommation énergétique des remontées mécaniques, du damage et de la production de neige avec des matériels éco-conçus et des outils de supervision qui nous donnent les moyens d’agir.
En parallèle du ski, l’investissement de complément au ski progresse. Il ne se réduit pas uniquement aux 13 millions d’euros d’équipements de loisirs que ce dossier identifie (3,5 % des investissements), puisque – par exemple – l’été, les remontées mécaniques servent aussi aux piétons. Si les luges quatre-saisons et autres tyroliennes occupent une place grandissante dans l’offre des stations l’hiver comme l’été, la logique de complémentarité (et non de substitution) n’a jamais été aussi bien illustrée qu’aujourd’hui : sans constituer la motivation principale du séjour, ces attractions apportent une réelle valeur ajoutée à l’offre récréative du territoire. Et quand, en plus, elles sont rentables, pourquoi se priver ?
Domaines skiables de France a placé la durabilité des pratiques au cœur de son action, et nous n’oublions pas que la durabilité, c’est aussi la soutenabilité financière de nos projets. Il faut donc trouver les moyens de financer tous ces investissements, raison pour laquelle, en France comme partout ailleurs, le prix moyen de la journée de ski est à la hausse (même si la France demeure le pays où le forfait de ski est le moins cher).
Pour finir, il faut insister sur une forme plus immatérielle d’investissement, dont l’euro n’est pas la mesure. Je veux d’abord parler des savoir-faire et du capital humain de nos entreprises ; la formation professionnelle, les organisations que nous mettons en place et les projets que nous conduisons s’agrègent en une forme d’intelligence collective : c’est l’encre de notre histoire. L’énergie que nous mettons à améliorer la sécurité de nos clients, celle de nos salariés, la puissance de nos marques : tout cela s’ajoute aux investissements que chiffre ce dossier.

Alexandre Maulin
Président de Domaines skiables de France

 

Évolution des investissements en millions d’euros courants HT

 

 

Les plus forts ratios du Top 10

Christian Reverbel Directeur de la SEM SEDEV – opérateur de VarsChristian Reverbel
Directeur de la SEM SEDEV – opérateur de Vars

« Les réalisations de 2019 sont le premier acte d’un plan pluriannuel d’investissement prévu sur cinq ans.
Vars est un site magnifique, lové dans un écrin de forêt splendide, mais le parc de remontées était vétuste et ne correspondait plus aux attentes du public d’aujourd’hui. La télécabine principale avait 33 ans ! Et l’entreprise perdait 500 000 euros par an quand le maire Dominique Laudré a décidé de redresser la situation. Connaissant ma réputation d’aménageur, il m’a sorti de ma retraite pour que je lui donne un avis constructif. Moi, ma devise, c’est : « Du ski, du ski, du ski. » Les clients sont heureux lorsqu’ils sont sur les pistes. Donc, il faut un minimum de remontées pour un maximum de pistes, comme me disait Pierre Josserand. Cela implique de bien positionner les remontées et de favoriser les enchaînements de pistes. L’an dernier, donc, nous avons remplacé la télécabine par un engin mixte pour tous. Nous avons aussi renforcé notre système d’enneigement et, comme nous manquions de ludique, nous avons construit une luge quatre-saisons qui connaît déjà un grand succès. L’acte II, cette année, comprendra 15 millions d’euros d’investissements. Nous allons installer deux télésièges débrayables six places pour remplacer des remontées obsolètes. Nous ferons aussi des travaux d’amélioration de pistes. Et nous ouvrirons 450 lits chauds (ce sont 4 000 lits qui sont prévus sur cinq ans). Tout cela s’appuie sur une solide étude financière. Nous savons où nous allons. Cette année, nous avons enregistré 800 000 euros de résultat. Nous pouvons emprunter et
le Département et la Région nous soutiennent à hauteur de 15 à 20 %. »

Alexandre Merlin Directeur général de la STBMA – opérateur de Saint-GervaisAlexandre Merlin
Directeur général de la STBMA – opérateur de Saint-Gervais

« Nous démarrions cette année une nouvelle DSP de trente ans et nous avions convenu avec la collectivité d’amplifier les investissements sur les huit premières années. Après le télésiège construit cette année à Saint-Nicolas-de-Véroce, nous avons donc encore un beau programme pour les années à venir. En 2020, nous allons aménager un espace débutants en altitude, au sommet du mont d’Arbois, afin d’avoir une garantie neige. Ce sera innovant car, comme il s’agit d’un endroit très fréquenté l’été, les installations seront le plus intégrées possible dans le paysage. Le tapis roulant, par exemple, sera recouvert de végétal. En 2021, il y aura une restructuration du front de neige du Bettex et, en 2022, un télésiège six places débrayable remplacera le vieux télésiège biplace à pinces fixes de l’Arbois.
Nous sommes un groupe (Ndlr : Val Montjoie Développement) qui a l’investissement dans son ADN. Nous essayons d’être toujours à la pointe de l’évolution en matière de services aux clients et de remontées mécaniques. Même dans la dernière DSP, nous n’avons pas ralenti les investissements parce qu’on arrivait à la fin, et nous continuons sur la même lancée. Mais il faut dire que, désormais, tous nos gros investissements ont été faits. Il n’y a plus de très grands projets pour faire évoluer le domaine, mis à part l’ascenseur valléen que la mairie veut construire entre Le Fayet et le bourg de Saint-Gervais, mais il n’entre pas dans nos attributions. »

Anthony Vacherand Directeur de la SEMVAL – opérateur de ValmeinierAnthony Vacherand
Directeur de la SEMVAL – opérateur de Valmeinier

« Nous nous efforçons d’investir régulièrement. Hors les gros appareils, nous consacrons chaque année 2 millions d’euros pour l’amélioration du domaine. Cela représente environ 20 % du chiffre d’affaires. Je pense que c’est un bon ratio. Comme nous générons de bons résultats, nous n’avons aucun mal à financer nos investissements, les banques nous font confiance.
Le gros chantier de 8,6 millions d’euros de cette année, sur la Sandonière, était dans le cahier des charges de la DSP de 2016. Il fait partie des 34 millions d’euros d’investissements prévus sur quinze ans. Mais il est vrai que l’extension du domaine skiable sur la Sandonière était le projet phare de ce programme. Il est le fruit de nombreuses années de travail, depuis 2014. L’UTN a été autorisée en avril 2016, mais un recours a retardé les travaux d’un an.
Maintenant, l’urgence va être de faire les investissements nécessaires pour pérenniser notre activité. Nous voudrions construire une nouvelle retenue collinaire pour la saison prochaine, afin de renforcer notre ressource en eau et développer notre réseau d’enneigement. Nous pourrions ainsi sécuriser notre liaison avec Valloire. Le montant des travaux devrait avoisiner les 4,5 millions d’euros. Mais, il nous faut attendre l’autorisation administrative. Pour l’instant, le dossier est en instruction… Le projet de la Sandonière montre qu’il faut être tenace pour faire évoluer un domaine skiable ! »

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 277 de Montagne Leaders en kiosque, ou en le commandant en ligne.

 

 

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