« Cet hiver, c’est ouvert ! »

C’est la volonté exprimée à l’occasion du congrès 2021 de Domaines skiables de France. Cette édition chambérienne, qui s’est déroulée le 30 septembre dernier, a confirmé toutes les attentes des stations à la veille de l’hiver 2021-2022. L’ouverture sans pass sanitaire semble se dessiner avant les annonces officielles d’ici quelques jours.

Ouvert et blanc plutôt que tout vert ! Les stations de ski se tiennent prêtes à revivre normalement, en espérant que l’or blanc soit au rendez-vous. « Globalement, cela s’annonce bien. Nous savons que les clients nous aiment, ont une vraie appétence pour le ski, comme le dernier sondage Ipsos l’a confirmé (voir encadré), donc nous pouvons imaginer du monde dans les stations. D’autant que les ventes cartonnent », commente Yves Dimier, directeur de Val Cenis (Savoie).

Le rôle central du ski

Une attente forte autour de la neige et du ski rappelée lors de l’intervention de Laurent Wauquiez, président de la Région Auverne-Rhône-Alpes, qui souhaite faire passer la couverture des stations en neige de culture à 70 % contre 50 % aujourd’hui, et par les différents secrétaires d’État passés sur l’estrade de la salle du Phare, Joël Giraud (chargé de la Ruralité) et Jean-Baptiste Lemoyne (chargé du Tourisme). À l’instar d’Alain Griset, ministre des TPE-PME et d’Olivier Véran, ministre de la Santé, leurs discours insistaient sur l’importance du ski dans l’écosystème montagnard, tout en soulignant la nécessité d’envisager le futur et un tourisme plus durable où environnement et économie trouveraient un plus juste équilibre.

Un tourisme plus durable

Au regard du plan d’investissement gouvernemental Avenir Montagnes ou des échanges lors des États Généraux de la transition du tourisme en montagne, il apparaît que l’ensemble des acteurs partagent les mêmes constats sur la nécessité d’agir maintenant. « L’heure est à travailler, à dialoguer, parce que nous avons des défis sacrément lourds devant nous. Nous risquons d’être tous en échec si nous ne sommes pas ensemble, même en désaccord », estime Frédi Meignan, vice-président de l’association environnementale Mountain Wilderness. Mais certains points d’achoppement semblent difficilement surmontables, notamment sur la question des retenues collinaires et des enneigeurs. D’où la nécessité du dialogue et de la concertation permanente, comme en témoigne Guillaume Desrues, maire de Bourg-Saint-Maurice-Les Arcs (Savoie).

« Il faut réfléchir au cas par cas, en fonction des massifs. La retenue peut être vertueuse en multi-usage. Sinon je suis contre », expliquait Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère qui mettait en avant le rôle joué par la commission locale de l’eau (CLE) Drac-Romanche, organisme dont elle est présidente, dans la conduite des projets. Une recherche de compromis nécessaire pour dépasser les clivages et construire un avenir en commun. Car c’est bien de cela dont il s’agit. « De plus en plus, nos clients viennent chercher une expérience différente. Nous devons avoir la capacité à réenchanter, repenser nos aménagements », note Véronique Riotton, députée de la Haute-Savoie. Cependant, le premier des enchantements passera par un hiver 2020-2021 réussi.

Besoin de visibilité

Mais ce congrès de DSF, marqué par la réélection d’Alexandre Maulin (voir l’encadré ci-dessous) pour un nouveau mandat de président, attendait surtout quelques annonces sur les conditions sanitaires de la saison hivernale à venir. Tandis que des destinations concurrentes, comme l’Autriche et l’Italie, ont déjà pris position sur les protocoles à mettre en place pour l’accueil des touristes et la circulation des skieurs, la France reste dans l’incertitude, malgré des discours rassurants sur une ouverture des domaines skiables sans pass sanitaire.

Exprimant leur besoin de visibilité, tous ont donc appelé à une décision rapide, afin de rassurer les clients des domaines skiables, mais aussi pour permettre aux professionnels d’organiser leurs ressources humaines déjà perturbées par l’obligation de vaccination. Si cette vaccination confère une pertinence supplémentaire aux protocoles sanitaires établis par les stations, elle génère également nombre de questions : comment accueillir des visiteurs internationaux présentant des valeurs vaccinales autres que celles reconnues par l’Union européenne, ou comment attirer les Britanniques, pour l’heure toujours soumis à une obligation de quarantaine au retour ?

Prenant l’exemple des transports en commun, exemptés de pass sanitaire, le monde de la montagne souhaite rapidement réintégrer le droit commun sans devoir imposer à ses visiteurs un contexte plus sécuritaire qu’ailleurs. En conformité avec une décision préfectorale toute récente, ce congrès de Chambéry a permis à ses participants d’évoluer sans masque. Est-ce là un signe annonciateur pour l’hiver à venir ?

Alexandre Maulin, reconduit président de Domaines skiables de France
Alexandre Maulin a débuté son premier mandat à la présidence de Domaines skiables de France (DSF) en 2018, à l’occasion du congrès parisien qui célébrait les 80 ans du syndicat. Ce mandat a été marqué par une saison 2019-2020 écourtée par le premier confinement, puis par l’hiver 2020-2021 sacrifié du fait de la fermeture administrative des remontées mécaniques. Cette première présidence aura aussi été celle des 16 éco-engagements des stations françaises, annoncés l’an dernier durant le congrès de Grenoble. Son groupe, Maulin.ski, opère les domaines skiables savoyards du Corbier (SATVAC) et de Saint-Sorlin d’Arves (SAMSO). Il a été reconduit à la présidence de DSF le 30 septembre dernier au cours du congrès 2021 qui se tenait au Phare, à Chambéry.