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Enquête investissements 2015 des domaines skiables

Vendredi 19 Février 2016

L’investissement mesure la confiance que nous avons dans l’avenir. En investissant, nous dessinons demain dans l’argile d’aujourd’hui.

Chaque année, la publication des investissements intervenus sur les domaines skiables nous réjouit et nous inquiète en même temps. D’un côté, les secteurs qui investissent 25 % de leurs recettes annuelles sont rares, surtout dans la conjoncture actuelle : c’est la marque d’un effort et d’une confiance dans l’avenir qui ne faiblissent pas.

Pierre Lestas, Président de Domaines skiables de FranceD’un autre côté, nous savons que les besoins d’investissements ne sont pas satisfaits. Nos investissements freinent le vieillissement de notre parc de remontées mécaniques et consolident notre enneigement, mais pas assez. Pas assez au regard des besoins, pas assez au regard de la concurrence étrangère. Nous avons interrogé les tour opérateurs qui viennent par centaines chaque année au salon Grand Ski en vue de commercialiser nos stations. Ils sont formels : notre principal concurrent est l’Autriche. Or l’Autriche a un taux d’équipement en neige de culture deux fois supérieur au nôtre, et son parc de remontées mécaniques est deux fois plus jeune que le nôtre. C’est le résultat d’une politique d’investissement qui reconnaît, à tous les niveaux, le domaine skiable comme principal levier de l’attractivité des stations de montagne l’hiver.
Certes, l’infrastructure ne fait pas tout. La lecture de ce dossier montre que chacun a compris l’intérêt d’un domaine skiable animé, mis en scène et diversifiant les expériences de glisse. Mais demain ne se construira pas sans une réelle consolidation du fondement même de nos domaines skiables : pistes et remontées mécaniques. Un début de saison sans neige comme celui que nous venons de vivre est plein d’enseignements : sans neige de culture, aucune piste n’aurait été ouverte en moyenne montagne. Et si les domaines d’altitude ont quant à eux pu embaucher pratiquement tous leurs saisonniers, c’est aussi grâce à la neige de culture. Le manque de neige de ce début de saison aura inévitablement des conséquences sur les investissements l’an prochain. Le problème est de savoir pourquoi notre niveau d’investissement ne décolle pas ces 5 dernières années.

Il faudrait analyser les chocs négatifs qui se sont produits sur l’économie de ski sur cette durée à la fois sur l’offre et sur la demande (calendrier scolaire, coût des remontées mécaniques, raréfaction des ressources des collectivités…) sans occulter que des chocs positifs se sont aussi produits (baisse de l’euro, CICE, baisse du prix de l’énergie…).

Mais les facteurs macro-économiques n’expliquent pas tout. Nos entreprises ont aussi besoin d’agilité. Or tout est fait aujourd’hui pour les contraindre au plan règlementaire et administratif. Et ce malgré les déclarations d’intention notamment dans le domaine de la simplification.

La réforme des UTN récemment annoncée au Conseil National de la Montagne en est une illustration. Il faudra beaucoup de constance à nos élus pour obtenir des résultats dans cette lutte sourde contre la complexification administrative dont on mesure mal les effets. Sinon sur les investissements, par exemple.

> Pierre Lestas,
Président de Domaines skiables de France

 

Investissements 2015 : Se réjouir et s’inquiéter ?

> Dossier réalisé par Mickaël Frottier, Martin Mazza, Lucie Héritier (Montagne Leaders), Laurent Reynaud (DSF), Emmanuelle Galiana et Jean Berthier (Atout France)
Photos GMM – BMF – Montaz Equipement – TAS – Kässbohrer – Prinoth

 

Bilan des investissements 2015
2014/2015 a enregistré 53,9 millions de journées skieurs, accusant une baisse de fréquentation de 2,7%. Malgré ce léger recul, les domaines skiables français ont repris la première place mondiale, devant les Etats-Unis et l’Autriche. Une saison globalement satisfaisante, avec une fréquentation dans la moyenne, pour les Alpes du Nord, un bon niveau d’enneigement et un retour à la normale pour le massif des Vosges, de belles saisons également pour les stations du Massif central  et du Jura. Le bilan est plus mitigé pour les Pyrénées et les Alpes du Sud, en deçà des tendances nationales.

Néanmoins la reprise du leadership par les stations françaises traduit la forte attractivité de la France et la qualité de son offre auprès des clientèles françaises et internationales, pourtant très fortement sollicitées, alors même que l’année 2015 reste marquée par la crise. Elle est, aussi, une fois encore à rapprocher des stratégies d’investissement des stations, neige de culture, travaux de pistes et damage en tête, qui auront permis de sécuriser une saison au démarrage pourtant difficile.

La fin des grands projets ?
Qu’en est-il des investissements 2015 ? Comme chaque année, les stations ont profité de l’été pour entretenir leur parc, retravailler les pistes et réaliser de nouveaux équipements. Cette année, 299,3 M€ d’euros ont été investis sur les massifs Français, un montant en baisse de 10,5% par rapport à 2014 et 2% inférieur à la moyenne quinquennale (304,5 M€). Une mauvaise surprise après 5 années de hausse, alors même que les recettes de la saison 2014/2015, parmi les plus élevées, laissaient espérer de meilleures performances. De fait, le ratio “investissement de l’année n/recettes générées par les remontées mécaniques de l’année n-1” redescend à 25 %, l’un de ses niveaux les plus bas enregistré depuis 15 ans.

Une baisse imputable à la cons-truction de remontées mécaniques neuves
L’explication de cette baisse est à chercher dans les remontées mécaniques neuves, qui malgré tout représentent toujours le principal poste d’investissement. En effet, ce poste connait une coupe de près du tiers (31 %) du montant investi en 2014, leur poids passant de 51% du total investi, à 39 %. Il s’agit du montant le plus faible depuis 2010, et avant cette date, le début des années 2000. Les télésièges débrayables restent plébiscités (2/3 du montant investi). Toutefois on note une forte poussée des tapis et équipements visant les débutants et d’une façon générale, le confort des skieurs. Et c’est peut-être la nouveauté de cette année 2015, qui au final, connait moins de gros projets de restructuration que les années précédentes, mais une série d’investissements voués au bien-être du consommateur, œuvrant à l’accessibilité, participant à la diversification de l’expérience de glisse, ou encore à séduire les skieurs débutants. Tous ont bien conscience de leur rôle d’ambassadeur de la montagne française et de la nécessité d’offrir les meilleurs services et équipements.

Pour répondre aux attentes des clients, les stations se mettent en scène. Les domaines skiables sont plus surs, plus conviviaux (réaménagement des espaces, front de neige notamment), mais aussi plus ludiques et animés. Côté équipement de sécurité, plus de 6,2 millions y ont été consacrés, une hausse de 83,7%. Côté services et confort, espaces ludiques (luge, snowpark, rampe), développement du ski nocturne, mais aussi aménagement d’espaces plus contemplatifs (belvédère, aire de pique-nique), le budget 2015 est également en forte hausse (+25,9 %) avec 8,7 M€ investis.
Enfin, la production de neige de culture est devenue incontournable pour maintenir l’activité des stations. La neige reste le second poste d’investissement, la surface d’enneigement, une stratégie qui, on l’a vu en début de saison, s’avère gagnante pour limiter l’aléa climatique et garantir une offre minimale. Les exploitants y ont consacré un budget 26,6 % supérieur à 2014 (42 M€). En revanche, le poste lié au damage reste, comme à son habitude stable (33,3 M€).

Des fragilités plus marquées sur certains massifs
En 2015, les investissements des domaines skiables de Savoie, des Pyrénées, du Massif Central, des Vosges et dans une moindre mesure de la Haute-Savoie, ont été plus élevés que la moyenne des cinq années précédentes. La Savoie, fait la course en tête, avec 127 M€ investis, un de ses meilleurs niveaux des 10 dernières années. Si les stations de Paradiski pèsent lourdement (34 %), l’ensemble des grandes stations du massif contribuent à cette performance. Idem en Haute-Savoie, où l’investissement se monte à 77 M€, un montant nettement inférieur à celui de 2014, mais parmi les plus élevés du massif.
L’écart à la moyenne constaté sur le massif des Pyrénées reste relatif compte tenu d’un niveau d’investissement de 2013, très en deça des niveaux habituels et qui joue la moyenne quinquennale. De fait, les stations des Pyrénées affichent un niveau d’investissement 2015 globalement conforme aux années précédentes. En parallèle, les Vosges et le Massif Central profitent des efforts de modernisation de Gérardmer pour l’un, du Lioran et de SuperBesse pour l’autre pour booster le montant des investissements.
Restent les stations en Isère-Drôme, du Jura, mais aussi des Alpes du Sud dont les niveaux d’investissement 2015 sont parmi les plus bas de la décennie.

A la lecture de ce bilan positif pour les uns, plus mitigé pour d’autres, se pose la question de la capacité de renouvellement du parc de remontées mécaniques d’une partie des stations, et plus particulièrement de la part des petites stations, sensibles aux variations conjoncturelles liées à l’enneigement. Le parc de remontées mécaniques a atteint une phase de maturité. Développé entre 1980 et 1990, les équipements s’amortissent environ sur 30 ans. Des efforts constants sont faits pour optimiser l’offre de ski, moderniser, rester innovants et répondre aux attentes, mais une part encore importante est à renouveler par les domaines skiables d’ici la fin de la décennie. Au vu de ce bilan 2015, les stations françaises, à l’exception des plus grandes, semblent peiner à dégager les fonds nécessaires au renouvellement. L’absence de neige et le démarrage chaotique de ce début de saison risque de grever un peu plus la capacité d’investissement 2016 des stations. Compte tenu du levier économique important que constitue le tourisme hivernal dans nos massifs, quid de l’avenir des stations de basse altitude et de leur modèle économique ?

Au vu des efforts entrepris, les stations sont bien conscientes des défis de demain et de leur avenir, qui pour beaucoup de petites et moyennes stations passera, par leur capacité à investir dans le cadre d’une stratégie raisonnée et durable de diversification des services permettant un maintien de l’attractivité, malgré un éventuel déficit de neige.

 

Répartition géographique des investissementsEvolution des recettes des domaines skiables de 1990 à 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remontées mécaniques neuves

115 523 335 €

Aïe !

Après un semblant d’amélioration l’an passé, le montant consacré aux appareils neufs connaît un sérieux recul en 2015 : - 30 % !!!
Si le secteur des remontées mécaniques neuves, tête de gondole des investissements sur les domaines skiables, est loin d’être constant, le cru 2015 plombe la décennie. Par rapport aux 5 exercices précédents, c’est un recul de plus de 18 %. En comparaison de la décennie 2005-2014, la baisse atteint 23 %.
Le nombre total d’appareils, supérieur à l’an passé, peut être trompeur. En forme de mètre-étalon du secteur des remontées mécaniques, le nombre de télésièges débrayables 6 places (TSD6) ne trouve pas son rythme d’une année sur l’autre : 7 en 2010 ou 2013, une petite quinzaine en 2011, 2012 puis 2014 pour tomber à 9 en 2015. Il s’est construit autant de TSD6 que de téléskis à enrouleurs …
Parmi les 66 nouveaux appareils, il convient de souligner un certain nombre de « petites » installations : 3 télécordes et 4 fils neige.
Le contingent des tapis-bandes lui ne faiblit pas : en 2015, pas moins de 30 unités ont été installées dans les différents massifs.
Nb : le TKE Stagnu a bien été réalisé à Asco, en Corse en 2015. Prévu pour l’exercice précédent, il figurait déjà dans notre enquête l’an passé.
(Certains retours d’enquête ne mentionnant pas la part sous maîtrise d’œuvre, le ratio de répartition par constructeur n’apparaît pas.)

 

 

Remontées mécaniques - Modifications, entretien, grandes inspections

44 183 519 €

Entretenir et faire durer

Les interventions sur le tramway du Mont Blanc, la modernisation des télécabines des Contamines ou la rénovation du téléphérique de Vaujany font partie des opérations majeures d’entretien des appareils touristiques en 2015. En parallèle, les opérateurs ont bien évidemment procédé aux travaux de grandes inspections règlementaires. Pour autant, ces deux facteurs ne sauraient expliquer à eux seuls le montant consacré à ce poste sur l’exercice écoulé : l’allongement de la durée de vie de certains appareils est bien un objectif avoué.
Avec plus de 44 millions d’euros, l’entretien et les modifications de remontées mécaniques établissent leur plus fort total de la décennie après 2013 (48 M$). Au chapitre des comparaisons, 2015 affiche une progression de 10 % par rapport à l’an passé. C’est aussi et surtout + 18 % de plus que la moyenne réalisée sur la période 2010-2014, et +30 % sur 2005-2014.

 

Neige de culture

42 058 163 €

Un léger mieux…

Après les « petits » 33 millions d’euros investis l’an passé, 2015 fait presque figure de bon millésime avec 42 M€ (+26 %). Pour autant ce montant reste largement en retrait au regard de la dernière décennie : la moyenne 2005-2014 s’établit à près de 55 M€. En comparaison des 5 derniers exercices (2010-2014), 2015 affiche un léger retrait (-4 %) dû aux bons exercices 2010 et 2011 (respectivement 51 et 59 M€).
Si en 2014 cinq opérateurs représentaient plus de 50 % des investissements, 2015 connaît des montants plus ventilés géographiquement.
Six opérateurs ont tout de même massivement investi : Saint-Sorlin d’Arves (3,7 M€), Auron (2,8 M€), l’Alpe d’Huez et ses satellites (2,5 M€), Châtel (2,2 M€), Les Arcs/Peisey-Vallandry (2,1 M€) et Val Thorens/Orelle (2,1 M€). Compte tenu des retours d’enquête 2015, 4 M€ ont été consacrés à des investissements liés à des réserves collinaires. Cela représente environ 10 % des montants en faveur de la neige de culture ; une proportion équivalente aux trois années précédentes (2012 à 2014). Sur des exercices plus anciens, les retenues d’altitude représentaient plus volontiers 20 % du poste Neige de culture.
(Certains retours d’enquête ne mentionnant pas le détail des investissements en neige de culture, le ratio de répartition par constructeur basé sur le « Matériel & Concept » n’apparaît pas.)

 

Neige de culture évolution des investissements (en M€)

 

Sécurité

6 205 698 €

Toujours une priorité

Comme chaque année pour ce poste, nous présentons des statistiques pour la forme : il n’est jamais question pour les opérateurs de domaine skiable de hiérarchiser leurs investissements liés à la sécurité. 2015 présente un total important pour ce poste : de 40 % supérieur à la moyenne de la décennie 2005-2014, et de 50 % supérieur à la moyenne des 5 années passées.
Des montants qui intègrent à la fois des installations nécessaires à l’ouverture des domaines (systèmes de déclenchement préventif des avalanches), mais aussi des équipements qui garantissent la sécurité des skieurs une fois les pistes ouvertes (filets et matelas de protection).

 

 

 

Travaux de pistes

18 802 124 €

Portés par des projets colossaux

Comme l’an passé, les montants dédiés à ce secteur rappellent les grandes années. Ce souci de la qualité des tracés est symbolisé par deux statistiques, les 18,8 M€ de 2015 représentent une progression de 2,77 % par rapport à la moyenne des montants investis durant la décennie 2005-2014 (18,3 M€). Si l’on prend en considération la moyenne de la période 2010-2014 (13,8 M€), l’exercice 2015 affiche alors une croissance de près de 36 % !
Parmi les aménagements qui ont compté en 2015, on retiendra Les Arcs, Méribel-Mottaret ou les Deux Alpes avec la très attendue piste de Jandri. Ces trois opérateurs, qui ont investi plus de 2 millions d’euros chacun, représentent pas moins du tiers du montant 2015 consacré aux travaux de pistes. Est-ce que d’autres domaines skiables entameront des opérations de terrassement de cette envergure dans les années à venir pour maintenir la tendance ?

 

Signalétique

3 596 756 €

Une part de l’expérience client

Des plans panoramiques dynamiques, des portiques au départ des remontées mécaniques, des fléchages sur les pistes, la matérialisation de zones ludiques, des directionnels au cœur de la station : les éléments de signalétique accompagnent les clients tout au long de leur séjour et quelles que soient leurs activités. Si la signalétique n’est pas la garantie d’un séjour réussi, une mauvaise signalétique peut contribuer à dégrader l’expérience client.
Les opérateurs y accordent donc un intérêt constant, que ce soit pour de nouveaux équipements ou pour le renouvellement de leurs parcs. En 2015, ils ont consacré 3,5 M€ à ce poste ; c’est 5 % de moins qu’en 2014, mais c’est surtout 40 % de plus que la moyenne de la décennie 2005-2014 !

 

 

 

Equipements de loisirs

8 796 098 €

Enrichir le souvenir touristique

Avec près de 9 M€, l’exercice 2015 n’est pas le record en matière d’équipements de loisirs, cependant ce poste semble avoir révélé toute son importance : +26 % par rapport à 2014, 27 % par rapport à la moyenne quinquennale et +97 % si l’on tient compte de la dernière décennie !
Luge sur rail ou tyrolienne pour les installations de grande ampleur, mise en scène d’espaces touristiques ou de zones de glisse, et toujours le VTT : les domaines skiables font de la satisfaction de leurs clients une priorité, et ce dans tous les massifs ! Toutes les solutions sont envisagées pour enrichir « l’expérience touristique » et générer des souvenirs positifs du séjour à la montagne, que ce soit pour les actifs ou les contemplatifs, pour les touristes en hiver mais aussi pour ceux qui viennent en été.

 

 

Billetterie

5 224 757 €

S’adapter aux modes de consommation

Même si les domaines français sont désormais  majoritairement équipés, les fournisseurs de ce secteur déploient ingéniosité et savoir-faire pour répondre à l’évolution des problématiques des exploitants. Cela va de l’aménagement des caisses pour la vente et la distribution des forfaits avec la prise en compte de l’accessibilité PMR, à l’implantation de bornes automatisées pour satisfaire les nouveaux modes de consommation de la clientèle, une commercialisation de plus en plus largement liées à internet.
Dans ce contexte, 2015 est un exercice plutôt satisfaisant : +25 % par rapport à N-1, et +23 % au regard de la moyenne établie sur la période 2010-2014.

 

 

 

 

Divers - Véhicules

18 123 139 € & 3 271 790 €

Loin d’être les parents pauvres

Cumulant plus de 21 M€, ces deux postes restent toujours importants. S’il est vain d’essayer d’en dégager une quelconque tendance, nous préciserons simplement que le montant dédié aux véhicules se maintient par rapport à l’exercice précédent et que 2015 est le second exercice en la matière depuis 2009. Enfin notons le soin apporté aux équipements destinés au confort de la clientèle (toilettes, points de vente), à celui du personnel d’exploitation avec des travaux de rénovation de bureaux ou de garages. Ou encore les travaux « invisibles » sur les réseaux, de télécommunication notamment.

 

Damage

33 350 000 €

Toujours dans la moyenne…

Les années se suivent et le marché se maintient tant bien que mal pour les engins de damage, malgré la tendance générale de rationalisation des parcs de machines. 2015 enregistre une légère baisse par rapport à l’exercice précédent (-0,76 %). Pour autant, si l’on prend une perspective à moyen terme : on note une légère croissance de 2,5 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années, la progression atteint 5 % si l’on se réfère à la période 2005-2014.
115 machines ont rejoint les rangs des services de damage dans les différents massifs français en 2015 pour travailler au plaisir des skieurs !
La confirmation vient de l’investissement des opérateurs dans les solutions de systèmes GPS pour équiper leurs engins de damage ; ce choix vise à remplir deux objectifs : rationaliser des heures de damage, et économiser les ressources nécessaires à la production de neige de culture.

 

Comparaison investissements : moyenne 2010-2014 et 2015 par massif

 

Top 10 des investissements de 2005 à 2015 (en M€)

 

Top 10 des investissements 2015 (en M€)

 

Le « Top 10 »

Un peu de géographie tout d’abord : Auron pour les Alpes du sud, et Saint Lary Soulan pour les Pyrénées sont les deux particularités qui évitent une hégémonie totale des Alpes du nord. Cinq domaines skiables de ce Top 10 sont situés dans le département de la Savoie, et ces cinq sont tous situés en Tarentaise !
Avec plus de 138 M,, ce Top 10 des domaines skiables pèsent 46 % du total des investissements de l’exercice. On y retrouve des habitués des classements. Si les Arcs/Peisey-Vallandry monte sur la première marche cette année, la destination figurait 7 fois dans le Top 10 au cours de la décennie. C’est également le cas de Chamonix, 3e cette année.
Autres habitués : L’Alpe d’Huez, Val Thorens et la compère des Arcs au sein de Paradiski, La Plagne, toutes présentes à 6 reprises dans ce Top 10 sur la décennie 2005-2014.
En se penchant sur le ratio Investissements/Chiffre d’affaires de l’exercice 2015, seules 3 destinations dépassent les 10 % : Auron (40 %), Méribel-Mottaret (18 %) et Saint Lary Soulan (14 %).
La moyenne quinquennale est plus révélatrice. Sur la période 2010-2014, 6 domaines skiables de ce Top 10 investissent régulièrement plus de 20 % : Chamonix-Les Houches (21 %), l’Alpe d’Huez (24 %), Avoriaz et Val Thorens/Orelle (29 %), Méribel-Mottaret (31 %) et Auron (33 %). •

Les 10 premiers : Investissements/Chiffres d’affaires - 2015 et 2010-2014  (en M€)

 

 

Laurent Chelle, ADS

N°1 Les Arcs / Peisey-Vallandry : 25,00 M€

Laurent ChelleAprès avoir été une station emblématique, notamment durant la fin des années 90, nous avions marqué le pas. Faute d’investissements, ou par une considération insuffisante des besoins de notre clientèle ? Nous devions nous remettre aux standards des grands domaines européens, et notamment concernant notre capacité de production de neige de culture.
Après cette remise à niveau nécessaire en faveur de la neige – les deux derniers débuts de saison ont validé cette orientation stratégique – nous avons pu travailler sur des investissements différenciants pour l’image des Arcs. Cela passait par des appareils structurants sur la partie orientale de l’espace Paradiski dont nous faisons partie ; cela s’est également traduit par l’accompagnement de la commune de Bourg-Saint-Maurice pour la création d’un espace aqualudique, un outil touristique incontournable aujourd’hui.
Il nous fallait également réaliser un choc d’attractivité sur Arc 1800, et ses 20 000 lits.
Ce choc nous l’avons pensé avec notre délégant, autour du projet Mille 8 : un concentré d’activités et une mise en ambiance du domaine. Cette nouvelle attractivité a trouvé écho auprès de nos partenaires, dont les hébergeurs et les tour opérateurs ; un village touristique est en projet, et un hôtel 5 étoiles ouvrira pour la saison suivante sur le site d’Arc 2000.
L’avenir c’est un plan d’investissement sur 5 ans avec l’objectif de fournir de l’émotion.
Cela passera par du ski et de nouvelles expériences sur Arc 2000, autour du télésiège du Pré Saint Esprit… et par la reformulation du sommet de l’Aiguille Rouge, afin de mettre les hauts sommets à la portée de nos clients.
Enfin, nous avons également pour projet de remanier le Transarc et le funiculaire Arc-en-ciel pour que leur utilisation redevienne une véritable expérience touristique.

 

 

Pascal Abry, SEVABEL

N°2 Les Menuires : 18,22 M€

Pascal Abry, SEVABELNous avons un adage qui dit que l’hiver se gagne en été, et tous les travaux d’investissement et de maintenance réalisés cet été-automne 2015 ont été orientés pour la Très Grande Satisfaction (TGS) de nos clients.
Ce fut un été très riche en projets puisque nous avons investi plus de 18 M€ dans les différents secteurs de notre activité.
Depuis le début de l’hiver nos clients ont maintenant tout loisir d’apprécier le confort, le débit et la vitesse de nos deux nouveaux télésièges : le TSD6 Saint Martin Express et le TSD4 du Bettex. C’est bien sûr notre principal poste d’investissement qui nous a permis d’améliorer significativement deux points noirs de notre domaine.
En parallèle de ces travaux sur notre parc de remontées mécaniques, nous avons créé deux nouvelles pistes sur notre domaine. D’une part, la piste du « Bouquetin » qui permet aux « petits « skieurs » de découvrir le secteur naturellement extraordinaire de la Masse et d’autre part la « Montagnette » qui offre du ski facile et de proximité en plein cœur de domaine.
Enfin, notre point de vente central sur la Croisette a été complètement recréé pour offrir un espace de vente multicanal et plus ouvert pour une meilleure opérabilité.
Nous avons donc fait d’importants investissements pour nos clients et personnels et à la vue des premiers retours, nous en sommes très fiers.
J’en profite pour remercier très chaleureusement les équipes de la Sevabel qui ont participé à la réalisation de ces projets et bien sûr l’ensemble des entreprises et notamment Doppelmayr, CDA-Ingelo, MBTM et Construction Savoyarde pour la qualité de leurs prestations.

 

Mathieu Dechavanne, CMB

N°3 Chamonix / Les Houches : 17,20 M€

Mathieu Dechavanne, CMBAvec le télésiège des Mélèzes aux Houches et le Funi 2000 de Plan Praz, les remontées mécaniques représentaient le plus gros poste de nos investissements de l’année. Cette stratégie de renouvellement s’inscrit dans le cadre des engagements au sein de notre convention de DSP. D’autres aménagements d’envergure ont marqué 2015 : la rénovation des voies du Tramway du Mont Blanc, financée par le Conseil départemental, celle des voies du Montenvers, le remplacement des cabines du 1er tronçon du téléphérique de l’Aiguille du Midi ou encore les investissements de modernisation de la machinerie et des locaux sur le site Helbronner.
La stratégie de la Compagnie du Mont Blanc suivra trois axes prioritaires pour les années à venir. La rénovation du parc de remontées mécaniques se poursuivra avec le remplacement du TSF4 de la Parsa, l’appareil qui enregistre le plus de passages de la CMB côté Brévent, par un télésiège débrayable ; un autre sera remplacé en 2017 sur le secteur du Tour. Nous développerons également le digital avec l’objectif de faciliter le parcours de nos clients, créer du lien avec eux et leur faire passer de l’information. En parallèle, la neige sera toujours l’une de nos priorités :
nous avons besoin d’étendre notre réseau mais aussi de moderniser les installations existantes.

 

Méthodologie de l’enquête

 

Devenue au fil des années un moment très attendu par nos lecteurs, professionnels ou passionnés, la traditionnelle « Enquête Investissements » a pour objectif de présenter les différents types d’investissements réalisés par les opérateurs des domaines skiables français ainsi que par les collectivités supports de ces domaines.

Panel

Pour cette édition, nous avons adressé, en partenariat avec ATOUT France et Domaines Skiables de France, un seul et même questionnaire à l’attention des constructeurs et fournisseurs, des bureaux d’études, des opérateurs d’un ou plusieurs domaines skiables, et des collectivités.

Réponses

Après plusieurs relances, le total des répondants s’élève à 31 fournisseurs, ainsi que 4 bureaux d’études, 111 opérateurs représentant pour la plupart plusieurs domaines skiables, ainsi que leurs collectivités ; nous les remercions tous pour leur collaboration. Ce bilan d’investissements a pu être réalisé en croisant les données collectées via ces différentes déclarations.
Pour certains postes, un travail de réflexion a été mené avec les constructeurs afin d’harmoniser les chiffres indiqués par les exploitants et par eux-mêmes.
Nous tenons également à remercier le STRMTG pour sa collaboration au sujet des remontées mécaniques neuves. Pour autant, il est possible que les montants de notre enquête diffèrent de ceux du STRMTG : le STRMTG ne comptabilise que la pure partie Remontée mécanique d’une affaire, quand Montagne Leaders tient compte de l’ensemble des travaux généraux afférents à l’installation d’un nouvel appareil de remontée mécanique. (Certains travaux de génie civil et/ou de montage, les travaux électriques, les bâtiments, les installations d’accès, tels que des escaliers ou des passerelles, et bien d’autres opérations complémentaires à une remontée mécanique relèvent pour l’exploitant de son budget Investissements.)
Pour l’indicateur relatif à l’évolution de l’investissement comparé aux recettes des remontées mécaniques, il convient de préciser que le chiffre des recettes est issu du total panel de notre enquête Top 100 2014/2015 parue dans le numéro 251.

Saisie

Ce travail de saisie et de compilation des données et montants des travaux est long. Il est possible que malgré nos multiples vérifications, nous ayons laissé passer des erreurs, ce dont nous nous excusons par avance.
Afin d’éviter toute confusion et interprétation, nous n’avons fait apparaître le maître d’ouvrage que lorsqu’il était mentionné précisément pour une opération donnée.
Comme les années précédentes, nous avons scindé le poste « Divers » : l’un comprenant les bâtiments, voirie et autres (« Divers »), l’autre comprenant motoneiges, quads et autres (« Véhicules »).

Informations

Nous sommes conscients que certains chiffres ne sont pas forcément l’exact reflet de la réalité ; mais ils correspondent aux montants qui nous ont été déclarés. Malgré tout, nous nous sommes toujours efforcés de contrôler la cohérence des données afin d’éviter des écarts trop importants. Nous ne pouvons pas, par conséquent, garantir l’exactitude de nos chiffres qui, comme les années précédentes, ont surtout pour objectif de permettre la comparaison des différents postes, la part d’investissements de chaque domaine skiable et de chaque massif, ainsi que leur évolution dans le temps.
Depuis 2011, le domaine des Houches est exploité par la Compagnie du Mont Blanc. Les domaines d’Oz-en Oisans et Vaujany sont exploités par la SPL Oz-Vaujany depuis 2013, celui de l’Alpe du Grand Serre par la commune depuis 2014. Le périmètre actuel de la SATA comprend les domaines de l’Alpe d’Huez, Auris-en-Oisans et Villard-Reculas.

Mode de calcul

Enfin, nous travaillons toujours en euros courants et ne répercutons ni les augmentations de prix, ni l’inflation.

 

 

Retrouvez l'enquête complète dans le numéro 253 de Montagne Leaders en kiosque, par abonnement ou en commandant en ligne le dernier numéro.

 

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Val d’Isère (France)

Du 19 au 20 décembre 2017

Etape de Coupe du Monde féminine de ski alpin,
Courchevel (France)