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Enquête investissements des domaines skiables 2014

Mardi 17 Février 2015

Une étude conduite en 2013-2014 par Savoie Mont Blanc Tourisme et présentée aux « Rencontres de Grand Ski » en janvier montre que le domaine skiable est, de loin, le premier critère de choix de station par les clients.

Enquête Investissement des domaines skiables 2014

C’est dire si les acteurs de la station sont tous directement intéressés à l’attractivité du domaine skiable. Sans minimiser l’importance des activités de diversification, il est capital d’avoir à l’esprit que la vitalité d’une station - et donc sa capacité à tenir la promesse de l’emploi pour le territoire support - sont déterminés, à titre principal, par la qualité du domaine skiable. C’est une chance en termes d’aménagement du territoire d’avoir un outil déterminant principal, dont la loi consacre la qualité de service public.

L’intérêt général impose d’investir sur le domaine skiable afin d’en maintenir l’attractivité. En aucun cas la capacité d’investissement ne doit être considérée comme la variable d’ajustement de l’équation territoriale, le « restant disponible » après que tous les autres besoins aient été servis. Ce serait une formidable inversion des priorités.

Pour investir, l’opérateur de domaine skiable mobilise ses ressources et selon les cas le soutien de la collectivité. Nous nourrissons d’ailleurs des inquiétudes sur la capacité des stations à soutenir le niveau d’investissement sur les domaines skiables compte tenu de la pression mise sur les finances des collectivités locales.

Nos entreprises, publiques ou privées, supportent déjà un grand nombre de sujétions au bénéfice des uns et des autres. Des sujétions auxquels chacun pense : l’Etat (qui perçoit des taxes et qui a augmenté deux fois la TVA sur le forfait en 2 ans), les collectivités locales (qui perçoivent d’autres taxes et redevances, notamment la taxe sur les remontées mécaniques), les organismes de promotion, le mouvement sportif... Selon les cas, il y a aussi d’autres sujétions, moins visibles mais non moins lourdes :
remises et gratuités, damage et neige pour diverses manifestations, aide pour les navettes, pour les routes… Il faut veiller à ce que le poids de ces charges n’obère pas la capacité des opérateurs de domaines skiables à investir.

Pierre Lestas, Président de Domaines skiables de FranceIl faut aussi parler du cadre administratif. Au-delà des exigences sociétales que chacun comprend et auxquelles nous souscrivons, il faut nous préoccuper de ce que nos aménagements responsables et réfléchis puissent être réalisés dans des conditions de délai et de complexité raisonnables.
Si la volonté de simplification au plus haut niveau de l’Etat est réelle, elle tarde à se concrétiser. Notre secteur d’activité a fait des propositions mais assurément il faudrait simplifier le processus de simplification ! En parallèle, la machine à complexifier, elle, ne s’arrête pas.

Le Ministre Matthias Fekl a souligné, au salon « Grand Ski » en janvier dernier, l’importance et l’excellence du tourisme de montagne. Nous devons veiller collectivement, socioprofessionnels et élus, à préserver l’outil de travail des stations. Ce sujet devrait occuper une place importante dans la mission confiée il y a quelques jours à Annie Genevard, députée du Doubs, et à Bernadette Laclais, députée de la Savoie, pour obtenir des propositions concrètes et opérationnelles permettant d’élaborer un véritable Acte II de la loi montagne.

> Pierre Lestas,
Président de Domaines skiables de France

 

 

Enquête investissements 2014 : En forme d’éclaircie

> Dossier réalisé par Mickaël Frottier, Martin Mazza (Montagne Leaders), Laurent Reynaud (DSF), Emmanuelle Galiana et Jean Berthier (Atout France) - Photos Dovemed

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 247 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

Répartition géographique des investissements

Remontées mécaniques, constructions nouvelles : 167 380 116 €Remontées mécaniques neuves

167 380 116 €

Retour aux affaires !

Si le nombre d’appareils est en retrait par rapport à l’an dernier (64 contre 78 en 2013), le poste symbolique des investissements, que constituent les remontées mécaniques neuves, connaît une embellie en 2014 au regard de son montant : 167,4 M€ !

Pour ce secteur, la dernière décennie nous a enseigné à ne pas tirer de conclusion d’une année sur l’autre. Les opérateurs ont bien plus investi que l’année passée dans ce secteur (+24,13%), pour autant c’est en observant avec plus de recul que l’on peut mesurer l’importance du montant consacré à ce poste en 2014 : cela représente une croissance de 21,73% par rapport à la période 2009-2013.

Evolution des recettes brutes des domaines skiables de 1990 à 2014Mieux : c’est une progression de 11,93% par rapport aux 9 années passées (période 2005-2013).

Ne boudons pas notre plaisir alors même que la tendance générale ne semblerait pas si florissante pour l’exercice à venir…
Sans rentrer dans le détail des affaires qui ont marquées l’année, notons le « retour à la normale » du contingent de télésiège débrayable 6 places (TSD6), avec 14 nouvelles installations cette année. Aux côtés du TSD6, devenu la norme de l’aménagement en station, le nombre d’appareils pinces fixes 4 places semble se stabiliser autour d’une petite dizaine d’installations par an.

Après un exercice 2013 très favorable, avec 24 unités, le nombre de téléskis rentre dans le rang avec 10 appareils cette année, quand le contingent de tapis-bandes semble se stabiliser : 26 en 2014, soit un de moins que l’année passée.

(Certains retours d’enquête ne mentionnant pas la part sous maîtrise d’œuvre, le ratio de répartition par constructeur n’apparaît pas.)

Construction d’installations nouvelles de 1999 à 2014

Comparaison investissements : moyenne 2009-2013 et 2014 / Investissements sur les domaines skiables, comparés aux recettes

Neige de culture : évolution des investissements en ME

 

Top 10 des investissements de 2003 à 2014 en Millions d’Euros

 

Mathieu Dechavanne PDG de la CMBMathieu Dechavanne
PDG de la CMB  

1 : Chamonix – Les Houches : 29,97 ME

" Cet exercice a été marqué par un certain nombre de grosses opérations, à commencer par le projet de la télécabine de Plan Joran, les travaux sur la voie du tramway du Mont Blanc, grâce aux subventions du Conseil général, et la réhabilitation de la voie du Montenvers. Au rang des remontées mécaniques, nous avons également procédé au remplacement des cabines du téléphérique de Lognan et de celles du second tronçon de l’Aiguille du Midi, sans oublier les nombreux travaux de bâtiments et de scénographie. Ces investissements importants s’expliquent assez logiquement par la spécificité propre de nos sites : notre offre permettant à la clientèle d’accéder rapidement au-delà de 2 000 m d’altitude ne pourrait exister sans des appareils importants et performants, et qui nécessitent donc des interventions de maintenance conséquentes financièrement.
Nous honorons les engagements du plan d’investissement des domaines skiables de Chamonix et du contrat de délégation de service public de l’Aiguille du Midi, que nous avons prolongé dernièrement. Nous sommes conscients de l’âge de notre parc de remontées mécaniques, dont nous débutons la rénovation tant pour son image que pour le confort de la clientèle.
Les trois années à venir compteront également des opérations d’envergure avec en points de mire l’aménagement d’un domaine débutant et le remplacement du télésiège Parsa au Brévent, et les projets de la télécabine de Charamillon, au Tour, et du télésiège des Mélèzes, aux Houches ; nous espérons ce dernier pour cet été. "

 

Pascal de Thiersant Président de la S3VPascal de Thiersant
Président de la S3V

2 : Courchevel – La Tania : 20,22 ME

" Courchevel – La Tania est l’une des stations-phares de l’économie des domaines skiables, nous nous devons d’être toujours à la pointe.
Au-delà de la stratégie de renouvellement de nos appareils de remontées mécaniques, nous nous imposons deux priorités : le confort et la sécurité pour notre clientèle d’une part, et le souci de notre impact environnemental. Sur ce dernier point, l’installation du télésiège de l’Aiguille du Fruit est caractéristique : un seul appareil en remplace deux, 11 pylônes contre 30 auparavant, ainsi qu’une ligne plus basse pour une meilleure intégration environnementale, sans oublier les économies d’énergie liées à l’exploitation d’un appareil, contre deux précédemment.
Les nouveaux télésièges, Forêt (à bulles) et Aiguille du Fruit, sont révélateurs de notre démarche de travail : installer des remontées mécaniques offrant une excellente qualité de ski, quelles que soient les conditions
météorologiques. Ces appareils structurants répondent aux attentes de notre clientèle.
Les investissements en 2015 seront moins conséquents sur Courchevel – La Tania, notamment du fait des délais administratifs ; pour autant nous maintenons notre volonté de dérouler notre plan d’investissements de manière cohérente et ordonnée. "

 

Pierre Josserand   PDG de la SETAM, PCA de la STORPierre Josserand  
PDG de la SETAM, PCA de la STOR

3 : Val Thorens – Orelle : 18,93 ME

" Notre groupe SETAM STOR est arrivé, en 2014, au terme de son programme d’investissements pour la modernisation du domaine skiable engagé en 2007. 120 millions d’euros ont été investis sur 7 ans notamment afin de remplacer des équipements anciens par des équipements modernes, plus performants, plus confortables et conçus pour une bonne tenue au vent.
Notre campagne de suppression des télésièges à pinces fixes, remplacés par des télésièges débrayables, a été poursuivie.
Dans certains cas, l’exploitation automatique des installations a été développée et installée, comme par exemple pour les télécabines de Caron et du Cairn ou pour une nouvelle ligne, le Funitel de Thorens.
Les deux TSD de Portette et du Plan de l’Eau, construits en 2014, sont venus remplacer des appareils existants avec cependant des modifications d’implantation de leurs gares.
Le nombre total d’installations sur le domaine skiable, au terme de cette campagne d’investissement, n’a pas été augmenté. "

 

Le “Top 10”

Cette année les exceptions à la « tendance savoyarde » du Top 10 sont les opérateurs de la Pierre-Saint-Martin et de l’Alpe d’Huez.
Les opérateurs sur le podium comptent parmi ceux qui investissent régulièrement : sur les 10 dernières années (2004-2013), Chamonix-Les Houches n’a manqué que 3 fois de figurer dans le Top 10, Courchevel-La Tania y figure 4 fois, et Val Thorens-Orelle 5 fois. (A noter : L’Alpe d’Huez, qui ne figure pas sur le podium, a intégré ce Top 10 à 5 reprises durant cette décennie.)
Sur l’exercice écoulé (2014), le ratio Investis-sement/chiffre d’affaires atteint des taux élevés pour certains opérateurs, avec en tête de liste : La Clusaz (77%), Châtel (75%) et Courchevel (44%). (Il convient de considérer avec un certain recul le taux de 475% affiché par la Pierre-Saint-Martin, dans une année marquée par des investissements records, largement soutenus par le Conseil général des Pyrénées Atlantiques.)
En lissant ce ratio sur les 5 exercices précédents (2009-2013), on constate tout de même que 5 opérateurs, membres de ce Top 10, parviennent à maintenir un taux d’investissements quinquennal supérieur à 20% : Châtel (33%), Val Thorens-Orelle (30%), l’Alpe d’Huez (24%), Avoriaz (23%) et Courchevel-La Tania (22%).
Top 10 : Ratio investissements/chiffre d’affaires 2014 vs 2009-2013 en ME

 

Méthodologie

Devenue au fil des années un moment très attendu par nos lecteurs, professionnels ou non, la désormais traditionnelle « Enquête Investissements » a pour objectif de présenter les différents types d’investissements réalisés par les opérateurs des domaines skiables français ainsi que par les collectivités supports de ces domaines.
Panel > Pour cette édition, nous avons adressé, en partenariat avec ATOUT France et Domaines Skiables de France, un seul et même questionnaire à l’attention de 111 constructeurs et fournisseurs, 9 bureaux d’études, 177 opérateurs d’un ou plusieurs domaines skiables, et autant de collectivités.
Réponses > Après plusieurs relances, le total des répondants s’élève à 29 fournisseurs, ainsi que 4 bureaux d’études, 113 opérateurs représentant pour la plupart plusieurs domaines skiables, ainsi que leurs collectivités ; nous les remercions tous pour leur collaboration. Ce bilan d’investissements a pu être réalisé en croisant les données collectées via ces différentes sources. Pour certains postes, un travail de réflexion a été mené avec les constructeurs afin d’harmoniser les chiffres indiqués par les exploitants et par eux-mêmes. Nous tenons également à remercier le STRMTG pour sa collaboration au sujet des remontées mécaniques neuves. Pour autant, il est possible que les montants de notre enquête diffèrent de ceux du STRMTG : le STRMTG ne comptabilise que la pure partie Remontée mécanique d’une affaire, quand Montagne Leaders tient compte de l’ensemble des travaux généraux afférents à l’installation d’un nouvel appareil de remontée mécanique. (Certains travaux de génie civil et/ou de montage, les travaux électriques, les bâtiments, les installations d’accès, tels que des escaliers ou des passerelles, et bien d’autres opérations complémentaires à une remontée mécanique relèvent pour l’exploitant de son budget Investissements.) Pour l’indicateur relatif à l’évolution de l’investissement comparé aux recettes des remontées mécaniques, il convient de préciser que le chiffre des recettes est issu du total panel de notre enquête Top 100 2013/2014 parue dans le numéro 245.
Saisie > Ce travail de saisie et de compilation des données et montants des travaux est long et fastidieux. Il est probable que malgré nos multiples vérifications, nous ayons laissé passer quelques erreurs, ce dont nous nous excusons par avance.
Afin d’éviter toute confusion et interprétation, nous n’avons fait apparaître le maitre d’ouvrage que lorsqu’il était mentionné précisément pour une opération donnée.
Comme les années précédentes, nous avons scindé le poste « Divers » : l’un comprenant les bâtiments, voiries et autres (« Divers »), l’autre comprenant motoneiges, quads et autres (« Véhicules »).
Informations > Nous sommes conscients que certains chiffres ne sont pas forcément l’exact reflet de la réalité ; mais ils correspondent aux montants qui nous ont été communiqués, et nous n’en sommes pas responsables. Malgré tout, nous nous sommes toujours efforcés de contrôler la cohérence des données afin d’éviter trop d’écarts. Nous ne pouvons pas, par conséquent, garantir l’exactitude de nos chiffres qui, comme les années précédentes, ont surtout pour objectif de permettre la comparaison des différents postes, la part d’investissements de chaque domaine skiable et de chaque massif, ainsi que leur évolution dans le temps.
Mode de calcul > Enfin, nous travaillons toujours en euros courants et ne répercutons ni les augmentations de prix, ni l’inflation.

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 247 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

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