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Enquête investissements des domaines skiables 2014

Mardi 17 Février 2015

Une étude conduite en 2013-2014 par Savoie Mont Blanc Tourisme et présentée aux « Rencontres de Grand Ski » en janvier montre que le domaine skiable est, de loin, le premier critère de choix de station par les clients.

Enquête Investissement des domaines skiables 2014

C’est dire si les acteurs de la station sont tous directement intéressés à l’attractivité du domaine skiable. Sans minimiser l’importance des activités de diversification, il est capital d’avoir à l’esprit que la vitalité d’une station - et donc sa capacité à tenir la promesse de l’emploi pour le territoire support - sont déterminés, à titre principal, par la qualité du domaine skiable. C’est une chance en termes d’aménagement du territoire d’avoir un outil déterminant principal, dont la loi consacre la qualité de service public.

L’intérêt général impose d’investir sur le domaine skiable afin d’en maintenir l’attractivité. En aucun cas la capacité d’investissement ne doit être considérée comme la variable d’ajustement de l’équation territoriale, le « restant disponible » après que tous les autres besoins aient été servis. Ce serait une formidable inversion des priorités.

Pour investir, l’opérateur de domaine skiable mobilise ses ressources et selon les cas le soutien de la collectivité. Nous nourrissons d’ailleurs des inquiétudes sur la capacité des stations à soutenir le niveau d’investissement sur les domaines skiables compte tenu de la pression mise sur les finances des collectivités locales.

Nos entreprises, publiques ou privées, supportent déjà un grand nombre de sujétions au bénéfice des uns et des autres. Des sujétions auxquels chacun pense : l’Etat (qui perçoit des taxes et qui a augmenté deux fois la TVA sur le forfait en 2 ans), les collectivités locales (qui perçoivent d’autres taxes et redevances, notamment la taxe sur les remontées mécaniques), les organismes de promotion, le mouvement sportif... Selon les cas, il y a aussi d’autres sujétions, moins visibles mais non moins lourdes :
remises et gratuités, damage et neige pour diverses manifestations, aide pour les navettes, pour les routes… Il faut veiller à ce que le poids de ces charges n’obère pas la capacité des opérateurs de domaines skiables à investir.

Pierre Lestas, Président de Domaines skiables de FranceIl faut aussi parler du cadre administratif. Au-delà des exigences sociétales que chacun comprend et auxquelles nous souscrivons, il faut nous préoccuper de ce que nos aménagements responsables et réfléchis puissent être réalisés dans des conditions de délai et de complexité raisonnables.
Si la volonté de simplification au plus haut niveau de l’Etat est réelle, elle tarde à se concrétiser. Notre secteur d’activité a fait des propositions mais assurément il faudrait simplifier le processus de simplification ! En parallèle, la machine à complexifier, elle, ne s’arrête pas.

Le Ministre Matthias Fekl a souligné, au salon « Grand Ski » en janvier dernier, l’importance et l’excellence du tourisme de montagne. Nous devons veiller collectivement, socioprofessionnels et élus, à préserver l’outil de travail des stations. Ce sujet devrait occuper une place importante dans la mission confiée il y a quelques jours à Annie Genevard, députée du Doubs, et à Bernadette Laclais, députée de la Savoie, pour obtenir des propositions concrètes et opérationnelles permettant d’élaborer un véritable Acte II de la loi montagne.

> Pierre Lestas,
Président de Domaines skiables de France

 

 

Enquête investissements 2014 : En forme d’éclaircie

> Dossier réalisé par Mickaël Frottier, Martin Mazza (Montagne Leaders), Laurent Reynaud (DSF), Emmanuelle Galiana et Jean Berthier (Atout France) - Photos Dovemed

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 247 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

Malgré une baisse de la fréquentation d’environ 4% par rapport à la saison précédente, 2013/2014 peut être considérée comme une année convenable en termes d’investissements pour la majorité des professionnels de la montagne, à l’exception de ceux du massif vosgien, plus durement touchés. L’investissement reste une donnée-clé de cette bonne santé et de l’attractivité des domaines skiables français.
Les stations françaises, dont plus de 30% de la clientèle est internationale, évoluent en effet dans un contexte concurrentiel fort, lié à un marché européen globalement mature depuis plusieurs années. Pour faire face, séduire, fidéliser et accueillir toujours plus de nouveaux clients, les choix des exploitants s’avèrent à cet égard cruciaux et stratégiques. Outre l’entretien et la maintenance des infrastructures, ils se doivent de moderniser les installations, de plus en plus sophistiquées, rapides et confortables, apporter les adaptations technologiques adéquates, diversifier leur offre, sans compter la mise aux normes, ou la sécurisation des espaces.

Un regain d’investissements
En 2014, 334,5 millions d’euros ont été investis dans les domaines skiables français, soit une hausse de 8% par rapport à l’année précédente, ramenant l’année 2014 aux niveaux équivalents à ceux observés avant 2009, mais aussi légèrement au-dessus de la moyenne observée sur les dix années précédentes (+2% en € courants).
Il s’agit donc de la cinquième année de hausse consécutive après une période de baisse plutôt inquiétante. Cette hausse est cohérente avec l’évolution contrastée du chiffre d’affaire des années précédentes : hausse de +8% entre 2011/2012 et 2012/2013 et quasi stabilité de ce dernier les deux dernières saisons. Le ratio « Investissement de l’année n/Recettes générées par les remontées mécaniques de l’année n-1 », retrouve son niveau de 2009, autour de 28%. Cet indicateur est à suivre avec attention alors même que d’autres destinations concurrentielles, l’Autriche notamment, continuent à avoir des taux de réinvestissement supérieurs afin de consolider leur attractivité.

Le retour des remontées mécaniques neuves
Principal poste d’investissements, les remontées mécaniques concentrent les 2/3 des montants engagés, soit 209 millions d’euros contre 178 millions en moyenne ces dix dernières années. Cette reprise est un signe positif pour le secteur, d’autant qu’elle est portée par les remontées mécaniques neuves (+24%, notamment 13 débrayables 6 places contre 7 la saison précédente), au détriment de travaux d’amélioration, de confort et de modernisation d’équipements existants (-18%).
Précisons, pour écarter tout malentendu, que le nombre de remontées mécaniques neuves pris en compte dans cette enquête diffère de celui indiqué dans le rapport annuel du STRMTG, et avec lui le montant total consacré, en raison de l’exclusion notamment du téléphérique du Pic de Bure à usage non touristique (15 M€), ou d’appareils considérés ici comme neufs (TSF4 Estagnol / Porté-Puymorens) mais non pris en compte par le STRMTG.
Concernant la neige, second poste d’investissement, les stratégies d’extension et de maintenance supplantent logiquement les stratégies de développement. Les domaines ont privilégié un aménagement régulier et réfléchi en neige artificielle permettant de limiter les aléas et d’offrir une garantie minimale de glisse. La maîtrise actuelle de la neige artificielle associée aux travaux de damage, a permis aux sociétés de remontées mécaniques de développer des savoir-faire d’entretien du manteau neigeux, élément très apprécié par les skieurs, notamment au printemps. En termes d’investissement, le damage est l’un des postes de dépenses le plus stable.
2014 voit également la reprise du poste « pistes » (+53%), mais aussi de tout ce qui lui est associé, avec pour cette saison un travail sur la signalétique et l’amélioration de l’information clients (information en temps réel sur les conditions météo et les ouvertures de pistes, déploiement de la fibre optique, installation de panneaux dynamiques, applications numériques…), complété par tout une série d’investissements visant à enrichir l’offre des stations et prolonger la saison (VTT, tyrolienne, luge sur rail…).

 

Répartition géographique des investissements

 

Remontées mécaniques neuves

167 380 116 €

Retour aux affaires !

Remontées mécaniques, constructions nouvelles : 167 380 116 €

Si le nombre d’appareils est en retrait par rapport à l’an dernier (64 contre 78 en 2013), le poste symbolique des investissements, que constituent les remontées mécaniques neuves, connaît une embellie en 2014 au regard de son montant : 167,4 M€ !

Pour ce secteur, la dernière décennie nous a enseigné à ne pas tirer de conclusion d’une année sur l’autre. Les opérateurs ont bien plus investi que l’année passée dans ce secteur (+24,13%), pour autant c’est en observant avec plus de recul que l’on peut mesurer l’importance du montant consacré à ce poste en 2014 : cela représente une croissance de 21,73% par rapport à la période 2009-2013.

 

 

Evolution des recettes brutes des domaines skiables de 1990 à 2014Mieux : c’est une progression de 11,93% par rapport aux 9 années passées (période 2005-2013).

Ne boudons pas notre plaisir alors même que la tendance générale ne semblerait pas si florissante pour l’exercice à venir…
Sans rentrer dans le détail des affaires qui ont marquées l’année, notons le « retour à la normale » du contingent de télésiège débrayable 6 places (TSD6), avec 14 nouvelles installations cette année. Aux côtés du TSD6, devenu la norme de l’aménagement en station, le nombre d’appareils pinces fixes 4 places semble se stabiliser autour d’une petite dizaine d’installations par an.

Après un exercice 2013 très favorable, avec 24 unités, le nombre de téléskis rentre dans le rang avec 10 appareils cette année, quand le contingent de tapis-bandes semble se stabiliser : 26 en 2014, soit un de moins que l’année passée.

(Certains retours d’enquête ne mentionnant pas la part sous maîtrise d’œuvre, le ratio de répartition par constructeur n’apparaît pas.)

Investissements par massif
A l’exception des Alpes du Sud et des Vosges, l’ensemble des massifs affiche un niveau d’investissement supérieur à la moyenne des cinq dernières années :
+ 29 M€ en Haute-Savoie, +12 M€ en Drôme/Isère, ou encore,  +5 M€ dans les Pyrénées… Ces montants sont à rapprocher de divers programmes d’investissements s’étalant sur plusieurs années, comme à la Pierre-Saint-Martin, Paradiski ou encore Chamonix.
La part des Alpes du Nord reste stable et concentre les trois quarts du montant investi. En revanche, le poids du Jura passe en moins de 10 ans de 4 à 2%. De même, les différents massifs décrivent des structures d’investissement différentes selon leur taille et leur fréquentation, soulignant des capacités d’investissements inégales. Moins de 25% de l’investissement est consacré aux remontées mécaniques, dans les Vosges ou la Drôme, au profit pour l’un des équipements de loisirs (luge sur rail au Markstein) et, pour l’autre d’un bâtiment (à hauteur d’1,6 M€).

Que peut-on anticiper pour les prochaines années ?
La tendance devrait se poursuivre compte tenu des programmes d’investissement en cours, de la nécessité de continuer à s’adapter aux nouvelles habitudes et attentes des consommateurs et du relatif vieillissant du parc existant (l’essentiel de l’offre ayant été développé entre 1980 et 1990 et les équipements ayant une durée de vie d’environ 30 ans, les domaines skiables devront renouveler cette part importante de l’offre avant la fin de la décennie, soit 30 à 50% du parc hors tapis et téléski).
Le rythme d’investissement des opérateurs sera lié à plusieurs facteurs :
- la problématique liée à l’échéance de fin des délégations de service public, qui a longtemps pesé sur les décisions, et est désormais levée (possibilité d’une indemnisation de la valeur non amortie des infrastructures financées par les délégataires lorsque le contrat le prévoit), ce point s’avère donc être un facteur stimulant ;
- les procédures environnementales apparaissent encore très contraignantes générant des délais de mise en œuvre longs et des surcoûts administratifs significatifs  susceptibles de décaler dans le temps différents projets voire de les arrêter, ce point est un facteur bloquant mais la loi en cours de discussion peut permettre de fluidifier les processus ;
- l’évolution du contexte économique et celle du prix des matériels et équipements constitueront également des variables d’ajustement.

Construction d’installations nouvelles de 1999 à 2014

 

Remontées mécaniques, Modifications, entretien, grandes inspections

39 913 487 €

Dans la tendance

Ce qui est dépensé d’un côté, ne peut l’être de l’autre : le très bon exercice 2014 en remontées mécaniques neuves a certainement grevé celui des modifications substantielles, sans impacter pour autant les obligations règlementaires de maintenance.
Ceci étant, l’idée selon laquelle les opérateurs tendent à allonger la durée de vie de leurs appareils de remontées mécaniques semble être plus qu’une simple tendance. En effet, si l’exercice échu est en recul par rapport à l’année précédente (-18,35%), 2014 présente un montant d’investissements à la hausse pour ce poste « Modifications, entretien, grandes inspections » lorsqu’on le compare aux 5 années précédentes (+12,35%) ou même à la période 2005-2013 (+20,29%).

Comparaison investissements : moyenne 2009-2013 et 2014 / Investissements sur les domaines skiables, comparés aux recettes

 

Travaux de pistes

21 482 536 €

Comme au bon vieux temps

Avec une croissance de 123% par rapport à l’exercice précédent, nul doute que le millésime 2014 est à marquer d’une pierre blanche !
Alors que les quatre exercices précédents (2010-2013) affichaient une moyenne à 12 M€ à peine, 2014 sort du lot et rejoint les années fastes – 2005 à 2009 – du profilage et du terrassement de pistes où le montant moyen annuel s’établissait à plus de 23 M€.
Il convient de noter que 2014 a été marquée par un certain nombre d’opérations d’envergure approchant ou dépassant largement le million d’euros ; ce fut le cas à Chamonix, aux Arcs, aux 2 Alpes, à Orcières, au Tourmalet ou encore à la Pierre-Saint-Martin.

 

 

 

Damage

33 605 000 €

Toujours timoré

Avec 120 machines au total cette année, contre une dizaine de plus sur l’exercice précédent, le secteur du damage affiche pourtant un montant équivalent (33 389 000 € en 2013).
Si les nouvelles normes de motorisation ont sensiblement impactées le prix des machines neuves, le marché du damage reste timoré, alors même que les constructeurs proposent des machines reconditionnées.
Le marché de l’occasion reste le parent pauvre de ce poste, que ce soit en France mais aussi à l’export ; un facteur qui dessert encore et toujours les tarifs de reprise.
A noter que plusieurs opérateurs accordent leur faveur à la solution de la location à court terme (à l’année) ; cette solution, pourtant onéreuse, peut illustrer le sentiment de précarité économique et l’indécision quant à l’investissement.
Pour autant on ne peut douter de la volonté des opérateurs de proposer des pistes de qualité à leur clientèle.

 

Neige de culture

33 231 991 €

Petite saison…

Au sujet de ce poste Neige de culture, nous pourrions débuter ce commentaire par les mêmes propos que l’année passée : « l’exercice précédent n’était donc pas un accident de parcours ». Les 33,2 M€ de 2014 constituent le plus faible montant accordé à l’enneigement de culture sur la décennie écoulée. A comparer : c’est un retrait de 30% par rapport à la moyenne 2009-2013, et de 42% si l’on remonte sur la période 2005-2013 !
Si l’on sait que la plupart des opérateurs ne procèdent plus à des créations de réseau ex-nihilo mais à des extensions des installations équipant leur domaine skiable, il est intéressant de noter que la moitié de ce montant d’investissement 2014 est réalisé par cinq opérateurs seulement. La Pierre-Saint-Martin (3,1 M€), Villard-de-Lans/Corrençon-en-Vercors (2,0 M€), Val d’Isère (2,7 M€), Les Arcs (1,6 M€), et L’Alpe d’Huez (7,3 M€), avec son installation sur la mythique piste de Sarenne, totalisent 16,7 M€ !
Enfin, étant donné les montants qui nous ont été communiqués via les retours d’enquête, 2014 est aussi l’année qui consacre le moins d’investissements aux réserves collinaires ; sur les exercices précédents, 20 à 30% des investissements dédiés à la neige de culture allaient à la création ou à l’entretien des retenues d’altitude. Cette année, elles ne représentent que 8% en 2014.
(Certains retours d’enquête ne mentionnant pas le détail des investissements en neige de culture, le ratio de répartition par constructeur basé sur le « Matériel & Concept » n’apparaît pas.)

Neige de culture : évolution des investissements en ME

 

Billetterie

4 158 471 €

En-deçà de la moyenne

Le ski « main-libre » est désormais le standard :
tous les domaines (ou presque) le proposent. Entre rénovation des installations existantes et acquisition de supports forfaits, de surcroît renouvelables pour la grande majorité d’entre eux, aucune surprise en découvrant ce montant consacré à la billetterie en 2014. Le secteur affiche un retrait de 12% par rapport à la période 2009-2013, et 30% par rapport à celle allant de 2005 à 2013.
Rare motif de satisfaction (pour la clientèle) : la concertation des différentes acteurs économiques de certaines stations pour rassembler leurs services et activités sur un même support.

 

 

 

 

Véhicules – Divers

3 301 640 € et 17 342 272 €

Toujours inconstants

Un bond de 95% par rapport à 2013 et par rapport à la moyenne des cinq années précédentes pour le poste « Véhicules », des écarts du simple au triple en moins de 5 ans pour celui intitulé
« Divers » : comme à l’accoutumée, on ne peut/doit déduire aucune tendance de fond de ces deux postes d’investissements.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sécurité

3 377 804 €

Au plus près des besoins

Le comparatif avec 2013 (-35%) n’est pas révélateur d’une quelconque évolution des investissements pour ce poste ; à plus long terme, cela représente -20% par rapport à la moyenne de la période 2009-2013, et de -26% par rapport à celle de la période 2005-2013.
Il serait irréaliste et malvenu de dégager de ces statistiques une tendance des opérateurs à choisir la quantité et la qualité et des équipements garantissant la sécurité de leur clientèle. S’il est bien un poste pour lequel on ne transige pas avec les montants investis c’est celui-ci.

 

 

 

 

Signalétique

3 807 796 €

Pour un séjour réussi

Confondre deux remontées mécaniques, se retrouver au sommet d’une piste exceptionnellement fermée, se demander comment rejoindre la station en plein brouillard, … c’est à ces situations et à bien d’autres que la signalétique souhaite répondre pour que les mauvaises expériences ne viennent pas supplanter tout le bénéfice d’un séjour réussi.
Et le ski n’est plus la seule application de la signalétique puisqu’elle trouve sa place dans la station pour le stationnement, les itinéraires de balade, ou encore pour les autres pratiques sportives (nordique, VTT).
Pour autant, ce poste reste très variable, au gré des programmes d’équipements (comme en 2014 avec plusieurs scénarisations) ; les comparaisons de 2014 avec les moyennes des périodes précédentes en attestent : +61% par rapport à 2013,
+78 % par rapport à 2009-2013, et +59% par rapport à 2005-2013.

 

Equipements de loisirs

6 985 024 €

Sur les bons rails

Après un exercice 2013 pour le moins extraordinaire, il convient de relativiser le montant consacré en 2014 aux équipements de loisirs. Mettons rapidement de côté les -38% issus de la comparaison avec N-1, pour constater que le poste affiche une croissance par rapport aux périodes 2009-2013 (+11%) et 2005-2013 (+67%). Boosté par deux installations de luge sur rails, à Saint-François-Longchamp et au Markstein, ce secteur connaît de nouveaux produits ludiques comme le ski nocturne ou en musique. A noter :
le VTT reste un objectif d’un certain nombre de domaines, qui tentent de faciliter l’accès à cette discipline longtemps réservée aux élites lorsqu’elle est pratiquée en montagne.

 

 

 

Top 10 des investissements de 2003 à 2014 en Millions d’Euros

 

Mathieu Dechavanne PDG de la CMBMathieu Dechavanne
PDG de la CMB  

1 : Chamonix – Les Houches : 29,97 ME

" Cet exercice a été marqué par un certain nombre de grosses opérations, à commencer par le projet de la télécabine de Plan Joran, les travaux sur la voie du tramway du Mont Blanc, grâce aux subventions du Conseil général, et la réhabilitation de la voie du Montenvers. Au rang des remontées mécaniques, nous avons également procédé au remplacement des cabines du téléphérique de Lognan et de celles du second tronçon de l’Aiguille du Midi, sans oublier les nombreux travaux de bâtiments et de scénographie. Ces investissements importants s’expliquent assez logiquement par la spécificité propre de nos sites : notre offre permettant à la clientèle d’accéder rapidement au-delà de 2 000 m d’altitude ne pourrait exister sans des appareils importants et performants, et qui nécessitent donc des interventions de maintenance conséquentes financièrement.
Nous honorons les engagements du plan d’investissement des domaines skiables de Chamonix et du contrat de délégation de service public de l’Aiguille du Midi, que nous avons prolongé dernièrement. Nous sommes conscients de l’âge de notre parc de remontées mécaniques, dont nous débutons la rénovation tant pour son image que pour le confort de la clientèle.
Les trois années à venir compteront également des opérations d’envergure avec en points de mire l’aménagement d’un domaine débutant et le remplacement du télésiège Parsa au Brévent, et les projets de la télécabine de Charamillon, au Tour, et du télésiège des Mélèzes, aux Houches ; nous espérons ce dernier pour cet été. "

 

Pascal de Thiersant Président de la S3VPascal de Thiersant
Président de la S3V

2 : Courchevel – La Tania : 20,22 ME

" Courchevel – La Tania est l’une des stations-phares de l’économie des domaines skiables, nous nous devons d’être toujours à la pointe.
Au-delà de la stratégie de renouvellement de nos appareils de remontées mécaniques, nous nous imposons deux priorités : le confort et la sécurité pour notre clientèle d’une part, et le souci de notre impact environnemental. Sur ce dernier point, l’installation du télésiège de l’Aiguille du Fruit est caractéristique : un seul appareil en remplace deux, 11 pylônes contre 30 auparavant, ainsi qu’une ligne plus basse pour une meilleure intégration environnementale, sans oublier les économies d’énergie liées à l’exploitation d’un appareil, contre deux précédemment.
Les nouveaux télésièges, Forêt (à bulles) et Aiguille du Fruit, sont révélateurs de notre démarche de travail : installer des remontées mécaniques offrant une excellente qualité de ski, quelles que soient les conditions
météorologiques. Ces appareils structurants répondent aux attentes de notre clientèle.
Les investissements en 2015 seront moins conséquents sur Courchevel – La Tania, notamment du fait des délais administratifs ; pour autant nous maintenons notre volonté de dérouler notre plan d’investissements de manière cohérente et ordonnée. "

 

Pierre Josserand   PDG de la SETAM, PCA de la STORPierre Josserand  
PDG de la SETAM, PCA de la STOR

3 : Val Thorens – Orelle : 18,93 ME

" Notre groupe SETAM STOR est arrivé, en 2014, au terme de son programme d’investissements pour la modernisation du domaine skiable engagé en 2007. 120 millions d’euros ont été investis sur 7 ans notamment afin de remplacer des équipements anciens par des équipements modernes, plus performants, plus confortables et conçus pour une bonne tenue au vent.
Notre campagne de suppression des télésièges à pinces fixes, remplacés par des télésièges débrayables, a été poursuivie.
Dans certains cas, l’exploitation automatique des installations a été développée et installée, comme par exemple pour les télécabines de Caron et du Cairn ou pour une nouvelle ligne, le Funitel de Thorens.
Les deux TSD de Portette et du Plan de l’Eau, construits en 2014, sont venus remplacer des appareils existants avec cependant des modifications d’implantation de leurs gares.
Le nombre total d’installations sur le domaine skiable, au terme de cette campagne d’investissement, n’a pas été augmenté. "

 

Le “Top 10”

Cette année les exceptions à la « tendance savoyarde » du Top 10 sont les opérateurs de la Pierre-Saint-Martin et de l’Alpe d’Huez.
Les opérateurs sur le podium comptent parmi ceux qui investissent régulièrement : sur les 10 dernières années (2004-2013), Chamonix-Les Houches n’a manqué que 3 fois de figurer dans le Top 10, Courchevel-La Tania y figure 4 fois, et Val Thorens-Orelle 5 fois. (A noter : L’Alpe d’Huez, qui ne figure pas sur le podium, a intégré ce Top 10 à 5 reprises durant cette décennie.)
Sur l’exercice écoulé (2014), le ratio Investis-sement/chiffre d’affaires atteint des taux élevés pour certains opérateurs, avec en tête de liste : La Clusaz (77%), Châtel (75%) et Courchevel (44%). (Il convient de considérer avec un certain recul le taux de 475% affiché par la Pierre-Saint-Martin, dans une année marquée par des investissements records, largement soutenus par le Conseil général des Pyrénées Atlantiques.)
En lissant ce ratio sur les 5 exercices précédents (2009-2013), on constate tout de même que 5 opérateurs, membres de ce Top 10, parviennent à maintenir un taux d’investissements quinquennal supérieur à 20% : Châtel (33%), Val Thorens-Orelle (30%), l’Alpe d’Huez (24%), Avoriaz (23%) et Courchevel-La Tania (22%).
Top 10 : Ratio investissements/chiffre d’affaires 2014 vs 2009-2013 en ME

 

Méthodologie

Devenue au fil des années un moment très attendu par nos lecteurs, professionnels ou non, la désormais traditionnelle « Enquête Investissements » a pour objectif de présenter les différents types d’investissements réalisés par les opérateurs des domaines skiables français ainsi que par les collectivités supports de ces domaines.
Panel > Pour cette édition, nous avons adressé, en partenariat avec ATOUT France et Domaines Skiables de France, un seul et même questionnaire à l’attention de 111 constructeurs et fournisseurs, 9 bureaux d’études, 177 opérateurs d’un ou plusieurs domaines skiables, et autant de collectivités.
Réponses > Après plusieurs relances, le total des répondants s’élève à 29 fournisseurs, ainsi que 4 bureaux d’études, 113 opérateurs représentant pour la plupart plusieurs domaines skiables, ainsi que leurs collectivités ; nous les remercions tous pour leur collaboration. Ce bilan d’investissements a pu être réalisé en croisant les données collectées via ces différentes sources. Pour certains postes, un travail de réflexion a été mené avec les constructeurs afin d’harmoniser les chiffres indiqués par les exploitants et par eux-mêmes. Nous tenons également à remercier le STRMTG pour sa collaboration au sujet des remontées mécaniques neuves. Pour autant, il est possible que les montants de notre enquête diffèrent de ceux du STRMTG : le STRMTG ne comptabilise que la pure partie Remontée mécanique d’une affaire, quand Montagne Leaders tient compte de l’ensemble des travaux généraux afférents à l’installation d’un nouvel appareil de remontée mécanique. (Certains travaux de génie civil et/ou de montage, les travaux électriques, les bâtiments, les installations d’accès, tels que des escaliers ou des passerelles, et bien d’autres opérations complémentaires à une remontée mécanique relèvent pour l’exploitant de son budget Investissements.) Pour l’indicateur relatif à l’évolution de l’investissement comparé aux recettes des remontées mécaniques, il convient de préciser que le chiffre des recettes est issu du total panel de notre enquête Top 100 2013/2014 parue dans le numéro 245.
Saisie > Ce travail de saisie et de compilation des données et montants des travaux est long et fastidieux. Il est probable que malgré nos multiples vérifications, nous ayons laissé passer quelques erreurs, ce dont nous nous excusons par avance.
Afin d’éviter toute confusion et interprétation, nous n’avons fait apparaître le maitre d’ouvrage que lorsqu’il était mentionné précisément pour une opération donnée.
Comme les années précédentes, nous avons scindé le poste « Divers » : l’un comprenant les bâtiments, voiries et autres (« Divers »), l’autre comprenant motoneiges, quads et autres (« Véhicules »).
Informations > Nous sommes conscients que certains chiffres ne sont pas forcément l’exact reflet de la réalité ; mais ils correspondent aux montants qui nous ont été communiqués, et nous n’en sommes pas responsables. Malgré tout, nous nous sommes toujours efforcés de contrôler la cohérence des données afin d’éviter trop d’écarts. Nous ne pouvons pas, par conséquent, garantir l’exactitude de nos chiffres qui, comme les années précédentes, ont surtout pour objectif de permettre la comparaison des différents postes, la part d’investissements de chaque domaine skiable et de chaque massif, ainsi que leur évolution dans le temps.
Mode de calcul > Enfin, nous travaillons toujours en euros courants et ne répercutons ni les augmentations de prix, ni l’inflation.

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 247 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

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