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Métier en station : Conducteur d’engins de damage

Lundi 12 Avril 2010

Au coeur du travail d’aménagement des pistes, le chauffeur de dameuses est l’architecte du tracé qui définit une piste. En charge du maintien du manteau neigeux, c’est grâce à son travail nocturne que les skieurs peuvent naviguer sur les pistes en toute sécurité dès l’ouverture du domaine. Zoom sur ces conducteurs passionnés qui détiennent les clés de l’entretien des pistes enneigées.

Conducteur d’engins de damage

Son quotidien est plutôt atypique et pour cause, le conducteur d’engins de damage est un oiseau de nuit. Travaillant dans l’ombre alors que les vacanciers ont rangé les skis pour la nuit, il est en effet le seul employé de la station dont la journée de travail débute au coucher du soleil. Pour la plupart des conducteurs, le service se déroule d’environ 17 h à 1 h du matin, un horaire qui varie selon le travail à accomplir mais également en fonction des conditions météorologiques. «Lorsqu’il fait beau temps nous faisons les postes normaux, mais lorsqu‘il fait mauvais, nous travaillons jusqu’à l’ouverture de la station de sorte que les fronts de neige et les pistes soient prêts pour l’arrivée des skieurs : on appelle ça les contre-postes.» explique Alban Martinod, dameur à la Plagne.

Le travail de damage répond à une démarche globale qui relie différents acteurs de la station. Sous la direction du responsable damage, les chauffeurs obéissent à un plan de damage élaboré sur la base des mouvements de neige observés durant la journée par le chef des pistes et les pisteurs, en raison des conditions météorologiques ou de la fréquentation de certains secteurs. Jean-Marc Dominique, dameur sur le domaine de Vars, en a l’habitude :
«A notre prise de poste, nous récupérons notre feuille de route et nous voilà parti.» Et lorsque le service prend fin, tout n’est pas encore terminé «A la fin de notre journée, retour au garage pour faire le plein et l’entretien.»

La passion des engins

Pour beaucoup de ces dameurs, c’est une véritable passion qui se vit au quotidien. Avec de nombreux types de machines, les conducteurs ont le choix, et suivant leur expérience, peuvent prendre les commandes de dameuses standard, treuil, ou encore de machines spécialisées pour les snowparks ou pipes. Bon nombre d’entre eux définissent leur métier comme un métier de passion qui demande motivation et persévérance. Pour Laurent Jamme de Peyragudes par exemple, «On ne peut pas être dameur si l’on n’aime pas ce que l’on fait.» Et Jean-Marc Dominique nous confie « Un jour, je suis monté dans une dameuse et je n’en suis plus descendu».
Ils aiment leur métier et ce pour de nombreuses raisons : pour certains c’est la solitude, le calme de la nuit, pour d’autres c’est la diversité, la mécanique ou encore la satisfaction du résultat.

Un travail soigneux

Conducteur d’engins de damageUn conducteur de dameuses doit développer certaines compétences. Alban Martinod précise que les dameurs se doivent d’être minutieux.
«Ce sont de grosses machines, mais elles sont fragiles, il s’agit d’être vigilant et de ne pas les brusquer. De plus, certains skieurs ne sont pas experts, il faut faire attention à ne pas laisser d’obstacles neigeux sur les pistes. On est un peu des vendeurs de rêve!»
Pour tous, la prudence est de mise. Globalement les risques sont plutôt techniques, les casses mécaniques peuvent en effet paralyser une machine et freiner le travail. Les risques humains sont quant à eux moins importants. «Il existe de moins en moins de difficultés, les engins disposent aujourd’hui de guidage par GPS qui indique les zones dangereuses» précise Laurent Jamme.

Une formation encore mal définie

Conducteur d’engins de damagePour la plupart de ces dameurs, le métier s’apprend de manière pratique, sans formation particulière. «Il faut être motivé. En général ce sont des jeunes gens passionnés et les 3/4 viennent des vallées. On apprend sur le tas avec les anciens et le meilleur endroit pour apprendre c’est sur les pistes.» explique Laurent Jamme. Pourtant, à Serre-Chevalier, une formation au damage s’est développée depuis 2009, une grande première en France. Hervé Ielsch, directeur de cet enseignement, est formateur à part entière sur le domaine et fait partie du groupe de travail Domaine Skiable Formation du SNTF pour la mise en place d’une certification Qualification Professionnelle Damage.
Il nous éclaire sur le rôle d’une telle formation :
«L’idée est de permettre de rendre les jeunes opérationnels plus rapidement. Il nous faut des gens de terrain qui soient prêts à se servir des machines et circuler en toute sécurité. Il s’agit d’apporter aux futurs dameurs des techniques de travail avec des engins qui ont un coût très élevé.» La formation s’étend sur toute la saison et débouche sur un examen dans lequel la pratique tient une grande place. Pour Hervé Ielsch, il est également important de sensibiliser les futurs dameurs à l’environnement.
«Il faut bien avoir à l’esprit les problématiques de consommation de carburant. Il s’agit de leur inculquer des réflexes et notamment concernant la pollution.
Ce sont des valeurs importantes que les dameurs doivent garder à l’esprit.
»

Photos : © DR

Pour en savoir plus sur le métier de Conducteur d’engins de damage

Consultez la fiche métier Conducteur d’engins de damage publiée par l'ONISEP ou regardez la vidéo réalisée par Domaines Skiables de France.

Damage a Valloire sur le secteur Crey du Quart Piste du Stade

 

HISTORIQUE DES MÉTIERS EN STATION DE SKI

 

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