Ludisme : à chacun sa piste

Vendredi 8 Avril 2016

« Le tout ski est peut-être fini, mais sans le ski, tout est fini ». Cette phrase est véritablement à l’origine de la rédaction de ce dossier, des lignes qui vont suivre.

Car Laurent Reynaud, délégué général de Domaines Skiables de France, ne s’y est pas trompé. L’économie de montagne tient avant tout grâce au tourisme et surtout au tourisme de neige. Sans la neige, sans le ski, que reste t-il ? Si les touristes, qu’ils soient français ou étrangers, fréquentent les montagnes françaises l’hiver, n’est-ce pas avant tout pour skier ?
Si sans le ski, tout est fini, interrogeons-nous sur la pratique actuelle du ski. Selon une étude dont les résultats ont été publiés par Domaines Skiables de France en mars 2014, la pratique du ski risque de pâtir d’un attrait moindre des jeunes générations ainsi que du vieillissement de la population. En effet, d’une part la pratique diminue avec l’âge et d’autre part, les jeunes générations font moins de ski que les anciennes au même âge. Mais, si la disparition lente et progressive des classes de neige ou de découverte peut être pointée du doigt, ce serait mentir que de dire qu’il s’agit du seul levier permettant d’inverser cette tendance. Dès lors, ne cherchons pas les causes de cette tendance, travail qui a déjà fait l’objet de nombreux articles et dossiers dans nos pages, mais plutôt les leviers qui permettent ou tout du moins permettraient d’inverser, non pas la courbe du chômage, laissons cela au sommet de l’Etat, mais bien celle du nombre de pratiquants et de l’âge de ces derniers.

© Andyparant

Si la pratique de la mer est naturelle, celle de la montagne est culturelle, c’est un fait. Un petit détour par le Robert de 1996 – seul dictionnaire dont nous disposons et qui, à notre plus grand bonheur, n’intègre ni « Swag », ni « Bolos » ni autres hérésies notables faisant dorénavant partie de la « richesse » de la langue française – pour apprendre que, ce qui est culturel, est relatif à la culture. Nous voilà bien avancés…cherchons donc sous le terme « culture » pour en savoir plus : « ensemble des connaissances acquises ». Donc, et en se replaçant dans le contexte montagnard, pour pratiquer la montagne il faut acquérir certaines connaissances ; pour pouvoir skier, il faut au préalable dompter ses lattes, apprendre les rudiments de la glisse. Mais, ne dit-on pas que le meilleur moyen d’apprendre est de le faire en s’amusant, que le ludique, et donc le jeu, sont les meilleurs moyens d’acquérir des connaissances ? Poussons le raisonnement un peu plus loin. Pourquoi le ludique serait-il cantonné à l’apprentissage ? Pourquoi ne pas rendre le ski
ludique à l’ensemble des skieurs, quel que soit leur niveau ? On en revient à la phrase qui a résonné dans nos têtes au moment d’entamer la rédaction de ce dossier : « le tout ski est peut-être fini ». Il s’agit bien là du, ou tout du moins de notre, postulat de départ. Postulat complété par différentes réflexions ou constats.
Certes les tendances ont évolué et aujourd’hui rares sont les skieurs (englobons provisoirement l’ensemble des pratiquants sous cette appellation) à se présenter sous les portiques des remontées mécaniques dès leur ouverture, à manger un sandwich sur le télésiège et à vouloir être les derniers sur les pistes. Certes il y a encore ceux qui se disent, à juste titre, « j’ai payé mon forfait, je compte bien l’amortir au maximum en avalant le plus de pistes possible dans la journée ». Mais, cette espèce devient de plus en plus rare. Bien souvent, une pause s’impose, bien souvent le réveil est de plus en plus tardif, au fur et à mesure que les journées s’enchaînent, que le séjour s’allonge. Bien souvent, le retour se fait avant la fermeture des pistes car le client est fatigué ou commence à s’ennuyer : « je rentre plus tôt aujourd’hui, on vient de refaire les mêmes pistes ». Le ludique ne serait-il pas le remède à cette tendance ? Le ludique ne permettrait-il pas de fidéliser une clientèle qui a vécu une expérience particulière et qui fera en sorte de la revivre ? Le ludique n’intéresse-t-il potentiellement pas cette nouvelle génération de skieurs tant convoitée par les stations françaises ?

 

La suite dans le numéro 254 spécial Mountain Planet

 

Photos : © Gilles Baron, © Andyparant

 

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