POMA
TechnoAlpin

Top 100 2012/2013, des choix payants

Jeudi 21 Novembre 2013

Du numéro 112 d’Aménagement & Montagne de 1993 au numéro 239 du magazine Montagne Leaders, vingt ans d’enquête Top 100. Le support reste identique, seule l’enquête s’est professionnalisée en même temps que son économie.

Top 100 stations de ski 2012 2013

La France en tête, malgré un contexte difficile

Pierre LestasLes domaines skiables français ont conservé leur place de première destination mondiale du ski en 2012/2013 juste devant les USA et l’Autriche. Loin de nous complaire dans ce résultat, nous devons analyser nos forces et faiblesses avec objectivité.
Bien sûr, la hausse de fréquentation de l’hiver dernier s’explique d’abord par les conditions météo particulièrement favorables, avec un enneigement excellent.
Mais c’est aussi le fruit du travail des entreprises qui investissent chaque année, aux côtés des collectivités, pour entretenir et renouveler les domaines skiables. L’optimisation des remontées mécaniques, l’attractivité des pistes enneigées automatiquement et profilées, la qualité du damage… tous ces efforts contribuent à faire du ski un loisir incontournable de l’hiver, socle de l’activité des stations de montagne.
Lorsque je regarde les prix pratiqués chez nos voisins européens je note que c’est en France que le forfait est le moins cher, à domaine skiable équivalent. C’est un atout concurrentiel incontestable, mais je m’interroge aussi sur la capacité des entreprises à renouveler leur parc de remontées mécaniques pour garantir la pérennité de stations, face à l’augmentation rapide des charges des entreprises. De fait, la question de l’équilibre entre les recettes et les dépenses des domaines skiables me semble porteuse d’une menace bien plus immédiate que la question, qui revient périodiquement dans l’actualité, de l’impact à long terme du changement climatique sur les domaines skiables.
L’engouement pour le ski se confirme chez nos clientèles, cela malgré les conditions économiques qui affectent la France et l’Europe. La fréquentation des domaines skiables en France continue de croître de 1 % par an en moyenne ces dernières années. Par ailleurs, en analysant la structure des forfaits vendus, on constate qu’aucun glissement ne s’opère des forfaits semaine vers les forfaits de plus courte durée (journée, demi-journée et courts séjours). C’est un des constats dont nous avons rendu compte lors du séminaire co-organisé cet automne par la Fédération des Professionnels du Sport et Domaines Skiables de France.
L’autre constat que je retiens de ce séminaire concerne l’observatoire du sport mis en place par la FPS. Si le sport a toujours la cote chez les Français, le ski, lui, doit redoubler d’effort pour séduire les jeunes car ce sont les clientèles de demain. Je l’observe en tant que Président de la Fédération Internationale des domaines skiables (FIANET*) : chaque pays développe ses propres programmes, et la FIS elle-même est dynamique sur le sujet. France Montagnes n’est pas en reste, qui relaie la fête du ski et de la neige (World Snow Day de la FIS) et qui accueille notre initiative French Skiss pour le recrutement des jeunes adultes non skieurs. Et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne s’est positionnée comme chef de file pour les classes de découverte.
En étant présents sur toutes les facettes de l’investissement dans l’avenir (remontées mécaniques d’aujourd’hui et clientèles de demain), notre volonté est de pérenniser pour les territoires supports des stations une activité créatrice d’emplois et de richesse. Dans la situation actuelle du pays, c’est un objectif d’intérêt général. Et je ne peux que m’étonner, à l’heure où le Président de la République annonce vouloir faire du tourisme une «cause nationale», que le gouvernement reste sourd aux conséquences du calendrier scolaire que nous subissons depuis 2010. Déjà, les vacances de printemps qui captaient 8% de la fréquentation ne représentent plus que 2% de la saison, en seulement trois hivers !
Fin de saison anticipée pour les contrats saisonniers, manque à gagner fiscal pour l’Etat et les collectivités locales, fragilisation des stations de moyenne montagne : la décision qui doit bientôt être prise sur le calendrier scolaire 2014-2017 ne coûtera pas un euro à l’Etat, mais pourrait avoir des conséquences vertueuses si seulement les élus et professionnels du tourisme, mobilisés, étaient entendus.

Pierre Lestas
Président des Domaines Skiables de France

Top 30 2012/2013 des chiffres d’affaires

Focus sur les chiffres clés des remontées mécaniques et domaines skiablesEt si la montagne servait d’exemple ?

Malgré un contexte économique difficile, la montagne semble, au fil des années, tirer son épingle du jeu. Pourquoi ? Tout simplement car l’industrie de la montagne française se remet sans cesse en question, se réinvente chaque année en tenant compte des avis des consommateurs, des clients, pour avancer et conforter une place de leader mondial et de première destination mondiale du ski, acquise l’année dernière et confortée cette année.

Les 100 premiers répartis par massif

La crise économique de 2009, qui a frappé de nombreux pays à travers le monde, de nombreux secteurs, semble certes s’essouffler mais le rebond attendu… se fait encore attendre. Tous les secteurs économiques ? Et bien non, pas celui des loisirs en montagne, pas celui des sports d’hiver car depuis 2009, le chiffre d’affaires des opérateurs de domaines skiables français progresse pour atteindre cette année, pour les 100 premières stations, 1 299 409 742 euros.

20 ans déjà !

Répartition CA TOP 100 par départements 2012 201320 ans, 20 ans que Montagne Leaders dédie un numéro au Top 100 des opérateurs de remontées mécaniques, 20 ans de chiffres, d’analyses et de recueil de vos données. Car oui, c’est bien grâce à vous si nous pouvons cette année fêter cet anniversaire.
C’est grâce à vos données, à vos chiffres, que nous pouvons réaliser cette enquête qui est attendue par toute une profession. Depuis 1993, date de création de cette enquête, la première et unique du genre, vous nous avez soutenu, même lors des saisons compliquées et sans neige et nous vous en remercions.
Un grand merci également à celles et ceux qui chaque année jouent le jeu de nous envoyer leurs données mais qui n’apparaissent pas dans nos pages, c’est grâce à vous si nous pouvons établir chaque année notre total panel qui s’élève pour la saison 2012-2013 à 1 306 810 240 euros. Pour être complet, nous tenons également à remercier Domaines Skiables de France, son président Pierre Lestas et son délégué général Laurent Reynaud, qui sont pleinement associés à notre enquête.

Que penser de la saison 2012-2013 ?

Répartition CA par statuts et par tranches dans Top 100A première vue, la saison a superbement débuté, avec une campagne marketing extraordinaire : des chutes de neige en plaine, de l’Ile de France à la Bretagne, des Pyrénées aux Vosges en passant par les Alpes, le Jura et le Massif Central. Et quand il neige en plaine avant l’ouverture de la saison, les réservations de séjour se font naturellement car qui dit neige en plaine dit neige en montagne ! Niveau enneigement, l’ensemble des massifs a été gâté, voire parfois plus que gâté, en revanche, niveau ensoleillement… la donne n’a pas été la même pour tous les opérateurs, mais au moins, la neige a pu se conserver naturellement. La saison a donc été lancée sur les chapeaux de roue avec une période Noël-Jour de l’An plus qu’intéressante pour l’ensemble de la profession.
La machine était en marche, et elle ne s’est pas arrêtée puisque les vacances de février ont été du même acabit, avec une très bonne fréquentation et des recettes en hausse. Et la fin de saison ? C’est là que le bas blesse… la neige était au rendez-vous, mais pas les clients... et nous avons tous la réponse à la question «Mais pourquoi les clients n’étaient pas là aux vacances de Pâques ?».
Sujet d’actualité, thématique récurrente, source d’inquiétude pour l’ensemble d’une profession, pour les territoires de montagne, pour les emplois de nos massifs et nos stations, le calendrier scolaire est une fois de plus montré du doigt. Comme le dit si bien Pierre Lestas, président de Domaines Skiables de France, «le Président de la République annonce vouloir faire du tourisme une cause nationale» et pourtant les plus hautes autorités de l’Etat, membre du gouvernement compris, ne semblent pas mesurer les lourdes conséquences qu’entraine le calendrier scolaire actuel et celui qui est prévu pour les années à venir. A l’heure du made in France et de la mise en avant des atouts français, pourquoi ne met-on pas en avant un secteur qui résiste à la crise, qui tire chaque année son épingle du jeu et qui génère emplois et ressources économiques ? 1964 et le lancement du Plan neige semble être une période bien lointaine, l’Etat français était derrière et poussait l’industrie de la montagne vers l’excellence mondiale. Et aujourd’hui, alors que la France reprend la première place mondiale des destinations neige, où est le soutien du pays ?
Doit-on penser que cette période est révolue ? Doit-on penser que ça, c’était avant ? Ne tombons pas dans le pessimisme et soyons sûrs de nos forces, de vos forces pour aller toujours de l’avant et faire évoluer nos domaines skiables et nos métiers.
Le slogan de campagne du candidat François Hollande n’était-il pas «le changement c’est maintenant» ? Et bien changeons ce calendrier si contraignant qui ne récompense pas les efforts que vous faites chaque année et qui pénalise l’ensemble d’une filière. Pensons aux emplois, au maintien des activités économiques dans les territoires de montagne. Mais pour porter vos voix, non pas vers les sommets enneigés, mais vers les sommets de l’État, vous pouvez compter sur Domaines Skiables de France, votre syndicat, qui a pris le sujet à bras le corps, et bien entendu sur nous, Montagne Expansion, pour relayer cette parole dès que cela sera nécessaire car nous étions, nous sommes et nous serons à vos côtés.

 

Du côté du Top 100

Top 30 Journées-skieursLe Top 100 des opérateurs de domaines skiables a connu un changement notable pour son édition 2013. La Plagne, habituée à monter sur la première marche de ce classement, a laissé cette année sa place à Chamonix-Les Houches. Derrière, le classement reste quasiment identique puisque les Arcs-Peisey Vallandry complète le podium et que la S3V est quatrième.
Pour la saison 2012-2013, l’ensemble des indicateurs est au vert. Le chiffre d’affaires du Top 100 et du panel de répondants est en hausse respectivement de 7,73% et de 7,66%. Du côté des journées skieurs, il en va de même puisqu’elles connaissent une évolution de 4,47% pour le Top 100 et de 4,73% pour le panel.

Meilleures progressions du chiffre d’affaires

 

Cette année, nombreux sont les domaines skiables à avoir connu de fortes augmentations de chiffre d’affaires. En tête, la station d’Auron qui a presque doublé son chiffre d’affaires par rapport à 2012 puisqu’elle a enregistré une progression de 91,77%. Mais elle n’est pas la seule puisque Pra Loup, l’Espace Cambre d’Aze, Gréolières les Neiges, Guzet, les Angles, le Val d’Allos et Autrans ont connu des hausses respectives de 66,25%, 58,67%, 55,85%, 47,64%, 33,22%, 32,20% et 29,08%.

L’ensemble des massifs a connu une hausse de chiffre d’affaires pour la saison 2012-2013 puisque la Haute-Savoie a enregistré une hausse de 8,88%, l’Isère 5,47%, la Savoie 5,49%, les Alpes du Sud 9,96%, le Jura 21,19%, le Massif Central 19,89%, les Pyrénées 11,90% et les Vosges 19,26%.
Depuis la saison 2000-2001, le chiffre d’affaires du Top 100 des opérateurs de domaines skiables français a connu une progression de 73% passant de 751,1 millions d’euros à 1 299,4 millions d’euros.

 

 

 

Meilleures progressions du chiffre d’affaires

Top 100 > Classement des groupes

La France, première destination mondiale du ski

Acquise lors de la saison 2011-2012, la France conserve cette année encore la place de première destination mondiale du ski, devant les Etats-Unis et l’Autriche. Les 100 premiers opérateurs de remontées mécaniques enregistrent 53 111 147 journées skieurs et l’ensemble des domaines skiables français 57 890 824 journées skieurs (source DSF). Les clients étaient cette année encore au rendez-vous et ont pu profiter des nombreuses améliorations et nouveautés proposées par les opérateurs de remontées mécaniques. Car oui, cette première place a été notamment acquise et conservée grâce aux investissements réalisés.
Neige de culture, remontées mécaniques, travaux de pistes, nouveaux hébergements, damage ou encore sécurisation et billetterie sont autant de postes dans lesquels les domaines skiables investissent pour rester à la pointe de la technologie et de l’innovation et proposer toujours de nouveaux services. La montagne est en mouvement et cela se voit l’hiver comme l’été, aux travers des différents chantiers et des évènements organisés pour promouvoir la destination montagnarde.
La France, première destination mondiale du ski, et bien cette première place, c’est bien la votre car oui, c’est grâce à vous et à votre énergie qu’elle a été obtenue et conservée : nous vous adressons nos plus sincères félicitations et vous souhaitons une excellente saison 2013-2014, au moins aussi bonne que la précédente.

 

 

 

Mathieu Dechavanne

ChamonixMathieu Dechavanne Directeur général de la Compagnie du Mont-Blanc

Globalement, la saison 2012-2013 s’est bien passée. De manière chronologique, elle n’avait pourtant pas débuté sous les meilleurs auspices puisque malgré les nombreux investissements réalisés à l’Aiguille du Midi et la mise en place d’une nouvelle scénographie, nous pensions faire mieux mais la météo a à nouveau joué contre nous car nous avons du fermer les téléphériques six jours durant le mois de juillet 2012. En revanche, l’hiver a commencé très fort avec une neige de qualité et en abondance et surtout, une bonne météo. Durant la période de Noël et du Jour de l’An nous avons connu une énorme affluence. Le mois de janvier et les vacances de février se sont également bien déroulés mais la fin de saison, la période avril-mai, a été plus que décevante : nous avons battu le record de la plus mauvaise période. En cause ? Le calendrier scolaire et des conditions
météorologiques exécrables. Le produit Vallée Blanche a bien fonctionné cette année, surtout les week ends, et a connu une nette croissance après deux ans de baisse et la raison est simple, les conditions de neige étaient superbes avec un retour à ski jusqu’à Chamonix. La clientèle étrangère nous a encore fait confiance cette année et elle n’est pas étrangère à l’augmentation tant du chiffre d’affaires que du nombre de journées skieurs. Justement, côté chiffres, nous avons connu une très forte progression car à l’inverse de la saison 2011-2012, nous n’avons pas connu de jour de fermeture (six jours en 2011-2012 dont le Jour de l’An). La croissance de chiffre d’affaires peut également s’expliquer par une augmentation de 40% du CA des Houches ces deux dernières années. La politique commerciale que nous avons mise en place a porté ses fruits. A l’inverse de l’été 2012, nous avons connu, cette année, un été d’anthologie et très régulier puisque nous avons pu compter sur une augmentation de 10 % du chiffre d’affaires et d’une hausse de 8% du volume des ventes de forfait. Les forts investissements ont porté leurs fruits et notre stratégie de faire venir des groupes, essentiellement de Corée du Sud, du Japon et d’Inde, a été payante. Ne reste plus qu’à ce que l’hiver prochain s’inscrive dans la même lignée que cet été historique.

 

Jérôme Grellet

La PlagneJérôme Grellet Directeur général La Plagne

Tout d’abord, je souhaiterais féliciter la CMB et Mathieu Dechavanne pour leur première place. A La Plagne, la saison dernière s’est bien déroulée, conformément à nos attentes, même si le mois d’avril et la fin de saison ont été compliqués. Les raisons sont simples, le calendrier scolaire ne nous a pas aidé car à partir du 6 avril les clients n’étaient plus au rendez-vous malgré des conditions de neige optimale. Cette année, la neige était là et nous avons même pu ouvrir de nombreux hors piste accessibles de 2 500 m à 500 m d’altitude. Nous continuons notre bonhomme de chemin et nous avons beaucoup d’idées pour la saison prochaine. Nous poursuivons les investissements et notre réflexion sur nos produits afin de toujours satisfaire nos skieurs. Nous sommes très attentifs avec nos clients et leur voix compte beaucoup. Chaque saison, nous récoltons 6 000 enquêtes de satisfaction qui nous permettent d’optimiser nos services mais également d’analyser la perception de nos clients sur des aspects comme le domaine skiable ou les activités connexes au produit ski. Concernant l’été, nous avons une marge de progression très importante car aujourd’hui il ne représente que 1% du chiffre d’affaires global. Nous continuons de réfléchir à comment dynamiser cette période car cette année, les clients étaient nombreux, du fait d’une belle météo.
Pour l’année prochaine, nous souhaitons la même saison que la précédente, nous souhaitons nous inscrire dans la continuité et surtout que tout se passe bien.

 

Nicolas Claudel

La Bresse - HohneckNicolas Claudel - La Bresse - Hohneck

Nous avons ouvert assez tôt cette année ce qui nous a permis de faire une superbe saison. Nous avons ouvert du 8 décembre au 1er avril. La particularité que nous avons à La Bresse est que nous ouvrons dès les premières neiges, même si nous fabriquons de la neige de culture dès le début des périodes de froid, ce qui nous permet d’entrer en vacances de Noël avec le produit qu’il faut. Nous avons fait un mois de janvier en demie-teinte suite à un épisode pluvieux mais les vacances de février se sont bien passées. Même si nous n’avons pas eu trop de soleil, nous avons fait une saison remarquable et le produit neige était exceptionnel et ce jusqu’au 1er avril, date de fermeture de la station même si de nombreux clients souhaitaient encore skier. Les fortes augmentations de chiffre d’affaires et de journées skieurs sont le résultat conjugué de la météo, du bon enneigement et de la politique d’investissements menée à la Bresse. Le front de neige a été retravaillé et est confortable, les nouveaux bâtiments et hébergements répondent parfaitement à nos besoins et à ceux de nos clients et les deux appareils débrayables qui sont sur le front de neige participent au confort. Qui plus est, nos produits plaisent : la station est ouverte tous les week-ends et les vacances scolaires de 6 h à 21h45 et les nocturnes ont encore bien fonctionné. D’ailleurs, pour l’année prochaine nous allons ouvrir 11 pistes éclairées contre 8 cette année, ce qui représentera 33% du domaine skiable et surtout l’ouverture d’un nouveau secteur accessible en basculant de l’autre côté du front de neige. Cette année, nous avons également pu compter sur plus de 20% de clients étrangers, essentiellement en provenance du Benelux. Pour la saison prochaine, nous avons l’ambition de faire encore mieux, que ce soit l’hiver ou l’été et justement nous avons réalisé ce printemps un nouveau bikepark et nous avons ouvert quatre nouvelles pistes VTT. Nicolas Claudel La Bresse - Hohneck

 

 

Vincent Gatignol

Super BesseVincent Gatignol Super Besse

Nous avons réalisé une bonne saison malgré une météo peu clémente. La neige était au rendez-vous même si elle est arrivée tardivement dans la saison et qu’elle a joué les prolongations puisqu’il a encore neigé en avril et en mai. A l’heure du bilan, nous avons constaté que nous avons produit autant de neige de culture que l’année dernière. A Super Besse, nous avons encore connu l’hiver dernier une augmentation de journées skieurs qui s’explique notamment par les chutes de neige qui ont touché les plaines, la région parisienne et même la Bretagne. Au niveau marketing, c’est le top, c’est la plus belle des campagnes de communication, cela donne envie de venir skier car s’il y a de la neige en plaine, il y en a en montagne. Comme je l’indiquais, nous avons réalisé une bonne saison qui est due au travail de fond que nous menons depuis environ dix ans. Nous avons beaucoup travaillé sur le produit ski, sur les remontées mécaniques, les pistes et la neige de culture qui couvre 70% du domaine ce qui nous permet de disposer d’une très bonne garantie de neige. Pour en revenir aux remontées mécaniques, nous avons modernisé notre parc en 2008 et 2010 avec notamment le funitel de la Perdrix qui a contribué à donner une très bonne image à la station.
L’hiver dernier, nous avons encore misé sur l’animation pour séduire nos clients. Sur le domaine skiable, nous proposons deux pistes de slalom, une piste où il est possible de mesurer sa vitesse, un boardercross, un freepark pour tout niveau mais également une descente en luge depuis le sommet de la station. Les animations que nous avons proposé tous les jours ont séduits nos clients et sensiblement fait évoluer le nombre de nos journées skieurs. A Super Besse, nous misons beaucoup sur l’expérience que vivent nos clients. Il faut leur laisser une bonne image et un bon souvenir pour qu’ils fassent un retour de leur expérience quand ils rentrent chez eux, à leurs amis ou leur entourage. Dans une station de moyenne montagne, il faut mener tous les sujets de front, que ce soit pour dynamiser la saison d’hiver ou d’été. D’ailleurs, nous avons installé cet été la plus grande tyrolienne d’Europe, un produit qui a dépassé nos attentes. Nous réfléchissons constamment à la diversification de notre offre et nous sortons petit à petit de nouveaux projets, de nouvelles idées, grâce à notre politique d’investissements. Nous sommes gérés par le biais d’une SEM à 80% communale et nous sommes là pour rendre service à nos clients, créer de l’économie et de l’emploi et nous nous y employons chaque année, chaque jour car il faut faire vivre notre territoire et nous y arrivons grâce à la bonne entente qui existe entre la société d’exploitation, la mairie et le club des sports. Tout le monde va dans le même sens et ça fonctionne !

 

Laurent Chelle

Arcs Domaine Skiable.Laurent Chelle Directeur Général d’ADS

ADS est, depuis sa création, très dynamique et les performances que nous avons connues cet hiver se sont construites sur le long terme, sur ces dernières années. La croissance de chiffre d’affaires observée pour l’hiver 2012-2013 a notamment été portée par une hausse du volume de journées skieurs. Nous avions anticipé cette hausse mais il est vrai que la neige tombée en abondance nous a bien aidé, elle a contribué à donner envie aux clients de venir skier, de venir profiter, de venir se faire plaisir.
Nous avons réalisé un début de saison excellent, surtout sur la période des vacances de Noël et du Jour de l’An. Ensuite, le mois de janvier a été très intéressant et en net progrès par rapport aux dernières années, et les vacances de février ont été équivalentes aux années précédentes. En revanche, la fin de saison a été compliquée du fait du calendrier scolaire qui ne permet notamment pas aux habitants d’Ile-de-France de venir profiter des dernières neiges alors que c’est un bassin de population sur lequel nous comptions pour les vacances de Pâques. Sur ce sujet, nous sommes mobilisés au travers de Domaines Skiables de France pour peser auprès des plus hautes autorités de l’Etat et ainsi faire évoluer la situation. Il y a une réelle urgence à retravailler sur ces périodes, c’est un sujet très important pour nos professions que ce soit pour les opérateurs de domaines skiables ou pour les socioprofessionnels de nos stations. Pour en revenir à la saison dernière, nous avons pu compter sur de grands motifs de satisfaction. Au delà de l’augmentation de chiffre d’affaires, nous avons progressé en matière de satisfaction clients. Nous récoltons chaque année plus de 4 500 questionnaires auprès des utilisateurs du domaine skiable. Ces enquêtes révèlent que notre travail porte ses fruits, notamment en matière d’amélioration continue de nos services et c’est encourageant. Etre dans les trois premières stations du baromètre Contours est quelque chose de très fort et de très important pour nous. Chez ADS, la satisfaction du client est une notion primordiale et nous essayons chaque année d’être innovant, tant du côté des produits que des services. Nous nous efforçons de réinventer notre métier autour de la neige et les équipes d’ADS l’ont bien compris. J’en profite pour les remercier et pour saluer le travail accompli l’hiver dernier. Mais les augmentations tant du chiffre d’affaires que des journées skieurs sont également à mettre en lien avec notre politique d’investissements présente et future, surtout autour du secteur Arcs 1800. Cette politique vise bien entendu à redynamiser notre domaine skiable et à montrer
l’exemple aux autres acteurs de la station, à nos partenaires. C’est un travail d’équipe, nous devons tous aller de l’avant pour gagner ensemble.

 

Jean-Claude Dupla

Saint-Lary SoulanJean-Claude Dupla Directeur de Saint-Lary Soulan

La saison 2012-2013 a été la saison de tous les records. Nous avons battu d’un côté tous les records d’enneigement, et de l’autre le record de fréquentation. En effet, nous avons bénéficié d’un hiver très très enneigé qui a parfois rendu l’exploitation du domaine skiable très compliquée, tout comme la sécurisation et les accès à la station. Mais cette neige tombée en abondance a été l’un des facteurs de réussite car les clients avaient envie de venir skier et de profiter de cette neige. Nous récoltons également les fruits des investissements réalisés ces dernières années, surtout la construction, en 2009, de l’ascenseur valléen qui, au travers d’une télécabine 10 places, permet de relier la vallée à Saint-Lary 1700. Cette année fut historique dans tous les domaines et une fois de plus les clientèles de séjour et familiales nous ont fait confiance. Côté fréquentation étrangère, l’Espagne a été un peu retrait, ce qui explique que nous continuons de mener de nombreuses actions, essentiellement via des éductours et des tours opérateurs, pour capter une clientèle espagnole, anglaise et portugaise.
En ce qui concerne la période estivale, nous n’avons pas été impacté par les fortes inondations qui ont touché le massif et nous avons pu bénéficier d’une bonne fréquentation de vététistes et de piétons même si la saison d’été ne dure véritablement que deux mois : juillet et août. Pour la saison prochaine ? Nous souhaitons un hiver qui commence en décembre, avec de la neige mais un peu moins que l’année dernière !

 

Les règles que nous nous sommes fixées

Nous avons clairement précisé les critères qui ont conduit notre enquête. Certains choix ont été redéfinis afin de délimiter l’espace concerné, la tarification prise en compte, le chiffre d’affaires retenu, le panel, etc.

La source d’information.

Fin juin, 200 questionnaires ont été adressés aux exploitants français de remontées mécaniques. Nous avons par la suite procédé à plusieurs types de relances : par courrier, puis par téléphone, fax et mail. Finalement, nous avons obtenu 125 réponses. Par conséquent, et sauf erreur de notre part, tous les chiffres mentionnés dans ce dossier proviennent des exploitants eux-mêmes.

L’espace concerné.

Lorsqu’une société exploite un domaine relié sur des stations différentes, nous avons choisi de regrouper l’ensemble sous une seule identité. Cela est valable pour la SAP, la S3V, la SETAM et la STOR, ADS, la SATVAC-SAMSO, la Compagnie du Mont Blanc, les domaines skiables de Flaine et Giffre, la régie des remontées mécaniques du Queyras, Praz-de-Lys Sommand, le Syndicat Mixte des Monts Jura, le Val d’Arly. A contrario, un exploitant qui gère plusieurs stations non reliées est identifié pour chaque site. C’est le cas, entre autres, d’Altiservice, SATA, EPSA, etc.

La tarification.

Nous avons opté pour les prix affichés forfaits « adulte », « station » et non domaine groupé.
Le chiffre d’affaires. Il s’agit des recettes nettes TTC perçues « aux caisses » (en direct, individuel, TO groupes, Internet, etc.) Ce chiffre d’affaires ne tient pas compte des éventuelles répartitions pour les domaines reliés, ni des redevances, taxes et autres…

Les ratios.

Nous avons sélectionné les ratios les plus représentatifs de l’activité des exploitants. Ils permettront aux professionnels du milieu de la montagne de comparer de manière objective les diverses stations. Ils offrent des classements par massif, par statut, selon la progression des stations ou encore selon le nombre de salariés.

L’emploi.

Pour l’emploi saisonnier, nous avons, comme c’est l’usage, appliqué la règle selon laquelle trois emplois saisonniers équivalent à un emploi permanent pour calculer l’emploi à temps plein. Par ailleurs nous avons considéré les chiffres maximums qui nous ont été communiqués. Nous ne distinguons pas les stations intégrant le personnel du service des pistes au nombre total d’emplois et celles qui ne le font pas. Nous respectons les données envoyées par les opérateurs des remontées mécaniques.

Les résultats.

Afin de faciliter la lecture de ce dossier, nous utilisons le terme de chiffre d’affaires (CA) pour les recettes nettes encaissées aux caisses. Nous avons traité les données en les analysant par massif, par statuts juridiques et par chiffres d’affaires, en les comparant à notre dernière enquête qui portait sur la saison d’hiver 2011/2012 (Montagne Leaders n°233).
Les ratios qui en résultent n’ont qu’une valeur indicative. En effet le panel n’est pas en tout point identique. Ces ratios et
statistiques ne représentent qu’une tendance ponctuelle, mais ils permettent cependant une comparaison de plusieurs saisons.

Le panel.

En raison de son poids économique très fort, nous avons découpé le massif des Alpes du Nord en trois sous-massifs :
la Savoie, la Haute-Savoie et l’Isère. Les autres massifs ont été traités en tant que tels.

 

 

> Dossier réalisé par la rédaction.
> Photos : DR / Dovemed

 

Les autres enquêtes exclusives de Montagne Leaders

Top 100 des domaines skiables par chiffre d'affaires

Enquêtes investissements des domaines skiables

 

Twitter Facebook Google Plus Linkedin  

Du 08 au 16 décembre 2018

63e Critérium de la Première Neige,
Val d’Isère (France)

Du 14 au 15 décembre 2018

Rencontres Climat Météo Montagne,
Les Menuires (France)

Du 16 au 19 janvier 2019

Alpitec China,
Pékin (Chine)

Du 29 au 31 janvier 2019

Into Days : Cannes International Tourism & Innovation Days,
Cannes (France)