Transport urbain : Brest sous le feu des projecteurs

Mercredi 18 Mars 2015

Nous y voilà enfin ! Quel plaisir de prendre la plume et d’écrire sur un appareil de transport par câble urbain en France. Nous attendions cela depuis longtemps et c’est la ville de Brest qui possédera donc la première installation en France. Nous vous l’annoncions brièvement dans le dernier numéro, revenons sur ce projet qui verra le jour en 2016 et qui nous tiendra, jusque là, en haleine.

Transport urbain par câble de Brest

En 2014, cinq constructeurs, associés à des entreprises de génie civil et des bureaux d’étude, avaient répondu à l’appel d’offre lancé par la Semtram, mandataire de Brest Métropole Océane. Après étude des offres et des dossiers techniques, c’est le groupement porté par BMF et Bouygues Construction qui a été retenu le 14 novembre dernier, pour réaliser le premier transport par câble urbain en France. Le projet, porté par la municipalité de Brest, vise a permettre aux piétons de relier les deux rives de la Penfeld et d’ouvrir une nouvelle jonction vers le futur quartier des Capucins. Si un temps un pont transbordeur, un pont routier ou une passerelle mobile avaient été envisagés, c’est finalement le transport par câble qui a été privilégié.
Car bien évidemment, le transport par câble présente bien des avantages tant économiques qu’écologiques comme a tenu à le souligner Victor Antonio, directeur de la mission tramway et téléphérique à nos confrères du Moniteur : « nous avons étudié toutes les options pour la traversée de la Penfeld et le rapport coût/performance du téléphérique est imbattable ». Mais si le choix de ce mode de transport s’est rapidement imposé, c’est notamment en raison de la géographie du site. En effet, la ville de Brest est coupée en deux par la Penfeld. Pour l’enjamber, deux ponts existent à l’heure actuelle mais pour réduire les inégalités de développement entre les deux rives, la municipalité a décidé d’ajouter une troisième voie d’accès, aérienne, pour favoriser l’éclosion du futur écoquartier des Capucins, un ancien site industriel et militaire. La volonté de la municipalité est clairement de rapprocher cette zone du centre-ville et du coup, d’élargir le cœur de la ville. Auparavant, les Capucins accueillaient des ateliers navals d’où sont sortis quelques fleurons de la flotte française mais les commandes chutant vertigineusement, l’activité a été délocalisée dans d’autres sites en 2004. En 2009, la zone a été cédée par l’Etat à Brest Métropole Océane qui a décidé d’y installer des logements et des équipements culturels.

Transport urbain par câble Brest

Le transport par câble s’est naturellement imposé

A Brest, le transport par câble s’est rapidement imposé pour répondre aux différents problématiques des la municipalité. 460 mètres séparent le bas de la rue de Siam, d’où partira le téléphérique, du plateau des Capucins et il fallait que l’infrastructure prenne en compte le fait qu’il fallait pouvoir laisser passer les bateaux. Le projet conduit par BMF permettra de relier les deux rives de la Penfeld en trois minutes et garantit une stabilité de l’appareil jusqu’à des vents de 120 km/h.
Mais si le projet de BMF a été choisi, c’est bien en raison de son côté innovant. En effet, BMF a totalement repensé le téléphérique à va-et-vient en le mariant avec le principe du Funitel et en créant un nouvel appareil, le SDMC, pour Saut De Mouton à Câble. A Brest, les véhicules ne se croiseront pas horizontalement mais verticalement ce qui réduit considérablement l’encombrement des deux stations. Associé notamment à Bouygues Construction, DCSA, Seirel Automatismes, SETEC et Halet Villette Architectures, BMF a su proposer un projet séduisant. Pour Nicolas Chapuis, directeur BMF France, « le concept et le futur SDMC proposera une mécanique simplifiée et une grande disponibilité ». Le premier semestre 2015 sera dédié aux études préparatoires et les travaux devraient débuter dès le second semestre avec une livraison au second semestre 2016. De nombreux challenges attendent BMF et les entreprises du groupement, notamment l’intégration des gares, les phases de génie civil et la réalisation d’un pylône de 80 m de haut qui permettra aux véhicules d’enjamber la Penfeld tout en laissant suffisamment de hauteur pour que les bateaux puissent circuler sous l’appareil. Au programme également, une importante phase de mise au point, d’intégration et de tests afin de livrer un appareil unique en son genre : le premier téléphérique urbain en France.
Le téléphérique de Brest devrait fonctionner 358 jours par an et tournera 17 heures par jour. Il sera bien évidemment intégré au réseau de transport en commun déjà existant et la gestion sera déléguée à Keolis. Avec le même ticket, les usagers pourront, dès 2016, utiliser le bus, le tram et le téléphérique. Le téléphérique de Brest est sur une bonne voie et vous pouvez compter sur nous pour vous en détailler toutes les avancées…

Transport urbain par câble de Brest

 

© Photos BMF

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