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Ski indoor : un marché ouvert

Mercredi 29 Avril 2020

Les ski-dômes n’ont plus de limites. Les structures spécifiques, comme Amnéville, laissent peu à peu la place à des méga-complexes à l’instar d’Harbin, en Chine. Le concept ski indoor a considérablement évolué pour mieux s’intégrer à des centres commerciaux pharaoniques. Outil commercial ou loisir à part entière ? Tour d’horizon des montagnes sous cloche.

Ski indoor : un marché ouvert

De la Chine au Brésil, en passant par l’Égypte, l’Europe ou Singapour, près de 70 ski-dômes sont exploités dans le monde. Il est donc possible de skier tous les jours de l’année sur tous les continents du globe.
Aujourd’hui, le marché du ski indoor est dominé sans commune mesure par la Chine, avec le Harbin Sunac Snow World, plus grosse station du monde, et le Sunac Snow Park à Guangzhou qui possède la première télécabine indoor. Et la donne n’est pas près de changer puisqu’en 2022, le projet WintaStar (90 000 m²) à Shanghai viendra déloger Harbin. Car depuis que Pékin a été choisie par le CIO comme ville hôte des Jeux olympiques d’hiver de 2022, le ski en Chine est en forte croissance et les complexes indoor connaissent un essor retentissant. Si ces structures colossales intégrées à des centres commerciaux gigantesques sont avant tout des outils commerciaux, ils contribuent à leur échelle, au développement de la pratique du ski au sein de la population chinoise. Les deux plus récents ski-dômes ont eux été construits dans des pays déjà conquis par le ski : Big Snow American Dream, le tout premier centre indoor des États-Unis inauguré le 5 décembre 2019 par Lindsey Vonn, qui vise l’accueil de 600 000 clients pour sa première année d’exploitation, et SNØ à Oslo, ouvert le 15 janvier dernier, qui a détrôné SnowWorld Landgraaf (Pays-Bas) du titre de plus gros ski-dôme d’Europe. SNØ a surtout l’ambition de devenir la station indoor la plus éco-responsable. Car comment ne pas se poser la question environnementale pour des structures indoor qui doivent produire de la neige en quantité et surtout maintenir une température comprise entre -6 et -2 °C.
À l’heure où le bilan carbone et les normes environnementales sont inhérents à chaque projet immobilier ou touristique, il est intéressant de constater que les pays européens n’investissent plus dans de telles infrastructures, si ce n’est Oslo. Il suffit d’observer le tollé suscité par les projets de Tignes ou de SnowGames à Lessines (Belgique) désormais enterrés.

Dubaï la pionnière
Avant la frénésie chinoise, Dubaï a été la tête de gondole des structures indoor. Quelle folie d’aller implanter un dôme de ski dans le désert des Émirats arabes unis. « L’idée était d’amener la neige à Dubaï. On aurait plutôt dû l’appeler Snow Dubaï
plutôt que Ski Dubaï car les Dubaïotes voulaient surtout voir la neige, la toucher et faire de la luge. La structure était pensée pour accueillir 80 % de skieurs et 20 % de piétons, or, sur la fréquentation c’est l’exact opposé qui se traduisait, puisque chaque année, nous accueillions 600 000 piétons », précise Lucas Marchand, chef des opérations à Ski Dubaï de 2004 à 2010. L’actuel directeur général des Portes du Mont-Blanc, insiste bien sur le fait qu’on ne peut pas faire de règle générale pour les ski-dômes. Le pays d’implantation et sa culture ont un impact majeur sur l’approche commerciale à adopter. D’où l’importance aujourd’hui pour les Chinois, de scénariser, d’offrir du rêve aux clients afin de leur faire découvrir à la fois la neige et la pratique du ski.

Entre loisirs et sport, la logique européenne
En France, où près de 15 % de la population pratique le ski, la problématique culturelle est écartée d’emblée. Depuis sa construction en 2005, le Snowhall reste à
ce jour la seule structure indoor de France et conserve avec ses 620 m le record de la piste indoor la plus longue du monde.
Repris par la société vosgienne Labellemontagne en octobre 2018, le Snowhall veut s’inscrire dans une logique de tourisme
4 saisons tout en captant un public local qui doit faire face à des hivers plus doux et au manque de neige. Une logique semblable à SNØ qui fait également la part belle aux sportifs de haut niveau et notamment à l’équipe de France de slalom qui
vient régulièrement s’entraîner à Amnéville sur la période estivale.
« En venant ici durant l’été, on recherche des bonnes conditions. Quand on vient dans un dôme, on sait ce que l’on a. Quand on prévoit de faire trois jours et que les conditions sont plutôt bonnes, voire excellentes, c’est un avantage », confiait Alexis Pinturault, leader des Bleus, en 2018 à l’Est Républicain. SnowWorld aux Pays-Bas, a même une piste homologuée FIS, les Espagnols utilisent SnowZone à Madrid, tandis qu’en Grande-Bretagne les structures in
door sont capitales dans la pratique compétitive.
Aujourd’hui, il apparaît donc clairement des approches différentes en fonction du pays d’implantation du ski-dôme. D’une attraction phare de centre commercial vecteur de développement en Asie par exemple, il peut également être un réel outil sportif dans les pays à culture ski. Dans tous les cas, à l’heure où la neige se fait plus rare, des Alpes aux montagnes scandinaves, et où l’imaginaire collectif a du mal à concevoir le ski dans une halle géante réfrigérée, les structures indoor peuvent indéniablement avoir un rôle dans l’accès ou la découverte des sports d’hiver.
Léo Guilbert

 

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