Poma
pistenbully

Enquête investissements 2015 des domaines skiables

Vendredi 19 Février 2016

L’investissement mesure la confiance que nous avons dans l’avenir. En investissant, nous dessinons demain dans l’argile d’aujourd’hui.

Chaque année, la publication des investissements intervenus sur les domaines skiables nous réjouit et nous inquiète en même temps. D’un côté, les secteurs qui investissent 25 % de leurs recettes annuelles sont rares, surtout dans la conjoncture actuelle : c’est la marque d’un effort et d’une confiance dans l’avenir qui ne faiblissent pas.

Pierre Lestas, Président de Domaines skiables de FranceD’un autre côté, nous savons que les besoins d’investissements ne sont pas satisfaits. Nos investissements freinent le vieillissement de notre parc de remontées mécaniques et consolident notre enneigement, mais pas assez. Pas assez au regard des besoins, pas assez au regard de la concurrence étrangère. Nous avons interrogé les tour opérateurs qui viennent par centaines chaque année au salon Grand Ski en vue de commercialiser nos stations. Ils sont formels : notre principal concurrent est l’Autriche. Or l’Autriche a un taux d’équipement en neige de culture deux fois supérieur au nôtre, et son parc de remontées mécaniques est deux fois plus jeune que le nôtre. C’est le résultat d’une politique d’investissement qui reconnaît, à tous les niveaux, le domaine skiable comme principal levier de l’attractivité des stations de montagne l’hiver.
Certes, l’infrastructure ne fait pas tout. La lecture de ce dossier montre que chacun a compris l’intérêt d’un domaine skiable animé, mis en scène et diversifiant les expériences de glisse. Mais demain ne se construira pas sans une réelle consolidation du fondement même de nos domaines skiables : pistes et remontées mécaniques. Un début de saison sans neige comme celui que nous venons de vivre est plein d’enseignements : sans neige de culture, aucune piste n’aurait été ouverte en moyenne montagne. Et si les domaines d’altitude ont quant à eux pu embaucher pratiquement tous leurs saisonniers, c’est aussi grâce à la neige de culture. Le manque de neige de ce début de saison aura inévitablement des conséquences sur les investissements l’an prochain. Le problème est de savoir pourquoi notre niveau d’investissement ne décolle pas ces 5 dernières années.

Il faudrait analyser les chocs négatifs qui se sont produits sur l’économie de ski sur cette durée à la fois sur l’offre et sur la demande (calendrier scolaire, coût des remontées mécaniques, raréfaction des ressources des collectivités…) sans occulter que des chocs positifs
se sont aussi produits (baisse de l’euro, CICE, baisse du prix de
l’énergie…).

Mais les facteurs macro-économiques n’expliquent pas tout. Nos entreprises ont aussi besoin d’agilité. Or tout est fait aujourd’hui pour les contraindre au plan règlementaire et administratif. Et ce malgré les déclarations d’intention notamment dans le domaine de la simplification.

La réforme des UTN récemment annoncée au Conseil National de la Montagne en est une illustration. Il faudra beaucoup de constance à nos élus pour obtenir des résultats dans cette lutte sourde contre la complexification administrative dont on mesure mal les effets. Sinon sur les investissements, par exemple.

> Pierre Lestas,
Président de Domaines skiables de France

 

Investissements 2015 : Se réjouir et s’inquiéter ?

Répartition géographique des investissementsEvolution des recettes des domaines skiables de 1990 à 2015Neige de culture évolution des investissements (en M€)

 

Comparaison investissements : moyenne 2010-2014 et 2015 par massif

 

Top 10 des investissements de 2005 à 2015 (en M€)

 

Top 10 des investissements 2015 (en M€)

 

Le « Top 10 »

Un peu de géographie tout d’abord : Auron pour les Alpes du sud, et Saint Lary Soulan pour les Pyrénées sont les deux particularités qui évitent une hégémonie totale des Alpes du nord. Cinq domaines skiables de ce Top 10 sont situés dans le département de la Savoie, et ces cinq sont tous situés en Tarentaise !
Avec plus de 138 M,, ce Top 10 des domaines skiables pèsent 46 % du total des investissements de l’exercice. On y retrouve des habitués des classements. Si les Arcs/Peisey-Vallandry monte sur la
première marche cette année, la destination figurait 7 fois dans le Top 10 au cours de la décennie. C’est également le cas de Chamonix, 3e cette année.
Autres habitués : L’Alpe d’Huez, Val Thorens et la compère des Arcs au sein de Paradiski, La Plagne, toutes présentes à 6 reprises dans ce Top 10 sur la décennie 2005-2014.
En se penchant sur le ratio Investissements/Chiffre d’affaires de l’exercice 2015, seules 3 destinations dépassent les 10 % : Auron (40 %), Méribel-Mottaret (18 %) et Saint Lary Soulan (14 %).
La moyenne quinquennale est plus révélatrice. Sur la période 2010-2014, 6 domaines skiables de ce Top 10 investissent régulièrement plus de 20 % : Chamonix-Les Houches (21 %), l’Alpe d’Huez (24 %), Avoriaz et Val Thorens/Orelle (29 %), Méribel-Mottaret (31 %) et Auron (33 %). •

Les 10 premiers : Investissements/Chiffres d’affaires - 2015 et 2010-2014  (en M€)

 

 

Laurent Chelle, ADS

N°1 Les Arcs / Peisey-Vallandry : 25,00 M€

Laurent ChelleAprès avoir été une station emblématique, notamment durant la fin des années 90, nous avions marqué le pas. Faute d’investissements, ou par une considération insuffisante des besoins de notre clientèle ? Nous devions nous remettre aux standards des grands domaines européens, et notamment concernant notre capacité de production de neige de culture.
Après cette remise à niveau nécessaire en faveur de la neige – les deux derniers débuts de saison ont validé cette orientation stratégique – nous avons pu travailler sur des investissements différenciants pour l’image des Arcs. Cela passait par des appareils structurants sur la partie orientale de l’espace Paradiski dont nous faisons partie ; cela s’est également traduit par l’accompagnement de la commune de Bourg-Saint-Maurice pour la création d’un espace aqualudique, un outil touristique incontournable aujourd’hui.
Il nous fallait également réaliser un choc d’attractivité sur Arc 1800, et ses 20 000 lits.
Ce choc nous l’avons pensé avec notre délégant, autour du projet Mille 8 : un concentré d’activités et une mise en ambiance du domaine. Cette nouvelle attractivité a trouvé écho auprès de nos partenaires, dont les hébergeurs et les tour opérateurs ; un village touristique est en projet, et un hôtel 5 étoiles ouvrira pour la saison suivante sur le site d’Arc 2000.
L’avenir c’est un plan d’investissement sur 5 ans avec l’objectif de fournir de l’émotion.
Cela passera par du ski et de nouvelles expériences sur Arc 2000, autour du télésiège du Pré Saint Esprit… et par la reformulation du sommet de l’Aiguille Rouge, afin de mettre les hauts sommets à la portée de nos clients.
Enfin, nous avons également pour projet de remanier le Transarc et le funiculaire Arc-en-ciel pour que leur utilisation redevienne une véritable expérience touristique.

 

 

Pascal Abry, SEVABEL

N°2 Les Menuires : 18,22 M€

Pascal Abry, SEVABELNous avons un adage qui dit que l’hiver se gagne en été, et tous les travaux d’investissement et de maintenance réalisés cet été-automne 2015 ont été orientés pour la Très Grande Satisfaction (TGS) de nos clients.
Ce fut un été très riche en projets puisque nous avons investi plus de 18 M€ dans les différents secteurs de notre activité.
Depuis le début de l’hiver nos clients ont maintenant tout loisir d’apprécier le confort, le débit et la vitesse de nos deux nouveaux télésièges : le TSD6 Saint Martin Express et le TSD4 du Bettex. C’est bien sûr notre principal poste d’investissement qui nous a permis d’améliorer significativement deux points noirs de notre domaine.
En parallèle de ces travaux sur notre parc de remontées mécaniques, nous avons créé deux nouvelles pistes sur notre domaine. D’une part, la piste du « Bouquetin » qui permet aux « petits « skieurs » de découvrir le secteur naturellement extraordinaire de la Masse et d’autre part la « Montagnette » qui offre du ski facile et de proximité en plein cœur de domaine.
Enfin, notre point de vente central sur la Croisette a été complètement recréé pour offrir un espace de vente multicanal et plus ouvert pour une meilleure opérabilité.
Nous avons donc fait d’importants investissements pour nos clients et personnels et à la vue des premiers retours, nous en sommes très fiers.
J’en profite pour remercier très chaleureusement les équipes de la Sevabel qui ont participé à la réalisation de ces projets et bien sûr l’ensemble des entreprises et notamment Doppelmayr, CDA-Ingelo, MBTM et Construction Savoyarde pour la qualité de leurs prestations.

 

Mathieu Dechavanne, CMB

N°3 Chamonix / Les Houches : 17,20 M€

Mathieu Dechavanne, CMBAvec le télésiège des Mélèzes aux Houches et le Funi 2000 de Plan Praz, les remontées mécaniques représentaient le plus gros poste de nos investissements de l’année. Cette stratégie de renouvellement s’inscrit dans le cadre des engagements au sein de notre convention de DSP. D’autres aménagements d’envergure ont marqué 2015 : la rénovation des voies du Tramway du Mont Blanc, financée par le Conseil départemental, celle des voies du Montenvers, le remplacement des cabines du 1er tronçon du téléphérique de l’Aiguille du Midi ou encore les investissements de modernisation de la machinerie et des locaux sur le site Helbronner.
La stratégie de la Compagnie du Mont Blanc suivra trois axes prioritaires pour les années à venir. La rénovation du parc de remontées mécaniques se poursuivra avec le remplacement du TSF4 de la Parsa, l’appareil qui enregistre le plus de passages de la CMB côté Brévent, par un télésiège débrayable ; un autre sera remplacé en 2017 sur le secteur du Tour. Nous développerons également le digital avec l’objectif de faciliter le parcours de nos clients, créer du lien avec eux et leur faire passer de l’information. En parallèle, la neige sera toujours l’une de nos priorités :
nous avons besoin d’étendre notre réseau mais aussi de moderniser les installations existantes.

 

Méthodologie de l’enquête

Devenue au fil des années un moment très attendu par nos lecteurs, professionnels ou passionnés, la traditionnelle « Enquête Investissements » a pour objectif de présenter les différents types d’investissements réalisés par les opérateurs des domaines skiables français ainsi que par les collectivités supports de ces domaines.

Panel

Pour cette édition, nous avons adressé, en partenariat avec ATOUT France et Domaines Skiables de France, un seul et même questionnaire à l’attention des constructeurs et fournisseurs, des bureaux d’études, des opérateurs d’un ou plusieurs domaines skiables, et des collectivités.

Réponses

Après plusieurs relances, le total des répondants s’élève à 31 fournisseurs, ainsi que 4 bureaux d’études, 111 opérateurs représentant pour la plupart plusieurs domaines skiables, ainsi que leurs collectivités ; nous les remercions tous pour leur collaboration. Ce bilan d’investissements a pu être réalisé en croisant les données collectées via ces différentes déclarations.
Pour certains postes, un travail de réflexion a été mené avec les constructeurs afin d’harmoniser les chiffres indiqués par les exploitants et par eux-mêmes.
Nous tenons également à remercier le STRMTG pour sa collaboration au sujet des remontées mécaniques neuves. Pour autant, il est possible que les montants de notre enquête diffèrent de ceux du STRMTG : le STRMTG ne comptabilise que la pure partie Remontée mécanique d’une affaire, quand Montagne Leaders tient compte de l’ensemble des travaux généraux afférents à l’installation d’un nouvel appareil de remontée mécanique. (Certains travaux de génie civil et/ou de montage, les travaux électriques, les bâtiments, les installations d’accès, tels que des escaliers ou des passerelles, et bien d’autres opérations complémentaires à une remontée mécanique relèvent pour l’exploitant de son budget Investissements.)
Pour l’indicateur relatif à l’évolution de l’investissement comparé aux recettes des remontées mécaniques, il convient de préciser que le chiffre des recettes est issu du total panel de notre enquête Top 100 2014/2015 parue dans le numéro 251.

Saisie

Ce travail de saisie et de compilation des données et montants des travaux est long. Il est possible que malgré nos multiples vérifications,
nous ayons laissé passer des erreurs, ce dont nous nous excusons par avance.
Afin d’éviter toute confusion et interprétation, nous n’avons fait apparaître le maître d’ouvrage que lorsqu’il était mentionné précisément pour une opération donnée.
Comme les années précédentes, nous avons scindé le poste « Divers » : l’un comprenant les bâtiments, voirie et autres (« Divers »), l’autre comprenant motoneiges, quads et autres (« Véhicules »).

Informations

Nous sommes conscients que certains chiffres ne sont pas forcément l’exact reflet de la réalité ; mais ils correspondent aux montants qui nous ont été déclarés. Malgré tout, nous nous sommes toujours efforcés de contrôler la cohérence des données afin d’éviter des écarts trop importants. Nous ne pouvons pas, par conséquent, garantir l’exactitude de nos chiffres qui, comme les années précédentes, ont surtout pour objectif de permettre la comparaison des différents postes, la part d’investissements de chaque domaine skiable et de chaque massif, ainsi que leur évolution dans le temps.
Depuis 2011, le domaine des Houches est exploité par la Compagnie du Mont Blanc. Les domaines d’Oz-en Oisans et Vaujany sont exploités par la SPL Oz-Vaujany depuis 2013, celui de l’Alpe du Grand Serre par la commune depuis 2014. Le périmètre actuel de la SATA comprend les domaines de l’Alpe d’Huez, Auris-en-Oisans et Villard-Reculas.

Mode de calcul

Enfin, nous travaillons toujours en euros courants et ne répercutons ni les augmentations de prix, ni l’inflation.

 

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 253 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

Les autres enquêtes exclusives de Montagne Leaders

Top 100 des domaines skiables par chiffre d'affaires

Enquêtes investissements des domaines skiables

 

Twitter Facebook Google Plus Linkedin  

Du 12 au 13 septembre 2016

Sport Achat,
Lyon (France)

Du 15 au 16 septembre 2016

Symposium
« Le paysage culturel viticole, son intégration dans la dynamique touristique »,
Cahors (France)

Du 16 au 17 septembre 2016

Golf Interstations,
Pont Royal (France)

Du 29 au 30 septembre 2016

Colloque « La gouvernance touristique des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe »,
Paris (France)