La transition des saisons

À l’heure où le chapitre estival vient tout juste de se refermer, avec des indicateurs plutôt positifs, la page hivernale 2021-2022, et toutes les questions qu’elle soulève, est déjà à l’ordre du jour.

7,3 %. Le chiffre était sur toutes les lèvres la semaine dernière et a été allègrement commenté lors du Mountain Debrief organisé par l’Union Sport & Cycle au Grand-Bornand. Le taux d’occupation dans les massifs français a encore augmenté cette année par rapport à l’été 2020, signe que la montagne séduit aussi l’été. Et ce malgré une météo maussade en juillet, le pass sanitaire, l’absence des touristes étrangers et la présence moindre des résidents secondaires qui représentent 40 % de l’activité. Mais au regard des disparités observées entre la fréquentation en moyenne montagne et celle des stations d’altitude ou du ressenti du terrain des élus et des socioprofessionnels, ce chiffre semble à nuancer. Surtout, les taux de fréquentation et d’occupation nécessiteraient d’être mis en perspective par d’autres indices, comme le rappelait justement Lionel Flasseur, directeur d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme : « j’ose espérer que nous ferons évoluer nos indicateurs pour aller au-delà de la fréquentation et de la croissance et parler de taux de satisfaction et de qualité d’accueil. C’est aussi cela la transition ».

Cap sur l’hiver

Le plan « Avenir Montagnes » qui doit porter des investissements sur un tourisme plus durable et orienté sur le quatre saisons, est un autre élément fort du lien entre l’été et l’hiver, qui pose cependant question pour Domaines skiables de France. « L’effet waouh est passé. Nous n’avons pas d’éléments précis et rien actuellement ne permet de dire que c’est un dispositif rapide, facile et pragmatique pour relancer l’investissement », analyse son président Alexandre Maulin. Autres doutes bien légitimes, ceux exprimés par les acteurs de la montagne à trois mois de l’ouverture de la saison hivernale. Lundi dernier, ils se sont réunis (ANMSM, DSF, SNMSF, SNRT, GNI, l’UMIH et des parlementaires) une première fois pour envisager un protocole sanitaire renforcé et aborder une potentielle application du pass sanitaire (ils se retrouveront le 20 septembre et début octobre). « Nous avons été échaudés, cela ne se reproduira pas », glisse Jean-Luc Boch, président de l’ANMSM.