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Top 100 2014/2015 : contre vents & marées

Vendredi 2 Octobre 2015

Redoubler d’efforts !

Top 100 des domaines skiables 2014/2015
Pierre Lestas Président des Domaines Skiables de FranceA l’issue de la saison 2014/2015, la France reprend la place de numéro 1 mondial avec 53,9 millions de journées-skieur. C’est un signe positif, comme l’est aussi la stabilité de notre activité (en recettes) l’hiver passé, malgré un début de saison particulièrement difficile en termes d’enneigement. J’y vois une preuve de la robustesse de notre modèle économique et de nos choix d’investissement, notamment la neige de culture qui couvre désormais 30 % des pistes de ski françaises. Je n’oublie pas non plus les travaux de pistes et le damage qui participent aussi à la réduction de notre exposition à l’aléa climatique, pour le grand bénéfice des saisonniers de l’ensemble des acteurs des stations dont les contrats se trouvent sécurisés.

Autre point positif : la décision du gouvernement, ce printemps, de ramener les vacances de printemps sur le mois d’avril. Cette modification s’appliquera dès l’hiver 2015/2016, et doit se conjuguer aux efforts de France Montagnes pour que le « printemps du ski » devienne une nouvelle saison dans la saison, et que les vacances de printemps retrouvent bientôt la place qu’on leur connaissait jusqu’en 2010.
Mais le présent ne nous apporte pas que des satisfecit. Je m’inquiète par exemple du niveau des investissements en remontées mécaniques cette année. Le renouvellement de nos infrastructures est l’un des enjeux majeurs auxquels nous seront rapidement confrontés. Alors que ceci devrait déclencher réflexions et prises en compte à tous les niveaux, je crains que le sujet du changement climatique n’éclipse ce sujet des esprits cet automne en raison de la COP21, et je redoute de lire dans la presse les amalgames qu’on y lit souvent à propos de nos stations. Plutôt que de les laisser s’étaler et servir de prétexte à l’inaction, nous avons décidé avec l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne, de réaliser une brochure sur les stations face au changement climatique.

Le changement climatique n’est pas ce qui menace nos stations à court et moyen terme. Il importe de conforter notre économie pour que les stations continuent de jouer le rôle de locomotive économique et sociale qu’elles jouent dans de nombreux territoires de montagne : recrutement de nouveaux skieurs, renouvellement des infrastructures, consolidation de la promotion touristique via des offices de tourisme proches des réalités de terrain, tels sont les sujets qui justifient que nous redoublions d’efforts.

Pierre Lestas
Président des Domaines Skiables de France

 

Contre vents & marées

Au sortir d’une saison 2013/2014 compliquée, notamment en raison du facteur météorologique, d’un calendrier scolaire pesant, d’une baisse de journées-skieurs en partie dûe à la crise économique qui Focus sur les chiffres clés des remontées mécaniques et domaines skiables 2015rappait tant la clientèle française qu’étrangère, sans oublier la perte de la première place du classement mondial des domaines skiables, tous espéraient travailler sereinement. Tous souhaitaient connaître et vivre une saison 2014/2015 placide, éthérée, sans anicroche, ni nuage à l’horizon. Et, effectivement, ils ont connu un début de saison sans nuage à l’horizon, sans cumulus chargés de neige. En connaissez-vous beaucoup des hommes qui auraient remis leur bleu de chauffe pour repartir au charbon ? Connaissez-vous beaucoup d’hommes qui ne se seraient pas décourager d’accueillir des clients sans leur proposer un produit optimum ? Imaginez-vous les nuits qu’ont dû passer ces hommes à scruter les bulletins météos, à invoquer je ne sais quelle divinité pour que la neige fasse enfin son apparition ? Et bien, nous les connaissons ces hommes là, ils sont pisteurs, nivoculteurs, dameurs, travaillent aux remontées mécaniques ou aux caisses, sont mécaniciens, dirigeants de stations, nous parlons bien de tous les acteurs  qui composent un domaine skiable. Car tous, quelle que soit leur fonction ont un but commun : faire en sorte que le client final soit heureux de sa journée, de son séjour et, qu’il revienne la saison prochaine. Même si toutes
les journées n’ont pas été radieuses, ils ont toutes et tous gardé confiance et le sourire.
Car oui, sous leurs mines parfois inquiètes, ils ont conservé ce sourire malgré un début de saison parfois jugé comme plus que délicat et, nous ont communiqué leurs chiffres pour que nous puissions les publier : une fois de plus, nous les en remercions. Car oui, connaissez-vous d’autres secteurs d’activités si transparents sur leur chiffre
d’affaires, leur nombre de journées-skieurs, leur passage aux remontées mécaniques ? La montagne n’est
décidément pas un secteur comme les autres. Oui, vous avez bien lu et nous sommes persuadés, convaincus, l’industrie de la montagne est un secteur à part, un secteur qui sait, malgré une concurrence de chaque instant, s’unir quand il le faut.
Et, la montagne française l’a déjà prouvé, a déjà démontré sa capacité et son pouvoir à agir ensemble, pour une cause commune, pour peser de tout son poids face aux plus hautes autorités de l’Etat. Preuve en est les nombreuses avancées législatives en matière de sécurité et de normes concernant les remontées mécaniques. Plus récemment, pour le calendrier scolaire, le monde de la montagne s’est fédéré pour agir et obtenir la considération qu’elle mérite. Et quand la montagne s’active, se met en mouvement, avance en ordre de marche, elle parvient à atteindre ses objectifs. Là est toute la subtilité de cette montagne française. Qu’il soit industriel, opérateur de remontées mécaniques, élu, socio-professionnel, issus de syndicats ou d’institutions tant privées que publiques, ils savent s’asseoir en bonne intelligence autour de la même table, partager leur réseau et agir ensemble, redoubler d’efforts pour arriver à leur but, contre vents et marées.

Que doit-on penser de la saison 2014/2015 ?

Répartition CA par tranches de CA dans Top 100Doit-on voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein ? Mais positivons car, mis à part un début de saison délicat selon les massifs, la saison est globalement positive, voir très positive. La baisse de chiffre d’affaires du Top 100 par rapport à l’année passée est anecdotique : 1,3030 milliards d’euros cette année contre 1,3046 pour la saison 2013/2014. Pour analyser les chiffres 2014/2015, prenons un peu de hauteur, de recul. Si l’on met ces chiffres en perspective, par rapport aux cinq dernières années, on se rend rapidement compte que la saison 2014/2015 est l’une des meilleures que nous ayons connues en terme de chiffre d’affaires. En effet, avec un chiffre d’affaires moyen s’élevant à 1,21 milliard d’euros, la saison 2014/2015 progresse de 7,29 %. Le constat est encore plus saisissant lorsque l’on compare la saison 2014/2015 à la moyenne des dix dernières années. Le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs de remontées mécaniques présents dans le Top 100 ces dix dernières années est de 1,10 milliard d’euros. En comparaison, la saison 2014/2015 progresse de 18,02% ! Remise dans son contexte, la saison 2014/2015 n’apparaît plus aussi morose. Surtout que des bonnes nouvelles, il y en a eu et il y a de quoi se réjouir pour l’avenir. Première d’entre elle, et nous en avons déjà parlé, la refonte du calendrier scolaire qui prend désormais en compte l’industrie du ski puisque, dès la saison prochaine, les vacances de printemps seront avancées d’une semaine. Ces dernières années, et vous le savez mieux que quiconque, les vacances de printemps avaient tendance à observer une glissade dangereuse vers le mois de mai. Pour l’année 2015/2016, les vacances de printemps s’étaleront du 11 avril au 1er mai, de quoi redonner le sourire à toute une filière ! Autre satisfaction, la possible voir très probable refonte de la loi montagne de 1985. Le 28 janvier dernier, le Premier Ministre Manuel Valls, suite à son discours d’octobre 2014 prononcé à l’occasion du Congrès de l’ANEM qui s’était tenu à Chambéry, confiait à deux parlementaires, Annie Genevard, députée du Doubs et Bernadette Laclais, députée de Savoie, la lourde tâche de « formuler des propositions concrètes et opérationnelles pour une actualisation » de la loi du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne. Là encore, la montagne a su se fédérer pour formuler des propositions visant à moderniser la loi montagne pour que soit rédiger un acte II. On ne parle bien entendu pas d’un simple réajustement juridique mais bien d’une nouvelle loi, intégrant notamment des problématiques actuelles comme la mobilité, l’accès au numérique, la pluriactivité, la saisonnalité des métiers et des activités, la promotion du tourisme, la gouvernance, la modulation de certaines normes en fonction des spécificités de la montagne, la simplification de certaines autorisations administratives.
Les deux parlementaires ont remis leur rapport le 27 juillet dernier au Premier Ministre. Intitulé « Un acte II de la loi Montagne, pour un pacte renouvelé de la nation avec les territoires de montagne », ce rapport de 156 pages apporte une trentaine de  propositions, 99 en comptant les sous-propositions, et se veut encourageant pour l’avenir même si certaines dispositions seront, espérons-le, encore discutées et ajoutées.
Top 30 > Journées-skieurs 2015Autre raison de se réjouir, la tenue le vendredi 25 septembre à Chamonix du Conseil national de la montagne présidée par le Premier Ministre. A l’heure où nous bouclons ce numéro, nous n’avons pas connaissance des propos tenus lors de ce Conseil mais une chose est sûre, il était question de législation car comme a tenu à le rappeler Eric Fournier, maire de Chamonix avant la tenue du Conseil dans sa commune « il est indispensable que la norme édictée au niveau national puisse faire l’objet d’une adaptation au contexte de montagne ». Nul doute que ces propos trouveront écho lors du Conseil national de la montagne.

Enfin, et nous gardions le meilleur pour la fin, la France vient de reprendre la première place du classement mondial des domaines skiables avec 53,9 millions de journées skieurs devant les Etats-Unis, 53,6 millions et l’Autriche, 51,8 millions (source DSF).

Que penser du millésime 2015 du Top 100 ?

MEILLEURES PROGRESSIONS DU CHIFFRE D’AFFAIRES 2015Si la baisse globale de chiffre d’affaires du Top 100 est anecdotique, 1 303 080 831 euros cette année contre 1 304 461 081 euros en 2014 soit -0,11%, la baisse de journées skieurs est elle à souligner. Domaines Skiables de France enregistre une baisse de 2,7% cette année et les domaines skiables français semblent s’enquérir de cette situation puisque nombreux sont les opérateurs à multiplier les opérations, les actions, les projets et les investissements pour regagner des skieurs.

Côté massif, la Haute-Savoie enregistre une baisse de chiffre d’affaires de 2,08% mais reste globalement stable par rapport aux dernières saisons. De son côté, la Savoie progresse de 1,08% et l’Isère accuse une lège baisse de 0,27%. Dans les Alpes du Sud, la baisse de 1,35% n’a rien d’inquiétante non plus comme dans le Massif Central, -2,86%, ou encore dans les Pyrénées, -2,30%. De son côté le Jura, +2,26%, et surtout les Vosges, +43,09% reprennent des couleurs et, ça fait plaisir ! Après une saison 2013/2014 plus que compliquée, les Vosges reprennent du poil de la bête puisque la neige a enfin couvert le massif même si le début de l’hiver, à l’image des autres massifs, a été délicat à gérer et à appréhender. Pour les Pyrénées, le recul de chiffre d’affaires peut s’expliquer par un enneigement parfois trop conséquent, des difficultés d’exploitation et même parfois des fermetures de domaine pour cause de risque trop important d’avalanche. Globalement, la saison 2014/2015 a été bonne, voir très bonne, ne nous en cachons pas ! En démontre les meilleures progressions de chiffre d’affaires puisque Gerardmer, +85,18%, le Lac Blanc, +63,71%, Métabief, + 33,43%, la Bresse, +24,75% sont suivis par Isola 2000, la Pierre Saint Martin, la Grave, Val Thorens, Valfréjus et Ancelle : presque tous les massifs sont ainsi représentés. A noter également le positionnement de la Savoie qui reste le département qui enregistre le plus de chiffre d’affaires, suivi par la Haute-Savoie et les Alpes du Sud. De son côté, le top 30 comporte exactement les mêmes opérateurs, dans un ordre différent… qui a perdu une place, qui en a gagné ? Trêve de parole, découvrez les graphiques et autres tableaux comparatifs.

Avant de vous laisser tourner la page, nous tenons une dernière fois à vous remercie car c’est bien grâce à vous que nous pouvons et que nous avons pu cette année encore établir ce Top 100 ! Un immense merci également aux stations qui ne sont pas présentes mais qui sont comptabilisés dans notre total Panel…pour information la 101e est la Félcaz Grand Revard…

 

Les informations de ce dossier sont tirées de l'enquête exclusive "Top 100". Toute l'enquête est disponible dans le magazine Montagne Leaders n°251.

> Dossier réalisé par la rédaction.
> Photos :© DR / Dovemed, Pelegrini.

 

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