Montagne Leaders fête ses 40 ans : Aménagement & Montagne s’affirme

Mardi 1 Décembre 2015

Daniel Balavoine vient de décéder dans un tragique accident d’hélicoptère lors du Paris-Dakar…On entend « Mon fils, ma bataille » ou « L’Aziza » passer en boucle sur Europe 2, cette nouvelle radio qui vient d’émettre. Décidemment, les évènements tragiques s’enchaînent puisque quelques semaines plus tard, un accident nucléaire majeur intervient à Tchernobyl et, incrédules et impuissants, nous assistons à l’explosion de la navette spatiale américaine Challenger. Heureusement, Top Gun sort en salle…et, surtout la France élimine le Brésil en quart de finale d’un Mondial mexicain qui verra Diego Maradona inscrire les deux buts qui feront de lui une légende vivante : d’abord cette « main de Dieu » puis cette chevauchée fantastique face à l’Angleterre ! Nous vous avions laissé en 1985, entrez avec nous en 1986 et partons ensemble à la découverte, ou plutôt à la redécouverte de cette deuxième décennie d’Aménagement et Montagne et d’aménagement en montagne.

40 ans aménagement et montagne

La loi montagne a été votée en 1985 et s’applique désormais aux massifs français mais c’est surtout l’assemblée générale du SNTF, qui se tient en 1986 dans le Périgord Noir qui retient toutes les attentions. Les problèmes tarifaires tiennent la vedette, dans la perspective de la libération prochaine des tarifs sur les remontées mécaniques, mais surtout après une saison 1985-1986 en demi-teinte pour une majorité des exploitants. Aux Deux Alpes, si la saison a été délicate, le Jandri Express est opérationnel et sera suivi par de nombreuses autres remontées mécaniques, tout comme à Megève qui inaugure la télécabine du Mont d’Arbois ! Pourtant, côté remontées mécaniques, le monde industriel n’est pas à la fête… Montaz-Mautino est en dépôt de bilan… Bernard Drevet prend la tête de l’entreprise et essaye de la sortir du marasme : « La place de Montaz-Mautino est évidente. J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de nos clients, prescripteurs et fournisseurs, je me suis aperçu qu’il y a un phénomène de confiance, une côte d’amour qui joue en notre faveur et c’est fantastique » déclarait-il dans le numéro 61 d’Aménagement et Montagne de décembre 1986. En moins d’un an, la société se remet financièrement, change de nom pour devenir Gimar Société Nouvelle et, se porte acquéreur de Skirail l’année suivante. Mais, c’est sans compter sur Pomagalski et Von Roll qui se positionnent également sur le dossier. Le premier va créer la polémique puisque hors délais, il transmet son offre. Cette dernière sera finalement jugée recevable et, finalement, Skirail entrera dans le giron de la société iséroise Pomagalski au grand dam de Bernard Drevet. La même année et grâce à la manne financière d’EDF, Vaujany se relie au domaine de l’Alpe d’Huez grâce à un téléphérique débrayable. Décidement, 1987 sera marquée par bon nombre de nouveaux appareils. D’ailleurs, Aménagement et Montagne n’hésite pas à qualifier l’année 1987 comme étant « l’année des funiculaires » : le Funival de Val d’Isère est inauguré, les travaux de celui des Arcs débutent, et le tunnel permettant de faire passer celui des 2 Alpes est en cours de construction. Ce qui séduit ? Une fiabilité par tous les temps et des coûts d’exploitation réduits.

Funiculaire les Arcs
Mais, en tant qu’isérois, et oui un petit peu de chauvinisme ne fait jamais de mal, ce que nous retiendrons, c’est la naissance de la commune de Chamrousse. Le 26 octobre 1987, en acceptant de créer la commune de Chamrousse, le Conseil général de l’Isère adopte la seule solution qui autorise la population de cette station à prendre en main sa destinée. Une véritable révolution pour cette station créée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. L’ombre principale au tableau de l’année 1987 ? L’accident de Luz Ardiden, six morts et quarante blessés, qui provoquera le contrôle de plus de 800 remontées mécaniques durant le seul été 1987 !

hamrousse 19487

1988 : Aménagement et Montagne change de dimension

A l’occasion du SAM 1988 et de son numéro 69, A&M, raccourci d’Aménagement et Montagne International, édite une nouvelle formule et change de format en décidant dorénavant de publier un magazine aux dimensions inconnues, ne rentrant dans aucune bibliothèque… bien facile de critiquer aujourd’hui, avec le recul, ce curieux format de 24x33 cm ! Aux manettes de cette nouvelle formule ? Toujours Michel Drappier en tant que directeur de la rédaction mais, l’équipe de la rédaction a évoluée. Olivier Renaud est rédacteur en chef et encadre pas moins de douze journalistes ! A noter que le magazine intègre dorénavant une baseline : Le premier mensuel des professionnels de la montagne… Oui, vous avez bien lu… mensuel. Michel Drappier avait prévenu ses lecteurs dans son édito signé dans le numéro 68 : « Pour Aménagement et Montagne, 1988 sera sûrement l’année des changements : une nouvelle présentation, une nouvelle périodicité, une nouvelle équipe, un nouveau format ». De bimestriel, A&M passe donc à une périodicité mensuelle…autant dire que la montagne est en mouvement, en pleine effervescence et que des choses à dire et à écrire, il y en a ! D’ailleurs, à l’image de son premier numéro polémique, souvenez vous l’enquête sur le Fonds d’Action Locale, ce numéro 69 est marqué par une enquête « Choc » signée Volodia Shahshahani sur un rapport très sévère du SEATM concernant le marché du ski et du tourisme hivernal. La saison de ski n’a pas été formidable, c’est un euphémisme et, le SEATM rend public, après quelques hésitations, un rapport de 1 200 pages lourd de sens.
Autre innovation « maison », A&M créé les « Cristaux d’A&M » qui récompensent les acteurs qui font bouger la montagne française. Ce classement fondé sur le vote des lecteurs est ensuite ratifié par un jury international qui s’est réuni dans le cadre du SAM 1988. Mais 1988 est également marquée par le cinquantième anniversaire du SNTF, par des investissements records sur les domaines skiables français : plus d’un milliard de francs, par la sortie de Bernard Drevet de Montaz-Mautino et la reprise de Gimar.
A noter également, depuis son numéro 75, A&M est diffusé en kiosques !

 

L’histoire continue

minitel : 36-15 des neigesPrésent dans tous les massifs, tant en France qu’à l’international, A&M s’efforce de poursuivre sa marche en avant. Chaque mois, la rédaction se fait fort de proposer enquêtes et sujets de fond et participe toujours à l’accompagnement de l’aménagement en montagne. De nombreuses innovations trouvent écho dans A&M, comme le Gaz.Ex, qui est testé pour la première fois en 1989 aux Ménuires ainsi qu’à Aminona en Suisse. Les hivers sans neige se suivent et, malheureusement se ressemblent. La montagne française s’interroge, tout comme A&M qui se met à étudier le potentiel de la montagne estivale ainsi que la neige de culture. En 1988-1989, Peyragudes, rapprochement de Peyresourde et des Agudes, réalise son premier hiver et se hisse immédiatement dans le Top 10 des stations pyrénéennes. La technologie fait également partie du quotidien des montagnards et séduit jusque dans les centrales de réservations qui font confiance au minitel et au 3615 des neiges pour générer des réservations. L’hiver 1988-1989 est marqué par un nouveau déficit de neige. Il n’en fallait pas plus pour relancer l’avenir des stations, surtout des sites de moyenne montagne, mais existe t-il des alternatives au ski ? A&M s’interroge tout au long de l’année 1989, notamment sur le thermalisme, sur la neige de culture et sur le damage. En parallèle, Bernard Drevet reprend les commandes de Montaz-Moutino et créé Montaz-Mautino-Gimar. 1990 sera l’année du SAM et de la neige de culture. Entre 1979 et 1990, le nombre de stations équipées est passé de 5 à 80 et 21 stations ont franchi le pas pour la seule année 1990. Côté remontées mécaniques, le secteur se remet d’une crise qui l’a fortement secoué mais tous les constructeurs gardent confiance pour l’avenir.

 

Et de 100 pour A&M

Aménagement et montagne n°1001991, A&M fête son 100e numéro. Pour l’occasion, le mensuel bat son record de pagination et revient notamment, au travers de nombreux dossiers, sur 100 ans de population, d’environnement, d’agriculture, d’accès, d’industrie, de remontées mécaniques, de pistes, de neige et de presse en montagne. Au fil de quinze sujets choisis pour témoigner de ce siècle d’aménagement de la montagne, la rédaction d’A&M a pu « mesurer combien les décisions et les options en ce domaine étaient lourdes de conséquence » et pense « qu’il faut avoir toujours présent à l’esprit ces évidences qui souvent sont oubliées au profit des préoccupations à court terme »…le développement durable prend dès lors une place conséquente dans A&M et Michel Drapier fait un promesse : « en montagne, il faut lever la tête pour avancer et voir le soleil, c’est la base de l’optimisme que nous aurons tous pour aborder le XXIe siècle et notre n°1 000, qui nous vous le promettons, sera encore plus beau ». L’année 1991 est également marquée par les 20 ans de l’ANENA et par le « plan de relance de la montagne », présenté le 5 avril 1991 à Chambéry par le ministre du Tourisme, Michel Baylet alors que le chiffre d’affaires des remontées mécaniques enregistre une très forte augmentation de 35%. 1992 marque le début des Jeux d’Albertville, les troisièmes Jeux Olympiques français après Chamonix en 1924 et Grenoble en 1968. Forcément, A&M est de la partie et créée même pour l’occasion Albertville Magazine, un média exclusivement dédié aux Jeux. Dans la foulée de ces Jeux réussis, le SAM reprend ses droits à Grenoble.
1993 sera marquée par la signature de la Convention Alpine par les ministres de l’Environnement de six pays : l’Autriche, la Suisse, l’Italie, la France, le Lichtenstein et l’Allemagne. De son côté, A&M innove encore et propose désormais la couleur à ses pages rédactionnels : A&M voit la vie en couleurs ! Mais ne change pas de ligne éditoriale et s’interroge toujours sur l’avenir de la montagne aménagée, sur les dernières technologies et tendances comme le rôle grandissant des tours opérateurs et sur le surf, cette nouveauté qui attire de nouveaux skieurs en montagne. Sans oublier les éternels « coups de gueule de la rédaction » et ce mémorable numéro 120 titré : « Réglementation, trop c’est trop » A&M crée le Top 100 : un classement des 100 premiers opérateurs de domaines skiables en fonction notamment du chiffre d’affaires.

Mais ce qu’il faudra retenir de 1993, c’est la première place qu’occupe la France en terme de remontées mécaniques. Avec 4 080 remontées, la France possède près de 14 % des appareils. 1994 sera marquée quant à elle par l’arrivée du design en montagne, et surtout, A&M publie sa première enquête relative aux investissements réalisés par les domaines skiables français et abandonne sa périodicité mensuelle. 1995, seconde édition de l’enquête dédié aux investissements et surtout, A&M se lance dans les portraits, consacrés aux pluriactifs, « ces être hybrides sans lesquels la montagne ne pourrait pas vivre »…Une décennie vient de passer. Une décennie d’aménagement en montagne et d’A&M, ce magazine redevenu bimestriel et surtout revenu à un format classique de 21 x 29,7 cm pour « s’adapter à l’évolution du marché et mieux répondre aux préoccupations des professionnels ».

 

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