Prenez-en de la graine !

Lundi 28 Juillet 2014

« Que la montagne est belle » chantait Jean-Ferrat. L’hiver, teintée d’un blanc immaculé et l’été ? D’un vert saisissant, apaisant, faisant écho à la nature vierge et préservée. Mais si la montagne estivale est belle, verdissante et réjouissante c’est bien grâce aux décideurs, opérateurs de remontées mécaniques, aux professionnels de la revégétalisation.

revégétalisation des espaces montagnards

N’en déplaise aux critiques et autres extrémistes environnementaux, ce n’est pas parce que la montagne est aménagée qu’elle est souillée, dénaturée ou encore détériorée ou dégradée. Désormais, et cela est acté depuis bien des années, l’été est commercialisé. Dès lors, les chantiers, essentiels, pour moderniser et sécuriser un domaine, ne doivent et ne peuvent laisser une cicatrice visible sur le paysage. Les dirigeants et autres professionnels de la montagne œuvrent et travaillent bien souvent en montagne car ils la pratiquent et l’aiment. N’allez pas leur dire qu’ils la sabotent car c’est bien souvent l’inverse.

Il y a quatre ans, presque jour pour jour, Montagne Leaders dédiait son numéro 220 à la revégétalisation des espaces montagnards, des pistes de ski. Revenons un peu sur ce terme que vous connaissez tous ou presque. La revégétalisation est simplement l’opération visant à introduire une strate herbacée ou arborée dans un site afin de l’insérer dans le paysage et de limiter les impacts négatifs sur l’environnement. Il s’agit donc d’un processus volontaire de replantation et de reconstitution du sol des terrains perturbés par l’homme. Aujourd’hui une nécessité voire une évidence, cette technique ne l’a pourtant pas toujours été. Mais ça, c’était avant et, surtout, nous vous avons déjà fait l’histoire ! Ici, contrairement au dossier que nous avions réalisé en 2010, il n’est pas question de revenir sur les différentes techniques de revégétalisation, mais plutôt sur les graines, les semences qui vont venir, jour après jour, verdir le paysage, lui donner ou redonner son aspect originel.

 

Un cadre législatif strict

revégétalisation des espaces montagnardsC’est la loi Barnier du 2 février 1995, relative au renforcement de la protection de l’environnement qui a commencé à poser un cadre législatif strict dans son article 56. Ce dernier modifiait et complétait l’article L. 211-3 du Code rural, article qui a ensuite été inscrit dans le Code rural et de la pêche maritime lors de l’abrogation du Code rural. Mais le méandre de cet article ne s’arrête pas là puisqu’il a ensuite disparu du Code rural et de la pêche maritime pour être finalement inscrit dans le Code de l’environnement sous l’article L.411-3 et modifié par l’ordonnance n°2013-714 du 5 août 2013. Désormais, cet article dispose qu’ « afin de ne porter préjudice ni aux milieux naturels ni aux usages qui leur sont associés, ni à la faune et à la flore sauvages, est interdite l’introduction dans le milieu naturel, volontaire, par négligence ou par imprudence, de tout spécimen d’une espèce végétale à la fois non indigène au territoire d’introduction et non cultivée, dont la liste est fixée par arrêté conjoint du ministre chargé de la protection de la nature et, soit du ministre chargé de l’agriculture soit, lorsqu’il s’agit d’espèces marines, du ministre chargé des pêches maritimes ».
Mais bien avant la loi Barnier, de nombreux acteurs du monde de la montagne avaient déjà opté pour des semences locales permettant une adaptabilité excellente au milieu concerné. Loin d’être exhaustif, nous sommes allés à la recherche des solutions utilisées localement.
Le succès de l’enherbement en milieu montagnard n’est pas chose aisée. Il peut en effet être influencé par de nombreux facteurs :
aridité du sol, érosion due au vent, à la pluie, les températures basses, les fortes pentes, la courte durée de la période végétative… Tous ces facteurs empêchent bien souvent d’obtenir une germination rapide. Il s’avère donc utile de protéger les graines semées via une couche de foin ; c’est le semis avec paillage.
revégétalisation des espaces montagnardsCette technique a pour effet de créer une couche d’air humide tout près du sol ce qui permet de limiter la surchauffe de la surface pendant les heures les plus chaudes du jour et de contrecarrer le desséchement causé par le vent. Ainsi, on obtient des conditions favorables à une activité biologique des plantes plus constante, surtout à l’époque des stades phénologiques plus sensibles (germination et croissance des plantules). La distribution sur un terrain ressemé d’une couche homogène de foin (500-700 g/m2), permet d’obtenir, après un peu plus d’un mois, une croissance qu’on atteindrait, autrement, après une période végétative de 5-6 mois.
Le paillage exerce également un rôle important dans la protection du sol contre l’érosion due à la pluie. L’humidité retenue par la couche de foin est relâchée graduellement, intégrant ainsi celle du sol qui se forme par condensation et stimulant encore plus la croissance.
 La question des semences locales destinées à la revégétalisation des zones de montagne suite à des travaux se pose dans tous les massifs et chacun essaye à son échelle, de mettre en place des programmes, des solutions. Petit tour d’horizon non exhaustif des exemples sur pieds.

 

Ecovars ou la revégétalisation écologique

Dans les Pyrénées, tout commence dans les années 1980. Sous l’impulsion du parc national des Pyrénées et du CEMAGREF, une mise en culture d’espèces alpines et sub-alpines a été réalisée à des fins de revégétalisation des espaces naturels de montagne. C’est ensuite le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées qui a pris le relais. En 1998, ce dernier a lancé une vaste étude du marché de la revégétalisation et a donné l’impulsion à un projet de filière de production de semences d’origine locale destinées à la restauration des sites. En 2000, le Conservatoire botanique passe à la vitesse supérieure, conclut de nombreux partenariats et mène conjointement des études ayant pour thématiques l’écologie, la revégétalisation, afin de déterminer une première liste d’espèces et de procéder à l’implantation d’espèces pyrénéennes dans les domaines skiables. Mais c’est en 2003 que ces actions vont prendre un nouveau tournant avec le programme Ecovars. Ce dernier a permis d’étudier la mise en culture d’espèces alpines et sub-alpines choisies en collaboration notamment avec la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences. En 2005, Ecovars 2 a associé l’INRA de Toulouse et le Service d’utilité agricole interchambres d’agriculture des Pyrénées au Conservatoire botanique dans une « démarche globale visant à promouvoir la conservation, la valorisation et la restauration de la flore sauvage dans les opérations d’aménagement en altitude ». A l’issue de ce programme, collectivités, organismes forestiers et plusieurs opérateurs de domaines skiables, dont Ax 3 Domaines, Peyragudes, le Tourmalet et N’PY, sont devenus moteurs de la démarche, ce qui a permis la genèse du programme Ecovars+.
Ce nouveau programme, qui assure la continuité des précédents, vise à assurer le transfert des savoir-faire en matière de revégétalisation et de multiplication des semences. Ecovars+ a en outre permis l’émergence et la mise en application de trois projets dont la multiplication de semences sauvages en partenariat avec l’association d’insertion Estivade d’Aspe-Pyrénées et la récolte insitu de semences sauvages par les domaines skiables du groupe N’PY.
revégétalisation des espaces montagnards

 

Pyrénées : Oui à la réintroduction de semences, mais des semences locales !

Le postulat de départ est simple : pour une revégétalisation réussie, il est bien souvent nécessaire d’introduire des espèces végétales locales. Pourquoi ? Tout simplement car toutes les semences ne sont pas adaptées aux contraintes montagnardes dont l’altitude, la pente, l’érosion hydrique ou encore le climat. Qui plus est, certaines graines peuvent conduire à une modification des écosystèmes ou encore à l’apparition de nouvelles espèces ou de nouveaux écotypes. Le plus souvent, l’utilisation de semences inadaptées à la montagne conduit inévitablement à la disparition lente mais certaine des espèces semées à court ou moyen terme.
Dans un marché des semences qui s’est mondialisé, les utilisateurs et acheteurs se retrouvent confrontés à un vaste choix souvent inadapté à leurs besoins. Dès lors, il devenait indispensable, voire primordial, de créer une filière et une variété de semence qui puisse s’adapter aux milieux concernés. Les Pyrénées en rêvait, ils l’ont fait ! Dans la continuité du programme Ecovars+, une marque collective est née. Avec « Pyrégraine de nèou », nèou pour neige en occitan, la restauration écologique des Pyrénées est en bonne voie. Puisque la réussite de la revégétalisation en altitude est fortement dépendante de la qualité des graines semées, les acteurs pyrénéens se sont fortement mobilisés pour qu’émerge une marque qui fasse référence. Les semences estampillées « Pyrégraine de nèou » peuvent ainsi s’adapter et se développer facilement, lutter contre l’érosion, s’adapter aux conditions climatiques et se maintenir sur des pentes tout en assurant une meilleure conservation de la neige.
En utilisant des espèces locales et donc des semis « Pyrégraine de nèou », à surface égale, il faut deux fois moins de semences locales que de mélanges commerciaux. Qui plus est, elles garantissent également un meilleur taux de recouvrement et ne nécessitent que de très faibles doses de fertilisants. Avec « Pyrégraine de nèou » il est devenu possible de revégétaliser toutes les surfaces en respectant le patrimoine végétal pyrénéen. Pour Jérôme Mitjana du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, « la démarche qui a conduit à créer la marque « Pyrégraine de nèou » améliore l’efficacité technique des revégétalisations en altitude. Ces semences sont mieux adaptées au contexte montagnard, garantissent un meilleur résultat, un avantage économique à long terme. On évite les sursemis et les fertilisations complémentaires ». En effet, les espèces sauvages retenues pour la revégétalisation sont communes dans l’ensemble des Pyrénées ce qui garantit un succès dans l’ensemble des stations. Et concrètement ? Comment cela fonctionne ? Au printemps, quelques estives situées sur les domaines skiables de La Pierre-Saint-Martin, Luz-Ardiden, Gourette, Grand-Tourmalet, Peyragudes et Piau-Engaly sont mises en défens pour laisser les plantes produire toutes leurs graines. Elles sont « brossées » mécaniquement en juillet-août, une fois les semences mûres, avant d’être ouvertes au pâturage. Les graines sont séchées puis semées sur des surfaces à revégétaliser.

 

Concrètement, sur le terrain

Des productions de semences collectées en altitude ont été initiées localement, notamment par une association d’insertion dans la vallée d’Aspe. Sur des domaines skiables des récoltes mécanisées de semences locales ont été mis en place pour une utilisation directe en revégétalisation. D’autres domaines se sont équipés d’un SIG de gestion de la biodiversité et planification des opérations de revégétalisation sur leur territoire. Pour développer les activités touristiques en montagne tout en étant acteur de la conservation des sites et de leur biodiversité. Les domaines skiables N’PY engagés dans la démarche ont développé eux-mêmes une professionnalisation de la récolte des semences mécanisées, en intégrant toutes les étapes, en valorisant la ressource en graines de leur domaine skiable et en s’organisant pour exploiter durablement, en partenariat avec les besoins des associations pastorales locales.
revégétalisation des espaces montagnardsD’autres domaines skiables, comme les Vallées d’Ax, se sont engagés dans une conservation de la biodiversité au travers d’un outil SIG et, connaissent aujourd’hui les atouts de leur territoire ainsi que la sensibilité en matière de flore et de faune. Le SIG leur permet d’éviter d’impacter les zones sensibles dès la définition des projets, très en amont de l’aménagement lui-même. Conscients de l’intérêt d’utiliser des semences d’origine pyrénéenne, certains ont mis en œuvre des techniques de collecte et de multiplication des semences. Les domaines skiables du groupe N’PY récoltent insitu, depuis 2008, des semences de pelouses et de prairies d’altitude pour les utiliser en revégétalisation sur des sites aménagés. A l’aide d’un quad et d’une machine équipée d’une brosse rotative, ils ont récoltés 223 kg de semences sur 13 parcelles selon le bilan des récoltes effectuées par les domaines skiables du groupe N’PY. En quatre ans, cette technique a permis de revégétaliser plus de 2 ha de sites terrassés avec des couvertures végétales qui contribueront à la reconstitution des habitats naturels. Côtés résultats, il n’y a pas de comparaison possible avec des semences commerciales : 72 %
de couvert végétal grâce à des semences sauvages des Pyrénées contre 54 % avec des semis de semences commerciales. Qui plus est, pour atteindre ces résultats, il n’aura fallu que 100 kg/ha pour les premiers contre 250 kg/ha pour le deuxième.

 

Le programme Alp’Grain

Le projet Alp’Grain vise à évaluer la pertinence et la faisabilité de la création d’une filière de récolte de semences locales dans les Alpes françaises et italiennes. Un des objectifs majeurs de ce projet est d’y associer des agriculteurs de montagne. La création d’une telle filière aboutirait à un produit local d’intérêt pour les aménageurs, mais aussi pour les producteurs. Enfin, cela permettrait aussi la revalorisation de zones abandonnées. La baisse de revenus agricoles, notamment dans les régions de montagne, peut conduire les agriculteurs à diversifier leurs sources de revenus. La création d’une filière de production de semences locales en montagne constituerait une opportunité supplémentaire, affichant de surcroît des objectifs environnementaux bien identifiés et reconnus par les collectivités territoriales. Les anciens prés de fauches pourraient être revalorisés par la production et la récolte de semences. Une typologie transfrontalière des végétations d’alpage en zone intra alpine, réalisée en 2006, servira de base, dans sa zone de validité, pour la classification des zones de récolte de semences locales. Ces considérations ont amené l’Irstea en France et l’Institut Agricole Régional en Italie à présenter ensemble, dans le cadre du programme franco-italien Alcotra, le projet Alp’Grain.
Ce projet a pour vocation de contribuer à :
offrir, après une étude de marché, une diversification des revenus agricoles ;
répondre à une demande croissante de fourniture de semences locales pour les travaux de revégétalisation ;
revaloriser des zones de montagne abandonnées ou sous-utilisées ;
proposer aux aménageurs des semences locales, adaptées aux conditions et milieux alpins, par la création d’une filière de production de semences locales dans les Alpes.

 

Quid des machines ?

Les différentes méthodes disponibles pour la récolte des semences herbacées provenant de prairies semi-naturelles diffèrent par leurs caractéristiques techniques et par leur rendement biologique.
Les techniques « à grande quantité de biomasse », (récolte d’herbe ou de foin), nécessitent des machines généralement disponibles dans les exploitations agricoles et utilisables même en situation de forte pente. Le produit obtenu est en même temps un matériel de propagation et un matériel de mulching et il est, ainsi, très adapté pour la restauration écologique des surfaces en pente qui nécessite une protection accrue. Concernant le rendement des récoltes, les deux techniques présentent une sélection des espèces réduite, même si la récolte d’herbe permet de récolter des quantités de semences plus importantes.
Les techniques « quantité de biomasse réduite », (battage ou brossage), nécessitent des machines spécifiques qui peuvent avoir des coûts élevés. Mais les machines utilisées en la matière s’adaptent moins facilement aux conditions les plus difficiles.
Les techniques « topsoil » (récolte d’une couche superficielle de sol et de récolte de mottes) sont conseillées seulement quand la destruction du site donneur est inévitable.

 

Semences du Mont-Blanc

Ce projet s’articule autour de la récolte, la mise en culture et l’utilisation de matériel semencier issus de plantes sauvages indigènes collectées dans les prairies de montagne. Débuté autour d’un appel à projet de la Stratégie Nationale Biodiversité en 2012, le projet se développe dans le cadre d’un programme INTEREG franco-suisse qui court jusqu’en 2015. Quatre institutions sont impliquées : la société OH Semences qui apporte ses savoir-faire et son expérience de semencier ; l’ESAT de la ferme de Chosal qui recherche la diversification de productions pour les personnes en situation de handicap. L’ESAT propose en effet des réponses nouvelles aux obligations d’insertion professionnelle notamment en répondant aux demandes en termes de génie végétal ; la Société d’Economie Alpestre (SEA), elle apporte son ingénierie technique, financière et administrative pour la réalisation des travaux d’amélioration pastorale et d’accueil du public en montagne ; la Haute Ecole du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture (HEPIA), qui comprend une filière Agronomie et Gestion de la nature pour la formation des praticiens à l’environnement.
Avec ce projet, il s’agit de mutualiser les ressources scientifiques et les acteurs économiques, territoriaux pour proposer un matériau semencier d’origine locale afin d’accompagner les maîtres d’ouvrage dans leurs travaux d’altitude et de mettre en œuvre des expérimentations dans les prairies de montagne. Les actions sont multiples. Il s’agit tout d’abord de définir les typologies de prairies dans les milieux d’altitude, de pratiquer des collectes de semence et de les mettre en culture. Après avoir identifier les maîtres d’ouvrage désireux d’utiliser des semences locales, il s’agira de leur faire tester sur site les mélanges adaptés et labéllisés.
revégétalisation des espaces montagnards

 

Jean-Marc Petit Responsable bâtiments et paysages de la SAP (La Plagne)

Cela fait maintenant quelques années que la SAP mène un travail de fond dans le but de réintroduire des espèces sauvages locales au moment des opérations de revégétalisation découlant des différents travaux sur le domaine skiable. En étroite collaboration avec l’Irstea, l’idée est de récupérer des graines régionales voire locales, issues des récoltes des différents alpages de la station afin de réengazonner avec des espèces indigènes. La difficulté : la récolte justement. Il faut trouver des machines capables de ramasser ces graines. La SAP travaille donc avec les alpagistes pour mettre au point, adapter, la machine qui fera mouche. L’autre difficulté, c’est l’équation entre besoins réels et matière à disposition localement. Avant de trouver des solutions pérennes et de plus grandes ampleurs, place au système D et aux techniques du passé. Nous récupérons par exemple les poussières de grange : après l’hiver passé au grenier, des poussières se déposent au sol et elles sont riches en graines que nous récoltons et que nous pouvons replanter sur nos opérations de revégétalisation. Pour le moment, nous nous fournissons auprès de petites sociétés de semenciers, qui produisent des semences plus respectueuses pour l’environnement et notre écosystème montagnard, cela en attendant de pouvoir produire localement nos semences.

 

Twitter Facebook Google Plus Linkedin  

Jeudi 23 Mai 2019

Next Tourisme 2019 : « Destination expériences - Optimiser le parcours, valoriser le voyage »,
Paris (France)

Du 23 au 24 mai 2019

6e Conférence de l’Association francophone de management du tourisme,
Perpignan (France)

Du 23 au 24 mai 2019

10es Rendez-vous de l’UNAT « L’utilité publique du tourisme, l’utilité sociale des vacances »,
Carqueiranne (France)

Du 28 au 30 mai 2019

Congrès des stations de ski du Québec (au Chateau Bromont),
Cantons-de-l’Est (Canada)