L’escale nantaise de DSF

Vendredi 9 Décembre 2016

Les 5 et 6 octobre, Nantes recevait les domaines skiables français. Après Biarritz en 2015, le choix géographique a suscité en amont certaines interrogations ; mais le Congrès de DSF en lui-même a rallié l’adhésion de tous a posteriori. Une adhésion due aussi à la présence de l’Afmont et de l’ADSP. Ces deux journées ont promené la profession de La Cité – Centre des Congrès aux salons du Nautilus ou encore au Parc des Chantiers pour une succession rythmée d’évènements, de rendez-vous et même parfois de surprises. Dynamique, enrichissant, convivial, studieux, souriant - des qualificatifs qui ne tombent pas sous le sens lorsqu’on évoque un syndicat en France - le Congrès de DSF a aussi su faire sourire, faire passer quelques émotions et faire vivre un pari musical à ses participants, venus en nombre record. C’est ce programme que ce dossier s’attache à vous faire (re)vivre.

DSF Nantes 2016

Mieux vaut prévenir que guérir !

Mardi 4 Octobre : 15h30

La première partie de l’assemblée générale de l’Association Nationale des Directeurs de Pistes et de la Sécurité de Stations de Sports d’Hiver, ou ADSP, était pour partie dédiée à la restitution d’un important travail de recherche mené par quatre étudiants thésards de l’Université Savoie Mont-Blanc, issus du laboratoire interuniversitaire de psychologie. Développé dans le cadre de la collaboration scientifique entre l’Université Savoie Mont-Blanc et l’Assemblée des Pays de Savoie, la FNSSDS, la Compagnie des Alpes, l’ADSP, DSF, les 3 Vallées, Valloire, Méribel Mottaret, les Arcs et Saint-François Longchamp, ce travail de thèse a permis de dégager des recommandations relatives à la création et à la transmission de messages de prévention en matière de sports d’hiver.

©P.BouteLes résultats de l’étude menée sont instructifs et prévoient différents dispositifs ou techniques, faciles à mettre en œuvre, pour tenter de réduire le nombre d’accident sur les pistes, car un skieur qui se blesse pourra être réticent à remonter sur ses skis. Trois techniques de communication peuvent être mises en place : la communication persuasive, la communication engageante et les procédés à visée ludique.
Selon la thèse rédigée et les recommandations formulées par Mathieu Pinelli, Sonia Pellissier, Clémentine Bry et Emmanuelle Lebarbenchon de l’Université Savoie Mont-Blanc, la communication persuasive s’entend comme « tout message destiné à former, renforcer ou modifier les réponses d’une ou plusieurs personnes ». Pour que ce message soit impactant pour les débutants ou les jeunes, il est nécessaire qu’il soit émis par un skieur expert et reconnu. Pour qu’il fonctionne sur un public expert, il est important qu’il provienne d’un pisteur par exemple.

La thèse nous révèle en outre que pour être efficace, le message se doit d’être à tonalité humoristique, et doit indiquer de manière explicite le comportement désirable. Le comportement attendu doit être efficace, clair, simple et les skieurs doivent être capable de le réaliser. L’étude analyse également le support du message. La vidéo semble être un outil à privilégier et qu’il est préconisé d’associer avec une brochure et des affiches. Cependant, il est nécessaire que la charte graphique utilisée sur les différents supports soit homogène. Il est nécessaire en outre que les visuels qui accompagnent le message soient reconnaissables au premier coup d’œil. Le choix des
espaces de diffusion est également primordial. La répétition du message est tout aussi importante, mais il ne faut pas non plus trop le marteler car cela peut diminuer l’effet persuasif.
La thèse révèle enfin que diffuser le message en amont du séjour au ski des futurs clients serait gage d’une grande efficacité.

Des solutions complémentaires

La communication engageante ainsi que les procédés à visée ludique sont, a priori, d’excellents compléments à la communication persuasive. La communication engageante pourrait être mise en place par les pisteurs directement au contact des skieurs sur les pistes, en allant échanger avec eux, en leur posant des questions et s’engageant avec eux à adopter un bon comportement. L’utilisation du web et notamment du site national de prévention hiver où l’internaute serait acteur de sa prévention et de sa sensibilisation serait un plus. Il serait alors nécessaire d’offrir des choix à l’internaute au travers de questions afin de l’associer à la démarche, de faire en sorte que ce soit lui qui décide et s’engage. Pour que cette technique fonctionne, il est nécessaire que l’individu se sente libre de faire le comportement attendu ou non. La thèse insiste également sur une dernière méthode, les procédés à visée ludique qui peuvent prendre la forme d’un jeu vidéo avec comme objectif un apprentissage ludique des règles et des bons comportements.

La prévention est essentielle, tout comme les moyens de la mettre en place et de la diffuser, car une personne qui se blesse sur un domaine skiable sera inévitablement plus frileuse qu’une autre à l’idée de rechausser… 
Photo : ©P.Boute

 

Quoi de neuf à l’Afmont ?

Mardi 4 Octobre : 17h30

Le Congrès de DSF, c’est le rendez-vous automnal de l’Afmont qui tenait donc son assemblée générale, entre l’arrivée de l’avion en provenance de Lyon et la soirée de lancement ! Quoi de neuf du côté des fournisseurs ?

AFMONT au congrès DSF 2016Premier invité au micro : Christophe Conte, pour un retour sur Mountain Planet 2016. Le directeur d’Alpexpo a rappelé aux membres de l’Afmont les 15 179 visiteurs uniques sur le salon, avant de préciser leurs intérêts : la gestion et l’entretien des domaines skiables (41%), le transport par câble (38%), suivi de « faire vivre la montagne en dehors du ski », un thème plus inattendu. Auto-critique quant à la médiatisation de l’événement, qu’il juge encore trop réservée, Christophe Conte s’est ensuite montré rassurant quant à l’avenir d’Alpexpo, en concluant avec les dates de la prochaine édition : du 18 au 20 avril 2018.
Patrick Grand’Eury a évoqué une prochaine séance de travail collective sur la thématique « Anticiper c’est gagner », toujours en partenariat avec Montagne Leaders.
Didier Bic est revenu sur différents points de règlementations : la situation du décret pour l’accès motorisé aux restaurants d’altitude, l’issue du prélèvement à la source en Andorre pour la fin de l’année, ou encore la reconduction de la loi sur le sur-amortissement jusqu’en avril 2017. L’association des fournisseurs a également fait un point sur l’acte II de la loi Montagne (et la réforme des procédures UTN), en prélude au traitement prévu par DSF durant ces deux jours de congrès.
L’Afmont a procédé au renouvellement d’une partie de son bureau avec l’arrivée à échéance des mandats de Joël Chavat (Yamaha), Christian Excoffon (Abest), Laurent Micol (Caisse d’Epargne), et Damien Notin (EDF). Si ce dernier ne se représentait pas, les trois premiers cités postulaient de nouveau, tout comme Christian Montaz. Ces quatre candidats ont été approuvés au sein du bureau de l’Afmont.
Après un rappel de l’opération de mécénat lancée par la FFS, les invités se sont succédés à la tribune de l’Afmont.
Bernard Volk est venu présenter les rendez-vous du 20 et 21 avril 2017 : il réunira à Chambéry le salon Alpipro, le dernier-né Digital Montagne, ainsi que les Assises nationales de l’aménagement et de l’économie durables en montagne.
Le président de l’ADSP Benjamin Blanc a évoqué la thèse au sujet des messages de prévention, menée en partenariat avec DSF et les deux départements savoyards, avec l’objectif que la problématique de sécurité ne devienne pas une entrave au renouvellement générationnel des pratiquants de sports d’hiver.
Gilles Kraan s’est chargé de présenter les actions du Cluster Montagne, en tant que vice-président.
Pierre Lestas est intervenu pour détailler la bagarre perpétuelle de DSF depuis un an face au cortège de lois au sein desquelles « les bêtises ne manquent pas ». Le président de DSF a regretté la quantité d’actions menées dans la précipitation sans analyse préalable, et pour beaucoup déconnectées de la dimension économique ; un constat navrant alors même que la crise subsiste aux cotés de la problématique de sous-investissement.
Enfin, Jean-Marc Silva a présenté les actions de France Montagnes et l’une de ses missions : « interdire les gens de partir à la mer en leur faisant préférer la montagne ».

Rendez-vous avec l’Elephant…

Mardi 4 Octobre : 19h30

C’était la seule indication communiquée par DSF à ses congressistes pour les aiguiller vers la soirée de lancement. Tous sont donc allés à la rencontre du « Grand Elephant ». Inauguré en 2007, c’est l’une des vedettes des Machines de l’Île de Nantes. Après s’être émerveillés tels de grands enfants face à ses 12 mètres de haut et ses 48 tonnes, direction l’embarquement à bord du Nantilus et de ses salons : une escale de convivialité en profitant de l’ambiance nocturne sur la Loire et la ville de Nantes.

 

Kenavo Monsieur Decolasse

Mardi 4 Octobre : 20h30

Régis-Antoine Decolasse et Pierre LestasIl ne s’y attendait pas forcément ; et pourtant, quel meilleur moment que cette soirée de lancement des plus conviviales pour rendre hommage à ce gentleman de la neige ? Au nom des domaines skiables français, Pierre Lestas n’a pas tari d’éloges au sujet de Régis-Antoine Decolasse. Au moment de tirer sa révérence, l’emblématique patron de TechnoAlpin France a pu mesurer toute la sympathie qu’il inspire au sein de la profession.

 

L’actualité au cœur du congrès

Mercredi 5 Octobre : 09h00

Pierre Lestas et Laurent ReynaudDès 9h00 le mercredi matin, Pierre Lestas et Laurent Reynaud ont réuni les journalistes présents pour un point presse. Entre bilan de l’hiver 2015/2016 et perspectives pour 2016/2017, ils se sont prêtés au jeu en présentant l’actualité de DSF, et en particulier deux éléments : le manque de moyens financiers des stations et la réglementation trop lourde qu’elles subissent. En présentant les différents points qui seront abordés tout au long de ces deux jours, Pierre Lestas et Laurent Reynaud ont offert une belle entrée en matière avant d’ouvrir officiellement le congrès.

 

Ouverture du Congrès

Mercredi 5 Octobre : 10h00

Tradition oblige, c’est le président de Domaines Skiables de France Pierre Lestas qui a ouvert ce 78e Congrès. Pierre Lestas a poursuivi en procédant notamment aux élections au sein du comité directeur : Julien Noël et Bernard Ducati ont été reconduits ; Patrick Arnaud prend quant à lui la succession de Jean-Yves Salle.

 

Les comptes du syndicat

Mercredi 5 Octobre : 10h20

Jean-François Blas, trésorier de DSF, est monté à la tribune pour l’examen des comptes et pour la présentation du budget à venir. A retenir : le vote du barème des cotisations (qui n’augmentent pas), et celui de la contribution à la promotion/communication calculée sur la base du chiffre d’affaires hivernal.

 

8 présidents et 1 tendance

Mercredi 5 Octobre : 10h30

L’intervention des présidents de section est toujours un moment attendu du congrès, même si, comme l’on pouvait s’y attendre, la saison écoulée comportait la même analogie météorologique d’un massif à l’autre. Evacuons donc les qualificatifs du début de saison, allant de « compliqué » à « très très compliqué » selon l’ampleur de l’absence de neige, un point commun à toutes les sections à de rares exceptions près.

Philippe De Rosa, Jean-Yves Remy, Hervé Pounau et Bernard Malus.

Philippe De Rosa, Jean-Yves Remy, Hervé Pounau et Bernard Malus.

En Haute-Savoie, Alain Barbier a souligné le très bon mois d’août des domaines du département, avant d’évoquer les différentes sessions de formation du personnel, et le projet « L’eau en montagne » portée par la section.
David Ponson a affiché une Savoie « plus résiliente que les autres massifs », grâce au taux de couverture en neige de culture notamment. Prévoyant des investissements à hauteur de 115 M€ sur les domaines du département en 2016, le président de section a également rappelé la poursuite des travaux autour de l’observatoire de l’environnement.
Malgré les disparités entre Drôme, Belledonne, Oisans, Vercors et Chartreuse, Didier Beuque est resté positif au vu de l’économie générale, restée très correcte dans un tel contexte. Le président de la section Isère-Drôme a aussi souligné le bon fonctionnement des activités au mois d’août. L’amélioration de la production de neige et la gestion de la ressource en eau sont au cœur des projets de la section.

Même constat du côté des Alpes du Sud où Laurent Thélène retient bien évidemment l’impact négatif sur les sociétés opératrices de domaines skiables, mais également la bonne tenue de l’économie touristique. Une nouveauté dès la saison prochaine : les chefs des pistes seront partie prenante des réunions d’animation au sein de la section.
« Ni mieux, ni pire que les autres », le massif pyrénéen a toutefois affiché d’énormes disparités. Son président de section, Bernard Malus a manifesté son inquiétude quant aux investissements compte tenu de « la baisse des moyens des collectivités, de la non-simplification du cadre règlementaire et de la frilosité des banques ».
Saluant tout l’intérêt de la neige de culture pour certains sites avant les fêtes de fin d’année, Hervé Pounau a aussi constaté un bon mois d’août dans les domaines du Massif Central. La section est active sur l’homogénéisation des procédures de marché public et le renouvellement des encadrements pour les formations. Avec la saison hivernale écoulée, les stations du massif, et leurs élus, ont pris conscience de leur rôle de
« moteur économique pour le territoire ».

David Ponson, Alain Barbier, Laurent Thélène et Didier Beuque.
David Ponson, Alain Barbier, Laurent Thélène et Didier Beuque.

Dans les Vosges, l’altitude moyenne des domaines est venue se greffer à la problématique générale de l’enneigement naturel. C’est ce qu’a souligné Jean-Yves Remy, son président de section, avant de pointer du doigt la nouvelle carte scolaire qui fait peser tout le risque du massif sur une seule zone, ainsi que l’absence de politique touristique au sein de la nouvelle entité régionale.

Philippe De Rosa a également tiré la sonnette d’alarme afin que toutes les régions concernées par le massif jurassien prennent conscience de l’importance de l’économie liée au tourisme. « En recul très net » l’hiver, la section Jura a fait un bel été. A noter l’extension des Rousses à venir vers le canton suisse de Vaud et le massif de la Dôle. Un rapprochement qui devrait entraîner des investissements très prochainement.

 

Retrouvez la suite et l'intégralité des 30 pages dédiées au congrès de Domaines Skiable de France édition 2016 dans le Montagne Leaders N°258

 

 

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