Montagne Leaders fête ses 40 ans : Aux origines

Vendredi 4 Septembre 2015

Ressortez vos pantalons patte d’eph, vos lunettes démesurées, vos chemises improbables et, exagérons encore un peu le trait, laissez repousser vos moustaches, cap sur les années 70 ! Une soirée costumée ? Non, votre magazine a fêté le 15 juin dernier ses quarante printemps. Dès lors, dans ce premier opus, premier d’une série de cinq, nous vous invitons à faire un bond dans le passé, un saut de quarante ans et à passer au crible la première décennie d’existence de Montagne Leaders qui portait, à l’époque, un autre nom : Aménagement et Montagne.

Michel Drapier. Jacques Bailleux. Gilles Chappaz. Richard Stimamiglio. Photos Collection Aménagement et Montagne

Revenons à une époque où les idées ne fusaient pas sur les réseaux sociaux mais au cours de discussions enflammées, où les textos et autres mails ne remplaçaient pas des échanges francs et directs. Une période où Internet n’était pas né et encore moins les smartphones. Revenons à une période où les Peugeot 204 et Citroën DS côtoyaient les Renault 5 et les Combis Volkswagen, où les DJ de discothèques ne misaient pas sur David Guetta mais sur Boney M, les Bee Gees et autre Village People pour faire monter l’ambiance, où ce n’était pas Justin Bieber mais bien les Pink Floyd et les Beatles qui créaient des émeutes de fans en délire. Revenons à une ère où les contrats se signaient sur un coin de table et où, souvent, une simple poignée de main suffisait pour entériner un projet. À une époque où le taux de chômage ne flirtait pas avec les 10 % mais plutôt avec les 3 %, à un siècle où sans faire de grandes études il était possible de réussir, où les valeurs humaines pesaient plus que le poids d’un diplôme.
Revenons à cette période où les idées les plus folles, les projets les plus fous pouvaient se concrétiser. Revenons aux origines d’Aménagement et Montagne. Revenons là où tout a commencé.

 

Une soirée qui a tout changé

Vous allez sûrement sourire, mais Aménagement et Montagne n’est pas né d’un business plan ou d’une étude de marchés d’un magnat de la presse mais plutôt d’une simple réflexion au cours d’une soirée organisée par un dirigeant de bureau d’études spécialisée en aménagement de la montagne. Michel Drapier reçoit Jacques Baillieux, journaliste, et d’autres amis dont Michel Guérrin, également issu de l’univers des bureaux d’études. Plus personne ne sait sur quoi portait la discussion, sûrement sur la montagne. Nous sommes à Grenoble, en 1974 et les protagonistes sont tous des amateurs de montagne qui la pratique de près ou de loin. L’un d’eux interpelle Michel Drapier. « Tu n’as rien à lire sur la montagne ? Tu n’as pas un magazine qui traite de la montagne et de son aménagement ? ». La réponse de Michel Drapier est limpide et directe « Non, et je ne pense pas que cela existe ». Un des amis de Michel confirme sa réponse mais apporte un nouvel élément : « en France, je crois qu’il n’y a rien, par contre il existe un magazine en Autriche et un en Italie, je regarderais chez moi si je les ai conservés ».
La discussion s’anime, les idées fusent et tout doucement une idée commence à faire un bout de son chemin, celle de créer un magazine dédié à l’aménagement de la montagne française. Tout le monde a un avis et tous les avis sont bons à entendre et surtout à prendre, le projet commence, heure après heure, à se dessiner. Deux jours plus tard, l’ami de Michel Drapier qui avait déjà tenu entre ses mains des magazines étrangers traitant de l’aménagement en montagne revient le voir avec des exemplaires de ces publications. Les deux hommes les analysent et Michel prend une décision, celle de se lancer dans le monde de l’édition. Rappelons qu’à cette époque là, il est encore un novice en la matière, lui qui tient un bureau d’études spécialisé dans l’aménagement en montagne. Le monde de la presse, il en est loin et a tout à apprendre, « je ne savais pas comment fonctionnait cet univers, je n’en connaissais pas les codes et les rouages, je n’avais jamais travaillé dans ce domaine et encore moins écrit d’articles ou pris des photos pour un magazine ».
Et pourtant, il décide de se lancer, bien conseillé par Jacques Baillieux, rappelons-le journaliste de métier et ami proche. Surtout que, même si la montagne française est en effervescence – nous y reviendrons – le monde de la presse écrite subit un passage à vide comme l’avait souligné dans son premier éditorial lorsqu’il évoquait les raisons de la création de ce nouveau périodique « au moment où la presse écrite, à de très rares exceptions près, connaît une crise sérieuse ».

 

L’homme qui a su saisir une opportunité

Si vous lisez cet article, si vous avez pu ouvrir ce numéro de Montagne Leaders, c’est bien parce qu’un homme a su saisir l’opportunité de le créer, de le faire évoluer. Cet homme, ce précurseur un brin visionnaire n’est autre que Michel Drapier, encore président d’honneur de cette publication aujourd’hui présidée par Dominique Verdiel. Né en Dordogne, à Bussac, en décembre 1943, ce fils de résistant quitte sa région natale à six ans pour Paris. Les raisons de ce départ ? Son père est muté dans la capitale et intègre la Direction de la Surveillance du Territoire après avoir longtemps combattu les forces allemandes durant l’occupation. Michel Drapier y fera toutes ses études et y décrochera son diplôme d’ingénieur en charpente métallique. Mais avant de se lancer pleinement dans la vie active, cet accroc d’archéologie part pour un tour d’Europe en stop avec sa femme. À son retour et alors qu’il arrive à Marseille, il se pose quelques jours et imagine sa vie soit à Aix-en-Provence, soit à Annecy, soit à Grenoble. La capitale des Alpes a déposé son dossier de candidature pour les Jeux d’hiver de 1968, cette ville sera donc son point de chute. Pour autant, pas question de s’y installer sans avoir de visibilité professionnelle. Ni une ni deux, il se rend à La Poste de Marseille pour appeler un ami de promotion qui travaille à Fontaine, en Isère, dans une entreprise de charpente métallique et lui demande si une place est vacante dans la société qui l’emploie. Deux jours plus tard, ce dernier le rappelle et lui dit qu’une place l’attend. Voilà donc Michel Drapier à Grenoble, dans son élément, la montagne. 1967, Michel Drapier se fait rattraper par ses obligations civiques et, grâce à un ami bien placé, il intègre le 4ème régiment du Génie détaché aux Jeux de Grenoble.
Son service militaire achevé, il se laisse tenter par le monde de l’architecture et intègre un cabinet grenoblois en 1969 qui l’envoie rapidement à Courchevel, aux Deux Alpes ou encore à La Clusaz pour diriger les chantiers de construction de Club Hôtel. En parallèle, il fonde son bureau d’études spécialisé en aménagement en montagne et côtoie les plus grands aménageurs de l’époque dont un certain Emile Allais. Toujours à la recherche de nouveaux projets, de nouvelles idées à développer, il accepte par l’intermédiaire d’amis, une étude diligentée par Hubert Dubedout qui souhaite créer un salon dédié à l’aménagement en montagne à Grenoble. Le SAM est né et Michel Drapier en sera commissaire général dès sa première édition en 1974.

 

Un contexte malgré tout propice

Si la presse écrite connaît un passage à vide au début des années 1970, le monde de la montagne est en effervescence. Le Plan Neige bat son plein depuis 1964 et l’Etat français l’intensifie en 1971 ce qui participe directement à l’essor de toute une économie, celle de l’aménagement en montagne. Sans station de ski, pas de remontées mécaniques, pas d’enneigement de culture, de sécurité, de damage, de déneigement, de signalétique. De nombreuses entreprises se créent, de nouvelles techniques et technologies apparaissent, la montagne est en effervescence. Pour l’une des premières fois, l’Etat s’intéresse aux territoires de montagne, les regards se tournent vers les sommets de l’ensemble des massifs français. Il était dès lors inconcevable qu’un magazine dédié aux professionnels de la montagne ne voit pas le jour alors que tous les éléments étaient réunis.

Aménagement et montagne

Un premier numéro qui donne le ton

Si l’idée a fait son bout de chemin, on peut même dire qu’elle s’est concrétisée puisque le 15 juin 1975, un nouveau venu est disponible en kiosque. Et pour le réaliser, Michel Drapier s’est bien entouré puisque nombreux sont ceux qui ont mis la main à la pâte. Pêle-mêle, Michel Ballerini, Bruno Cognat, Julien Guerre, Michel Guérrin, Christian Sudret et bien évidemment Jacques Baillieux ont collaboré à ce numéro 1 qui compte modestement 60 pages.
Déjà, ce coup d’essai annonçait les grands thèmes qui vont fournir aux professionnels français l’information de qualité qu’ils attendaient. Mais là où Michel Drapier a fait fort, c’est qu’avec ce premier numéro, il a frappé un grand coup et a interpellé tout une profession en provoquant un véritable « buzz ». Grâce à un contact à la DATAR, il récupère des informations confidentielles et sensibles sur le F.A.L., le Fonds d’Action Locale. A l’origine, le mode d’allocation du F.A.L. a été conçu pour inciter des communes à développer leurs équipements, à investir, à prendre des risques mais il a rapidement abouti à favoriser celles qui disposaient déjà des meilleures atouts. Dans un dossier complet, agrémenté de prises de paroles, la rédaction d’Aménagement et Montagne prenait le risque de dévoiler les dessous du F.A.L. et donnait un avant-goût des numéros à venir et de ce qu’allait devenir Aménagement et Montagne.
Le premier numéro est un succès : cette nouvelle publication intéresse élus locaux et nationaux, préfets et opérateurs de domaines skiables. Sur la même lancée, un deuxième numéro voit le jour le 30 septembre 1975 et marque à nouveau les esprits avec ses dossiers consacrés au développement du Massif Central, au désenclavement des Pyrénées et surtout au stade de neige, thématique étayée par les interviews d’Hubert Dubedout, alors député-maire de Grenoble, de Georges Cumin, directeur du service d’étude de la commission interministérielle d’aménagement touristique de la montagne, de Laurent Chappis, architecte et urbaniste de renom et de Georges Joubert, ancien directeur de l’équipe de France de ski.
Déjà Aménagement et Montagne se distingue et sollicite les grandes figures de l’époque. Malin ce Michel Drapier puisqu’en donnant la parole à des personnalités connues, il sait que son magazine sera lu, d’autant plus quand il intègre des dossiers pertinents et intéressants. Petite anecdote, qui n’en est en fait pas une, les interviews sont signés par Michel Drapier lui-même, qui prend de plus en plus goût à la rédaction et au journalisme. Le troisième numéro est édité en novembre 1975 et intègre un nouveau venu : Christian Montaz, le même qui dirige actuellement Montaz Equipement et qui fera partie de l’aventure originelle d’Aménagement et Montagne.
Si la rédaction trouve ses marques et se rode, côté montage, Michel Drapier fait toute confiance à un jeune plein d’avenir : Richard Stimamiglio, dit Stim. Graphiste et directeur artistique de métier, artiste à ses heures, il est présenté à Michel Drapier par Jacques Bailleux en 1975. Leur rencontre fut improbable, leur histoire tout autant. Et pourtant, une véritable amitié va naître entre les deux hommes qui ne se quitteront plus et qui sont encore très proches aujourd’hui. Stim va s’investir pour Aménagement et Montagne, en a dessiné les contours, a apporté son style et sa rigueur et a maquetté tous les numéros, sauf peut-être un ou deux, jusqu’à celui-ci : 40 années dédiées à cette publication, un record de longévité, une véritable mémoire vivante de l’aménagement en montagne, de l’histoire d’Aménagement et Montagne et du montage de magazine. Car oui, à l’époque pas d’ordinateur pour monter les fichiers, créer des effets, ajouter ou supprimer des photos. Pas d’Internet pour envoyer des fichiers… Vous êtes curieux de savoir comment se réalisait un magazine à l’époque ? Nous reviendrons sur cette prouesse dans un prochain opus…

Un investissement de tous les instants

Entre le troisième et le quatrième numéro d’Aménagement et Montagne, Michel Drapier prend une décision qui va changer sa vie : celle de basculer vers l’édition et d’abandonner progressivement son bureau d’études. Il finit les chantiers en cours et n’accepte plus, ou presque, d’affaires. Le monde de la presse l’intéresse, il va se dédier corps et âme à ce nouveau métier. C’est à 32 ans qu’il prend cette décision : « quand j’ai un truc en tête, j’y vais à fond. Il faut savoir suivre cette idée jusqu’au bout ». Pourtant, son bureau d’études fonctionne, son activité est lucrative et il sait pertinemment qu’il ne pourra pas vivre du seul Aménagement et Montagne. Qu’importe, sa décision est prise et Michel n’est pas le genre d’homme à faire machine arrière quand il prend une décision. Il se lance donc à corps perdu dans l’aventure Aménagement et Montagne, cumule les rendez-vous, les visites en station, les interviews et apprend vite le métier de journaliste et de patron de presse. Son objectif ? Se faire connaître mais surtout faire connaître son magazine. Si la montagne est en mouvement, lui aussi et il ne rate jamais une occasion de s’investir dans ce monde qu’il affectionne, qu’il aime passionnément.
En 1976, le magazine intègre un nouveau rédacteur en chef : Gilles Chapaz. C’est Christian Montaz qui conseille à Michel Drapier de recevoir ce jeune sportif plein d’avenir. Michel Drapier est séduit par le personnage et décide de lui confier les clés de la ligne éditoriale. Ce dernier ira même couvrir le célèbre discours de Vallouise de Valéry Giscard D’Estaing dans le numéro 12 d’Aménagement et Montagne. Entre Michel Drapier et Gilles Chappaz, le courant passe et avec Stim, ils forment un trio qui va œuvrer au profit de l’aménagement en montagne avant que Gilles Chappaz ne quitte la rédaction d’Aménagement et Montagne pour celle de Montagne Magazine, un titre plus orienté vers le grand public créé par Michel Drapier. Car oui, ce dernier apprend vite et n’hésite pas à se servir de son expérience acquise avec Aménagement et Montagne pour créer de nouveaux titres de presse.
Au fil du temps, il étend son réseau, fait de nouvelles rencontres grâce à ses nombreux voyages, passent beaucoup de temps en montagne et pense à l’avenir.
À l’apogée de sa carrière de patron de presse, car cet homme a eu plusieurs vies, Michel Drapier possédait dix-huit magazines et continuait, en parallèle, d’être commissaire général du SAM, un salon qu’il a lui même créé et d’accepter ponctuellement des missions pour son bureau d’études qu’il a toujours conservé. Mais au final, Michel Drapier n’a conservé qu’un titre jusqu’en 2008 : Aménagement et Montagne, son premier magazine. Les autres ? Il les a cédés progressivement, au rythme de sa vie.

Aénagement et Monatgne

D’Aménagement et Montagne à AM International

Dans son numéro 18 publié en mars 1979, les lecteurs découvrent une nouvelle maquette signée Stim mais surtout un nouveau logo. Une première évolution pour ce magazine créé 46 mois auparavant. Certes « les aléas de l’informatique ou un bouclage difficile » n’ont pas toujours rendu la tâche facile à Michel Drapier mais le magazine tourne bien, la diffusion s’accroît car les lecteurs sont au rendez-vous. Dans cette nouvelle formule, le contenu évolue également et prend de plus en plus le parti du tourisme en montagne et sera encore plus au service des différentes professions de la neige. Qui plus est, la périodicité passe à six numéros par an. Huit numéros plus tard, Aménagement et Montagne évolue encore et devient AM International. Les raisons ?
Demandons à Michel Drapier ou plutôt, portons une attention toute particulière à l’éditorial qu’il a signé. « Depuis cinq ans la revue Aménagement et Montagne a fait son petit bout de chemin dans le monde, que ce soit au Chili, aux U.S.A., au Québec, dans la totalité des pays alpins, en Corée du Nord, en Algérie et au Maroc, en Nouvelle Zélande ou en Australie ; il n’est pas rare de trouver un exemplaire d’Aménagement et Montagne  sur le bureau d’un responsable de ski ou de remontées mécaniques. Jusqu’alors la barrière de la langue demeurait le seul obstacle qui freinait le nombre d’abonnés à l’étranger. Nous avons examiné ce problème et avons décidé d’y apporter la solution. A compter de ce numéro, Aménagement et Montagne devient A.M. International et un encart édité en quatre langues : anglais, allemand, espagnol, italien, sera joint dans chacun des exemplaires destinés à l’étranger. La France se dote ainsi d’un grand média international qui permettra à toute une industrie de la neige, mais aussi aux stations de sports d’hiver, de s’adresser régulièrement aux responsables de tous ces pays concernés par le ski ».
Michel Drapier avait compris, très tôt et bien avant les autres, que la France se devait d’exporter son savoir-faire en matière d’aménagement en montagne, que la France n’était pas le seul territoire à voir ses montagnes évoluer et être peu à peu aménagées. Cet homme est un précurseur, un visionnaire qui a beaucoup voyagé pour apprendre, pour découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux massifs. Michel Drapier est allé à la rencontre des montagnards du monde entier et a fidèlement restitué cet esprit dans AM International.
Ce magazine a trouvé ses origines dans une histoire d’hommes, celle d’une bande de copains insouciants et d’un être qui a dédié une immense partie de sa vie à la montagne, à son aménagement et à son économie puisque dès 1977, Michel Drapier a une nouvelle idée, celle de créer « la statioscopie » qui deviendra un classement au fil des ans, des stations massif par massif : un tableau de bord unique au monde qui renseigne tous les éléments qui font l’économie d’une station de sports d’hiver ; l’ancêtre du « Top 100 ».

Aménagement et Montagne

1975-1985, une décennie d’aménagement de la montagne

L’objectif du fil rouge que nous vous proposons de suivre est de faire un retour en arrière en cinq actes, de passer au crible quarante
années d’aménagement en montagne et de se projeter vers la décennie à venir. Dans ce premier opus, après avoir évoqué la création d’Aménagement et Montagne qui deviendra Montagne Leaders, intéressons-nous à la première décennie, à la période 1975-1985 côté aménagement. Que s’est il passé durant ces dix ans ? Quels ont été les faits marquants, les réalisations importantes ? Plongeons dans dix années d’Aménagement et Montagne, car c’est bien ce magazine qui a accompagné entreprises et acteurs dans l’aménagement de la montagne. L’entreprise est bien difficile. Que doit-on retenir de cette première décennie ?
Tentons un inventaire à la Prévert pour essayer d’être le plus exhaustif possible. Si 1975 est marquée par la création d’Aménagement et Montagne, elle a également vu les Karellis et La Joue du Loup ouvrir leurs portes. L’année suivante sera quant à elle marquée par la réalisation de nombreuses liaisons inter-domaines comme Risoul-Vars, la Foux d’Allos, La Mongie-Barèges, Flaine-Samoëns, Araches Les Carroz-Morillon ou encore Villard-de-Lans – Corrençon. Mais, 1976 verra également les inaugurations du nouveau téléphérique de la Bastille à Grenoble et du téléphérique des Vallons de la Meije à La Grave et sera marquée par l’inauguration de la station de Valmorel. 1977 voit le premier « Top 100 » qui ne concernait alors que 90 stations apparaître, et est surtout marquée par le célèbre discours de Vallouise, de Valérie Giscard d’Estaing, qui portera un coup d’arrêt au Plan Neige.
1978 sera quant à elle marquée par l’apparition des loisirs d’été dans les stations de sport d’hiver, par l’ouverture des glaciers de La Plagne aux skieurs après 10 ans d’observations et d’études de glaciologie menées par le CNRS de Grenoble et par la tenue du troisième SAM. 1979, le SNTF, ancêtre de DSF, déménage son siège de Paris à Meylan. La même année, Aménagement et Montagne s’intéresse de près à de nombreuses innovations en matière de billetterie, de neige de culture et d’engins de damage et Chamonix inaugure la télécabine 6 places de Planpraz. Le STRM est également créé.
1980 voit bien entendu le SAM reprendre ses quartiers à Grenoble et surtout voit le tunnel du Fréjus inauguré. L’année suivante, c’est la mise en service du téléphérique du Pic Blanc à Huez qui est à noter. En 1982, c’est au tour du téléphérique du Plateau de Bure d’être inauguré, tout comme le téléphérique de l’Aiguille Rouge et celui de la Cime Caron. En parallèle, le SAM reprend ses droits, toujours sous la houlette de Michel Drapier.
1983 sera un tournant puisque pour la première fois dans la profession, une femme devient guide de haute-montagne, la loi Montagne se prépare et Villard de Lans se dote de l’installation de neige de culture automatique la plus importante d’Europe. C’est également en 1983 que les premiers rapprochements entre la France et la Chine s’opèrent en matière de coopération touristique notamment dans le domaine des sports d’hiver. L’année suivante sera marquée par la création de l’ANEM et par la signature par Poma d’un important contrat avec la station des 2 Alpes en vu de relier directement la station au glacier du Jandri par un téléphérique débrayable en deux tronçons. 1985 est bien évidemment l’année de l’adoption de la loi Montagne mais sera également marquée par la naissance de la station de Val Landry et par la liaison entre Le Corbier et La Toussuire.
Sur cette première décennie, Aménagement et Montagne a été sur tous les fronts, sur tous les massifs et tous les continents. Un accompagnement de tous les instants s’est bien entendu poursuivi… À suivre dans le prochain épisode…

 

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