pistenbully

Top 100 2013/2014, les domaines skiables français résistent

Lundi 6 Octobre 2014

Résister, c’est ne pas céder, c’est tenir bon. Résister, c’est ne pas être atteint par les effets des actions auxquelles quelque chose est soumis. En montagne, la définition du verbe résister peut prendre, et prend, une autre tournure, une autre signification : résister, c’est créer, c’est faire preuve d’imagination et d’innovation.

Top 100 stations de ski 2013 2014

Pierre Lestas - Président des Domaines Skiables de FranceLe TOP 100 de nos amis Montagne Leaders est toujours un numéro attendu :
c’est l’occasion d’un retour sur la saison passée et plus encore d’une prise de recul pour observer les tendances à l’œuvre sur nos entreprises de domaines skiables, qui forment le moteur de l’attractivité des stations.
Pour la saison 2013/2014 on pourra choisir de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. La fréquentation qui s’établit 4,5% au dessous de la fréquentation de la saison précédente ne contentera pas les plus exigeants, tandis que d’autres se consoleront d’une fréquentation dans la moyenne des quatre dernières saisons. Pour tous, la météo aura été maussade jusqu’au mois de mars, pénalisant la fréquentation. A l’inverse des tendances observées ces dernières années, ce sont les plus grandes stations qui tirent leur épingle du jeu cette saison, devant les stations moyennes et les petites stations. Dans les Vosges et parfois ailleurs (en Isère par exemple), un certain nombre de stations ont souffert du manque de neige. Pour elles, notre assurance mutualisée des aléas d’exploitation, Nivalliance, aura été un secours utile. 700 000 € d’indemnité ont été versés à ces exploitants sinistrés.

Je choisis, pour ma part, le camp de l’exigence, le camp de l’excellence. C’est la place de la France, grande nation de tourisme, de proposer un ski de qualité sur des domaines d’une grande variété. C’est sa place, encore, de briller lors des Jeux Olympiques. Je pense à nos champions, sur les pistes de Sochi, et je pense aux professionnels français, fournisseurs ou exploitants, dont le savoir-faire déployé pendant les Jeux a été visible pour le monde entier. C’est la place de la France, enfin, de reconquérir la première place mondiale, dont le calendrier scolaire français nous a privé.

« Toujours plus, jamais assez » diront certains. Qu’importe. Les chiffres sont là : 3% de la fréquentation et des recettes de la saison se sont évaporés depuis que les vacances de printemps ont été retardées d’une semaine, en 2010. C’est un fait que nul ne peut contester. Et l’exigence que j’ai, je l’applique à notre syndicat professionnel dont le devoir est d’alerter les décideurs sur la réalité de notre économie. Nos entreprises évoluent dans un environnement sous haute contrainte : inflation normative, effet de ciseau entre coûts et recettes, menace sur certaines clientèles étrangères, concurrence des autres destinations touristiques, besoin de renouvellement de la clientèle, besoin en investissements… Dans ce contexte, qui pourrait se résigner à perdre 3% de recettes, soit 30% de la marge de nos entreprises ? Qui pourrait accepter, après avoir investi dans la neige de culture pour sécuriser les emplois de toute la station, que nous devions raccourcir les contrats saisonniers parce que la fréquentation a disparu en fin de saison ? Je ne l’accepte pas, je ne l’accepterai jamais.

Quand je vois les difficultés que nous avons, sur ce sujet et sur d’autres, à être entendus, je m’interroge sur la place que le tourisme occupe réellement dans les priorités de nos dirigeants. Le tourisme est une chance pour la France et pour les Français. Accueillir chaque année des visiteurs étrangers, qui ont choisi notre pays pour venir dépenser leur argent, cela ne nous donne-t-il pas une responsabilité ?
La responsabilité de porter des emplois, de faire vivre des territoires. La responsabilité de nous mobiliser, de nous rassembler, pour retenir nos clientèles et en séduire de nouvelles. La responsabilité et le devoir de corriger les erreurs que l’on entend autour de nous. Le droit, enfin, d’être écoutés et entendus.

Pierre Lestas
Président des Domaines Skiables de France

 

Résister est un terme fort, mais convient-il bien à la situation ?
Focus sur les chiffres clés des remontées mécaniques et domaines skiablesIl y a fort à parier que oui. Certes la crise économique s’efface peu à peu du paysage économique mondial mais le faible taux de croissance européen et français ne peut qu’inciter à la prudence, preuve en est avec la baisse du nombre de journées skieurs. Nous vous le disions déjà l’année dernière, à l’occasion des vingt ans d’existence de l’enquête Top 100, la montagne semble, au fil des années, tirer son épingle du jeu. Outre les secteurs de niche ou innovants, connaissez-vous d’autres domaines qui progressent, quasiment chaque année en chiffre d’affaires ?
Il n’y en a pas ou peu. Dès lors, si le tourisme du ski ne connaît pas ou peu la crise, pourquoi lui mettre des bâtons dans les roues ? Pourquoi gripper une machinerie si bien huilée qui fait figure de fleuron de l’industrie française ? Secteur porteur, qui emploie et fait vivre des vallées entières, qui attire de nombreux clients internationaux, le tourisme d’hiver se voit contraint de s’adapter à un calendrier scolaire qui semble oublier un pan entier de l’économie française.

Pourquoi aborder, dès ces propos liminaires, la problématique du calendrier scolaire français ? Tout simplement car il explique en partie les chiffres de cette année, dont la plupart sont à la baisse. Certes le chiffre d’affaires global du Top 100 progresse de 1,14%, mais le nombre de journées skieurs du Top 100 recule de 3,20%. Au plan national, les domaines skiables français accusent une baisse de 4,5 % selon Domaines Skiables de France, ce qui fait passer la France de la première à la deuxième place des destinations mondiales du ski, derrière les Etats-Unis. Pointé du doigt depuis 2010, le calendrier scolaire semble cette année, coûter la première place à la France. Selon Domaines Skiables de France, partenaire de l’enquête Top 100, « le décalage d’une semaine des vacances de printemps a réduit de 70 % la fréquentation des domaines skiables enregistrée sur cette période, qui ne pèse plus que 2 à 3% de la saison, contre 8% avant 2010 ».
Le plus inquiétant ? Les pouvoirs publics, les ministères concernés, les plus hautes autorités de l’Etat sont informés des difficultés économiques de l’industrie des sports d’hiver et pourtant, alors que le calendrier de Luc Chatel faisait déjà débat et était déjà plus que contesté, son successeur, Vincent Peillon, a poursuivi la tendance. Justement, cette tendance ne semble rien augurer de bon. En effet, la fin des vacances de Pâques est prévue pour le 11 mai en 2015 et pour le 9 mai en 2016 et 2017. Les années 1990 et 2000 semblent dès lors bien loin, quand la fin des congés était à la fin du mois d’avril ou tout au début du mois de mai. Qu’attend notre ministre du Tourisme pour agir ? Et nos députés ? Pourtant, Domaines Skiables de France, France Montagnes, le SNMSF et d’autres, s’activent de toute part pour que cette problématique s’inscrive dans un véritable débat parlementaire.

Mais le seul calendrier scolaire n’explique pas tout. Les conditions météo ont été très aléatoires selon les massifs, les vallées, les stations. N’oublions pas non plus la problématique des classes de neige et du renouvellement générationnel qui semble parfois passer au second plan même si, encore une fois, Domaines Skiables de France et France Montagnes se sont saisis de la question et ont mis en place French Skiss, une offre destinée aux 16-25 ans totalement débutants.

Cette initiative n’est pas la seule car toutes les stations tentent de trouver des solutions. Les augmentations de TVA, dont le taux est successivement passé de 5,5 à 7 puis 10% depuis le 1er janvier 2014, ont pu influer sur le comportement des clients et sur leur consommation. La problématique des lits froids est encore une fois pointée du doigt par beaucoup d’opérateurs. Car oui, un lit froid, inoccupé, influe directement sur les recettes et sur le nombre de journées skieurs d’une station. Pourtant, nombreux sont ceux qui prennent cette problématique à bras le corps. En premier lieu, la CDA qui via sa foncière tente d’endiguer ce problème. Les 2 Alpes et d’autres multiplient les initiatives pour commercialiser les lits ou, tout du moins, les remettre sur le marché de la location. Pour faire face à la baisse des journées skieurs, les opérateurs redoublent d’efforts : immobilier, restructuration et optimisation des remontées mécaniques, travaux de piste, enneigement de culture, nouvelles offres commerciales, utilisation des dernières technologies, des applications smartphone, tout y passe pour penser satisfaction des clients.

Top 100 : Les 100 premiers répartis par massifNous vous le disions, en montagne plus qu’ailleurs, résister c’est créer, c’est faire preuve d’imagination et d’innovation. Certes, « ce n’est pas facile ». Effectivement, le Président de la République François Hollande a raison. Mais qu’est ce qui est facile ? Bâtir des stations de ski dans tous les massifs alors même que le nombre de skieurs à l’après-guerre était dérisoire ?
Lancer le Plan Neige? Encourager le développement des sport d’hiver ? Tout cela n’était pas chose aisée. Et pourtant, les montagnards l’ont fait ! En montagne plus qu’ailleurs, rien n’est facile. Les territoires de montagne étaient bien souvent délaissés au profit des villes car le climat et les conditions de vie étaient jugés, à tort ou à raison, trop rudes, trop contraignants, n’offrant que trop peu d’emplois et de richesse. Et pourtant, regardez aujourd’hui où l’on en est : de magnifiques domaines skiables que beaucoup nous envient à travers le monde. Rien n’est facile et pourtant vous l’avez fait, vous avez résisté aux facteurs extérieurs pour assurer l’essentiel et bien plus et vous le ferez à l’avenir, nous en sommes tous certains. Preuve en est, malgré la conjoncture et les facteurs extérieurs, le CA global du Top 100 a progressé et tutoie un nouveau record.

 

Top 100 2014, que doit-on en penser ?

Répartition Chiffre d'affaires par statuts et par tranches dans Top 100Historique. Oui, le chiffre d’affaires du Top 100 pour l’exercice 2013-2014 est historique. De là à être euphorique, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas. Pourquoi ? La France vient de perdre la première place mondiale, voilà déjà une raison de rester humble. Une deuxième ? Sur les trente premières stations ayant dégagé le plus de chiffre d’affaires, quatorze connaissent un recul par rapport à l’exercice 2012-2013, trois ont connu une croissance de moins de 1% et cinq une progression de moins de 3%. Que reste t-il ? Huit stations, huit domaines skiables seulement. Doit-on nous en réjouir ? Non.
A l’inverse, ne tombons pas dans un scepticisme contagieux. Réjouissons nous du positif tout en gardant à l’esprit que certains massifs, certaines stations, ont passé un hiver très rude, tant en terme de conditions météo que d’exploitation. Bien loin de nous l’idée de distribuer les bons ou mauvais points. L’idée est plus de comprendre pourquoi la tendance générale est à la hausse alors que les stations connaissant un recul de chiffre d’affaires sont nombreuses. Au niveau des différents massifs, seuls la Haute-Savoie, la Savoie, les Pyrénées et le Massif Central progressent. A l’inverse, l’Isère, les Alpes du Sud, le Jura et les Vosges connaissent un recul. Au sein de chaque massif, de fortes disparités existent. En effet, seules sept des dix-neuf stations haut-savoyardes ont progressé en chiffre d’affaires. Le constat est identique en Isère où deux stations sur neuf connaissent une augmentation de chiffre d’affaires. En Savoie, plus de la moitié des stations, seize sur trente, progressent. Dans le Massif Central ce sont près des deux tiers alors que dans les Pyrénées ce sont quasiment l’ensemble des stations qui progressent. Avec une augmentation de 6,75% du chiffre d’affaires global, c’est le massif des Pyrénées qui s’en sort le mieux.Top 30 journées skieurs
Côté journées skieurs, il n’y a que les Pyrénées qui enregistrent une progression de 1,98% même si, individuellement, quelques stations tirent leur épingle du jeu comme Bellevaux-Hirmentaz : +6,08%, Thollon-les-Mémises : +10,49%, Autrans : +12,20%, Val Thorens : +4,74%, le Mont Dore : +4,09% ou encore l’Espace Cauterets : +16,92% et l’Espace Cambre d’Aze : +11,32%.
Oui, la France a perdu sa première place au niveau mondial mais, comme l’indique Domaines Skiables de France par la voix de son délégué général Laurent Reynaud, la moyenne du nombre de journées skieurs, certes en recul, est dans la moyenne des quatre dernières années.

 

Top 100 2014, que doit-on en retenir ?

Meilleures progressions du chiffre d’affairesDe notre côté, nous ne retiendrons de ce millésime 2014 que du positif. Vous avez une fois de plus été nombreux à nous répondre et nous vous en remercions. Sans les opérateurs de domaines skiables et leurs équipes, cette enquête ne pourrait voir le jour ! Nous tenons très sincèrement à vous remercier toutes et tous.

Et sinon, quoi de neuf pour cette mouture 2014 ? La Savoie continue d’être le massif, le département qui enregistre le plus de chiffre d’affaires et le plus de journées skieurs, suivi par la Haute Savoie, l’Isère et les Alpes du Sud. Les Pyrénées s’en sortent bien. Et les Vosges ? Est-ce les premiers signes d’un réchauffement climatique annoncé ?
Pas forcément. Un hiver sans ? Plus probablement. Ce massif a été durement touché par des températures marginales et n’a pas pu assurer l’essentiel avec l’enneigement de culture. Loin d’être abattu, les opérateurs vosgiens attendent un hiver enneigé pour faire reparler d’eux et pour montrer ce dont ils sont capables.
Top 30 2013/2014 des chiffres d’affairesA noter également les faibles progressions de chiffre d’affaires, si l’on peut dire. Le premier du classement des meilleures progressions est cette année l’Espace Cambre d’Aze avec +24,35%. (L’année dernière, le premier de ce classement l’emportait avec +91,77%). Le vainqueur de cette année n’aurait été que douzième l’année passée. Les raisons ? Vous les connaissez mais il ne faut rien enlever au lauréat de cette année qui a démontré toutes ses capacités à conserver et à attirer toujours de nouveaux clients.
Pour mieux appréhender certaines données économiques, nous avons ajouté à notre classement « Les 100 premiers répartis par massif » un comparatif du nombre de journées d’ouverture.

Téléchargez le reste de l'enquête top 100 2013-2014 :

 

Mathieu Dechavanne

Chamonix, 1ère station de Haute-Savoie, 1ère du classement Top 100

Mathieu Dechavanne ChamonixL’exercice terminé est le meilleur jamais réalisé par la CMB. Les chiffres sont historiques d’autant plus que nous avons réalisé une progression de 10 % de notre chiffre d’affaires pour l’été 2012-2013. Les chiffres nous donnent confiance et nous confirment que notre stratégie a payé : celle de faire venir des groupes d’étrangers. Nous sommes heureux d’avoir pu progresser et en chiffre d’affaires et en nombre de journées skieurs. Deux raisons expliquent ces hausses. D’une part, nous avons mené un important travail sur notre clientèle de proximité, celle qui se situe dans un périmètre de deux ou trois heures maximum de Chamonix. Nous avons, pour cela, créé de nouveaux produits en termes marketing et commercial comme la Chamonix RapidCard qui a bien fonctionné. D’autre part, nous avons réalisé un bon mois de janvier grâce à la clientèle internationale. Anglais, Russes ou encore Scandinaves ont été nombreux à cette période. Auparavant, nous avions réalisé d’excellentes vacances de Noël, tout comme celles de février par la suite.
Quant au calendrier scolaire, qui est difficile pour une très grande majorité des opérateurs de domaines skiables, nous pouvons, à Chamonix,  compenser ses effets négatifs par un produit randonnée qui fonctionne très bien. Pour autant, ce calendrier nous fait mal.
L’exercice clos est l’un des seuls où l’été et l’hiver ont progressé mais il faut savoir rester humble et continuer à travailler pour conserver cette tendance. Nous travaillons beaucoup sur le produit été où nous connaissons une plus grande croissance que sur le produit hiver.
Chamonix veut s’ancrer sur son territoire et nous souhaitons montrer qu’à Chamonix aussi le produit ski est accessible, tant en termes de prix que de pistes. Parallèlement, nous n’hésitons pas à aller chercher les clients à l’autre bout du monde, à plus de 10 000 km en Asie. Cela fait trois ans que nous menons ce type d’actions à l’international et notre travail porte ses fruits. Qui plus est, l’ensemble des produits et services s’est adapté à cette nouvelle clientèle, même au niveau de la restauration d’altitude. Il faut s’adapter aux demandes des clients pour les satisfaire et les faire revenir.
Sur le dernier exercice, nous avons pu compter sur six mois d’exploitation du Pas dans le Vide. Dès son ouverture, nous avons constaté que ce nouvel aménagement allait nous apporter une plus grande notoriété, car il a tout de suite eu un grand succès en permettant, entre autre, d’augmenter sensiblement la fréquentation du site pendant les périodes creuses et de contribuer ainsi à sa mise en valeur.
Cette année, l’été a bien commencé mais nous avons enregistré quelques 24 jours de pluie. Mais nous sommes confiants pour l’hiver car nous avons débuté notre nouveau plan d’investissement. Premier site concerné, les Grands Montets où une nouvelle télécabine 10 places, Plan Joran, va être installée. Nous avons également changé les cabines du téléphérique des Grands Montets et avons scénographié la file d’attente à Lognan pour offrir un nouveau produit pour les clients : de la découverte et du plaisir pendant l’attente des clients, avec quelques nouveautés côté numérique !
L’expérience du client est au centre de nos préoccupations et l’expérience qu’on lui fait vivre ne va que s’améliorer dans les années à venir.

 

Jérôme Grellet

La Plagne, 1ère station de Savoie et 2ème du classement Top 100

Jérôme Grellet La PlagneLa saison 2013-2014 n’a pas été extraordinaire car nous avons connu un recul par rapport à la saison 2012-2013. Les raisons de ce recul ? La clientèle de la Plagne est composée à près de 70 % par les Français et, les Français souffrent. La problématique de l’immobilier et le désengagement des résidences de tourisme, en fin de baux, à également pesé dans la balance même si la foncière CDA aide a redresser la barre.
Le recul constaté ne peut être imputé à l’enneigement. S’il n’a pas été record, il a été suffisant car nous accusons un cumul normal sur la saison, avec 5,90 mètres. La neige est tombée par période régulière assurant ainsi un produit ski de qualité. Même si la saison 2013-2014 ne restera pas dans les annales, nous avons tout de même battu un record. Le 8 mars 2014, nous avions 48 800 skieurs en circulation sur le domaine skiable, c’est historique pour la SAP. Cette tendance, avec des skieurs en nombre au mois de mars, devrait se poursuivre car le calendrier scolaire prévoit deux semaines de vacances d’hiver en mars. Le mois de janvier a, quant à lui, été calme tout comme la fin du mois de mars.
Le calendrier scolaire a de véritables effets négatifs pour nous tant en termes de manque à gagner, qui pèse lourd à la fin de la saison, que d’emplois. Il faut que les pouvoirs publics se saisissent de la question.
Nous continuons à travailler sur la partie internationale même si, et c’est paradoxal, la SAP a le pourcentage d’accueil d’étrangers le plus bas de la Tarentaise, mais le plus haut en volume. Comme quoi il faut s’attarder plus en détail sur les chiffres.
Pour la saison prochaine, nous poursuivons nos investissements sur le domaine skiable, nous continuons à travailler sur l’attractivité du produit ski, pour les clients afin de leur offrir des nouveautés.

 

 

Didier Bobillier

Les 2 Alpes, 1ère station de l’Isère

Didier Bobillier Les 2 AlpesNous avons connu une météo difficile l’hiver dernier avec un déficit de neige sur la période des vacances de Noël ce qui a ralenti le démarrage de la saison. La météo n’a été guère plus favorable après puisque nous avons enregistré pas moins de quatorze jours d’intempéries sur janvier et février. Cela a eu plusieurs effets notamment la fermeture de certains secteurs et une baisse du nombre de journées skieurs sur ces périodes. En conséquence, les vacanciers s’orientaient sur des durées de forfaits plus courtes.
Nous notons une baisse du nombre de lits professionnels aux 2 Alpes et un transfert de ces derniers vers le secteur diffus. Entre 2009 et 2014, la station a perdu pas moins de 8 % de lits chauds! Cela  pénalise l’économie de la station. Mais face à cette érosion, DAL réagit par le biais d’une foncière immobilière créée avec l’appui de la Caisse des Dépôts et de la Compagnie des Alpes. Pour la commercialisation des lits ainsi rénovés, DAL bénéficie des services de son agence de voyage réceptive.
Le changement de calendrier scolaire a généré une forte contrainte sur la fin de saison. Nous avons enregistré une baisse de 55 % de notre activité en 4 ans sur les vacances de Pâques malgré un produit de qualité garanti par l’altitude! C’est une perte sèche pour la station car nous ne constatons aucun effet de report sur les mois de février ou mars. Je suis évidemment solidaire des initiatives prises par Domaines Skiables de France pour mobiliser la sphère politique afin de faire bouger les lignes.
Malgré ces conditions météo difficiles, un calendrier scolaire pas franchement favorable à notre profession et la baisse du nombre de lits professionnels, nous sommes très satisfaits de notre saison d’hiver. Le modèle hivernal des 2 Alpes résiste bien dans ce contexte économique morose.
En ce qui concerne l’été, nous avons réalisé une bonne saison malgré 22 jours d’intempéries. Aux 2 Alpes, nous avons la chance d’exploiter un produit d’exception : le glacier et son ski d’été ! La météo exécrable a favorisé les conditions de ski qui étaient fantastiques. Nous avons ouvert jusqu’à 85 couloirs d’entrainement pour accueillir les Clubs de Ski pour lesquels les 2 Alpes constitue une destination privilégiée. La fréquentation progresse de 6 %, ce qui est encourageant pour l’avenir.
Nous avons connu une légère baisse de l’activité VTT avec un recul de 1 % par rapport à l’été dernier, ce qui s’explique facilement par les fortes pluies qui nous ont poussés à fermer certaines pistes. En ce qui concerne les piétons, les chiffres sont stables malgré le chantier du Jandri 1 : c’est l’un des mystères des 2 Alpes. Et quel chantier ! Celui de la piste retour, cette piste bleue qui permettra de rejoindre le front de neige depuis le glacier est très attendue. C’est un chantier stratégique pour les 2 Alpes car cette nouvelle piste retour permettra de séduire les familles et les débutants. 2 000 m de dénivelé sur une piste bleue, c’est sans aucun doute une première dans les Alpes. Elle sera en service dès l’hiver 2015.  
En résumé, nous sommes plutôt satisfaits des résultats de l’année qui sont peu sensibles aux facteurs exogènes. Nous avons réussi à maintenir notre performance alors même que de nombreux voyants étaient à l’orange. C’est le résultat d’un travail collectif au sein de DAL et avec nos partenaires locaux.

 

Jean-Yves Salle

Serre Chevalier, 1ère station des Alpes du Sud

Jean-Yves Salle Serre ChevalierA Serre Chevalier, nous avons connu une météo très défavorable et ce dès le début de la saison. Les conditions de neige étaient très difficiles d’autant plus que le vent était bien souvent de la partie. La période des vacances de Noël a été difficile à gérer. Chez nous, ce sont les conditions météo qui ont influé directement sur les résultats de la station, d’autant plus que la limite pluie-neige n’a cessé de jouer avec nous. Malgré cela, nos équipes ont fait un travail formidable, que ce soit au niveau de l’exploitation ou du damage : le personnel a été très présent. Les aléas climatiques ont été difficiles pour les équipes mais paradoxalement, cela a été très formateur pour la suite et les saisons à venir. Nous avons également souffert de la fermeture, pour une année, d’une importante résidence de tourisme, ce qui a généré, pour nous comme pour l’ensemble des acteurs de la station, une baisse significative du nombre de journées skieurs. A cela, il faut ajouter le calendrier scolaire défavorable à notre profession. A Serre Chevalier comme ailleurs, cela a au une incidence directe sur le chiffre d’affaires. Ici, la perte est significative : - 70 % de baisse du CA sur 4 ans au mois d’avril. Pourtant, Serre Chevalier bénéfice de très bonnes conditions d’enneigement tard dans la saison. Encore cette année, la neige était au rendez-vous en avril et en mai avec un produit ski parfait, très agréable, mais les vacances de Pâques arrivent trop tard. Pour la saison prochaine, nous sommes enthousiastes et nous avons envie de bien faire : nous ne sommes pas inquiets. Il nous faut arriver à tenir les promesses faites aux clients, leur offrir du plaisir : c’est ça le plus important.

 

Vincent Gatignol

Super Besse, 1ère station du Massif Central

Vincent Gatignol Super BesseLa saison 2013-2014 n’a pas très bien débuté, comme pour l’ensemble des stations du massif je l’imagine. Nous avons subi une grande instabilité de la météo, de décembre à janvier avec des chutes de neige, des températures positives puis des précipitations pluvieuses. Les températures trop douces ont rendu les conditions d’exploitation parfois difficiles. Au final, nous avons raté quasiment l’ensemble des week-end de janvier. Mais, fin janvier, tout est rentré dans l’ordre et nous avons profité de très bonnes conditions. Forcément, la météo a eu un impact sur la fréquentation. L’avantage que nous avons, c’est notre parc immobilier. Les clients qui avaient réservé se sont déplacés. Les vacances de février ont été très positives, sauf la dernière semaine.
Côté calendrier scolaire, ses effets sont pour nous positifs car les vacances de février sont plus longues. Pour satisfaire et attirer la clientèle, nous avons mis de nouveaux produits en place. L’été, la tyrolienne continue d’attirer de nombreuses personnes. Quant à l’hiver, nous avons réalisé de nombreux aménagements comme un KL, un boardercross ou encore un freepark. En étroite collaboration avec le Bureau des Sports, huit animateurs se déplacent sur le domaine skiable pour proposer aux clients de nombreuses animations. Nous accordons une attention toute particulière à toutes les classes d’âge, des plus petits aux familles sans oublier les ados pour qui nous mettons notamment  à disposition un big airbag. Ils peuvent également profiter d’une descente en luge, dès la fermeture du domaine, de 3 km de long !
Pour la saison prochaine, il faut nous souhaiter une météo plus sympathique que ce soit pour l’été ou l’hiver. Tant le personnel que la direction ont souffert des conditions climatiques sans oublier bien sûr les clients qui viennent avant tout pour s’amuser et, quand il pleut, ils ne s’amusent pas.

 

Nicolas Claudel

La Bresse-Hohneck, 1ère station des Vosges

Nicolas Claudel La Bresse-HohneckL’ensemble du massif des Vosges a connu d’importantes difficultés cette année, soit nos voisins n’ont pu ouvrir, soit ils ont du fermer leur domaine skiable une vingtaine de jours entre janvier et février. A la Bresse-Hohneck, nous avons réussi, grâce aux efforts de l’ensemble du personnel, à laisser la station ouverte durant toute la saison : 109 jours au total. Entre le 4 et le 25 janvier, seules trois pistes étaient exploitées mais la station était ouverte. Nous avons été obligés de passer par une période de chômage partiel pour une partie des saisonniers mais à partir du 26 janvier, tout le monde ou presque a regagné le bateau. L’hiver a été difficile notamment à cause des températures marginales. Nous avons essayé de produire de la neige de culture dès que l’on pouvait même s’il a neigé pour la période de Noël et en février ce qui a permis de sauver l’essentiel.
Malgré tout nos efforts, nous n’avons pas pu conserver un enneigement suffisant pour une bonne exploitation et une ouverture toute la saison de la piste école qui est empruntée et utilisée pour les cours de ski. Nous n’avions pas connu cela depuis au moins quinze ans. Pourtant, nous avons tout fait pour que les enfants puissent skier, nous avons porté toute notre attention sur cette piste pour sauver le produit. Au final, même si cette saison était difficile, nous sommes heureux d’avoir pu offrir un produit ski à la clientèle, toute la saison. Certes nous n’avons pu ouvrir tout le domaine à chaque fois, mais nous avons maintenu une activité ski à la Bresse-Hohneck et réussi à donner du travail à nos saisonniers. L’hiver a été compliqué, avec une gestion au jour le jour voir d’heure en heure certains jours.
Malgré les apparences, tout n’est pas négatif car nous avons tiré des enseignements de cet hiver difficile et nous poursuivons notre processus d’amélioration continue. Dans toutes situations il faut retenir le positif et le positif est que nous avons pu rester ouvert 109 jours tout en donnant du travail à notre personnel.
Cet été, malgré la météo, nous avons bien progressé en termes de chiffre d’affaires. Là encore, nous ne retiendrons que le positif. C’est une période plus détendue, nous sommes encore plus au contact des clients et tous apprécient. J’espère tout de même que l’hiver prochain sera bon car cela fera du bien à tout le monde.  

 

Michèle Ulrich

Les Rousses, 1ère station du Jura

Michèle Ulrich Les RoussesLa saison 2013-2014 a été excellente. Nous avons réalisé la deuxième meilleure saison depuis la création de la SEM. La saison 2012-2013 avait été celle du record et cette saison s’est inscrite dans la continuité. Pourtant, dès l’ouverture, nous avons souffert d’un déficit d’enneigement. La période des vacances de Noël a été délicate à gérer mais nous avons connu de fortes chutes par la suite qui nous ont permis de rattraper le début de saison. La neige est tombée en continu ce qui a influé directement sur le poste damage. Qui plus est, nous avons réussi à bien équilibrer le ratio recettes-charges ce qui nous a permis de faire une très bonne saison. Pour continuer sur notre lancée et espérer attirer et satisfaire encore plus notre clientèle, nous avons prévu quelques nouveautés pour la saison 2015-2016. Encore un peu de patience avant de les découvrir.

 

Serge Redrado

Espace Cambre d’Aze, la meilleure progression du chiffre d’affaires

La saison a été pour tout le monde très semblable. La neige est arrivée très tôt puisqu’il a neigé 90 cm dès le 9 novembre. Le froid s’est ensuite installé et il a neigé régulièrement tout au long de l’hiver. Vu que l’hiver a été précoce, les médias tant locaux que catalans ont communiqué sur les chutes de neige et le produit ski très tôt. En sachant que 30 % de notre clientèle provient de la Catalogne du Nord et que nous sommes une station de proximité, cela a favorisé la fréquentation du domaine skiable. Notre force est également de pouvoir disposer de lits marchands qui ont bénéficié d’un bon taux de remplissage. Nous avons également moins utilisé de neige de culture, ce qui induit des charges moins importantes et donc une meilleure recette globale. Je ne vais pas vous cacher qu’au début de la saison nous étions inquiets par rapport à la crise mais, les Pyrénées s’en sont bien sortis car nous avions un produit de qualité. Pour la saison prochaine ? Je signe tout de suite pour une chute de neige de 90 cm au 9 novembre ! Je souhaite que la saison soit identique à celle-là !

 

Jean-Claude Dupla

Saint-Lary, 1ère station des Pyrénées

Jean-Claude Dupla Saint-Lary La saison 2012/2013 avait été une saison record et cette année nous progressons encore ! Nous sommes ravis de ces résultats et j’en profite pour féliciter toutes nos équipes qui ont fait un travail formidable dans des conditions parfois difficiles. Nous avons eu beaucoup neige mais beaucoup de vent aussi !
On peut dire que la saison 2013/2014 a été excellente, preuve que les produits que nous proposons et dans lesquels nous avons investis font mouche auprès de notre clientèle. Malgré une météo capricieuse, nous avons également eu une bonne fréquentation cet été, ce que nous devons en partie au passage du Tour de France dans les Pyrénées. L’événement a eu un impact considérable sur tout le tourisme dans la vallée.
Concernant la problématique du calendrier scolaire, les Pyrénées sont un peu moins impactés mais cela ne doit pas nous empêcher d’être vigilants. Le ski de printemps, chez nous n’est réservé qu’aux afficionados. Dès qu’il commence à faire beau et chaud, la majorité des gens va à la mer. D’ailleurs, nous fermons tous nos stations début avril et ce depuis longtemps. Pour 2014/2015, nous espérons faire la même saison : de la neige qui arrive tôt, du froid et une météo clémente ; je signe tout de suite !

 

 

Les règles que nous nous sommes fixées

Nous avons clairement précisé les critères qui ont conduit notre enquête. Certains choix ont été redéfinis afin de délimiter l’espace concerné, la tarification prise en compte, le chiffre d’affaires retenu, le panel, etc.

La source d’information.

Fin juin, 200 questionnaires ont été adressés aux opérateurs français de remontées mécaniques. Nous avons par la suite procédé à plusieurs types de relances : par courrier, puis par téléphone, fax et mail. Finalement, nous avons obtenu 128 réponses. Par conséquent, et sauf erreur de notre part, tous les chiffres mentionnés dans ce dossier proviennent des opérateurs eux-mêmes.

L’espace concerné.

orsqu’une société exploite un domaine relié sur des stations différentes, nous avons choisi de regrouper l’ensemble sous une seule identité. Cela est valable pour la SAP, la S3V, la SETAM et la STOR, ADS, la SATVAC-SAMSO, la Compagnie du Mont Blanc, les domaines skiables de Flaine et Giffre, la régie des remontées mécaniques du Queyras, Praz-de-Lys Sommand, le Syndicat Mixte des Monts Jura, le Val d’Arly. A contrario, un opérateur qui gère plusieurs stations non reliées est identifié pour chaque site. C’est le cas, entre autres, d’Altiservice, SATA, EPSA, etc.

La tarification.

Nous avons opté pour les prix affichés forfaits « adulte », « station » et non domaine groupé.

Le chiffre d’affaires.

Il s’agit des recettes nettes TTC perçues « aux caisses » (en direct, individuel, TO groupes, Internet, etc.) Ce chiffre d’affaires ne tient pas compte des éventuelles répartitions pour les domaines reliés, ni des redevances, taxes et autres…

Les ratios.

Nous avons sélectionné les ratios les plus représentatifs de l’activité des opérateurs. Ils permettront aux professionnels du milieu de la montagne de comparer de manière objective les diverses stations. Ils offrent des classements par massif, par statut, selon la progression des stations ou encore selon le nombre de salariés.

L’emploi.

Pour l’emploi saisonnier, nous avons, comme c’est l’usage, appliqué la règle selon laquelle trois emplois saisonniers équivalent à un emploi permanent pour calculer l’emploi à temps plein. Par ailleurs nous avons considéré les chiffres maximums qui nous ont été communiqués. Nous ne distinguons pas les stations intégrant le personnel du service des pistes au nombre total d’emplois et celles qui ne le font pas. Nous respectons les données envoyées par les opérateurs des remontées mécaniques.

Les résultats.

Afin de faciliter la lecture de ce dossier, nous utilisons le terme de chiffre d’affaires (CA) pour les recettes nettes encaissées aux caisses. Nous avons traité les données en les analysant par massifs, par statuts juridiques et par chiffres d’affaires, en les comparant à notre dernière enquête qui portait sur la saison d’hiver 2012/2013 (Montagne Leaders n°239).
Les ratios qui en résultent n’ont qu’une valeur indicative. En effet le panel n’est pas en tout point identique. Ces ratios et statistiques ne représentent qu’une tendance ponctuelle, mais ils permettent cependant une comparaison de plusieurs saisons.

Le panel.

En raison de son poids économique très fort, nous avons découpé le massif des Alpes du Nord en trois sous-massifs :
la Savoie, la Haute-Savoie et l’Isère. Les autres massifs ont été traités en tant que tels.

 

 

Les informations de ce dossier sont tirées de l'enquête exclusive "Top 100". Toute l'enquête est disponible dans le magazine Montagne Leaders n°245.

> Dossier réalisé par la rédaction.
> Photos : DR / Dovemed, Olivier Petitti.

 

Les autres enquêtes exclusives de Montagne Leaders

Top 100 des domaines skiables par chiffre d'affaires

Enquêtes investissements des domaines skiables

 

Twitter Facebook Google Plus Linkedin  

Du 12 au 13 septembre 2016

Sport Achat,
Lyon (France)

Du 15 au 16 septembre 2016

Symposium
« Le paysage culturel viticole, son intégration dans la dynamique touristique »,
Cahors (France)

Du 16 au 17 septembre 2016

Golf Interstations,
Pont Royal (France)

Du 29 au 30 septembre 2016

Colloque « La gouvernance touristique des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe »,
Paris (France)