Les JO d'hiver 2030, une chance « pour la plus belle montagne du monde »

Alors que la France et la Savoie s’apprêtent à célébrer le trentième anniversaire des Jeux olympiques d’Albertville de 1992, l’annonce d’une nouvelle candidature française pour les JO d’hiver de 2030 a ravivé les plus beaux souvenirs de cette quinzaine historique. Elle a surtout fait l’effet d’une bombe, car totalement inattendue.

L’indiscrétion a été rendue publique par nos confrères du Dauphiné Libéré jeudi dernier et a pris tout le monde de court, y compris le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) qui n’a pas encore été consulté. Cette initiative portée par Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et Hervé Gaymard, président du Département de la Savoie, n’est certes encore pas officielle, mais elle semble très sérieuse. Laurent Wauquiez évoque d’ailleurs une candidature « des Alpes, du mont Blanc au Vercors » afin d’embarquer tout le territoire régional dans un objectif commun, comme pour accompagner ses ambitions liées au plan neige 2 de la Région.

« Organiser les Jeux olympiques est une chance. Albertville a donné un élan extraordinaire mais c’était il y a trente ans. Ensemble, nous pouvons porter un projet dans une montagne durable, nature, respectueuse de l’espace, avec un aménagement durable. On peut par exemple permettre une seconde vie aux infrastructures qui existent, mais qu’on veut moderniser et projeter vers l’avenir. Il n’est pas question de gigantisme, mais de proposer des jeux durables. On a la plus belle montagne du monde. Ça va fédérer la Région, le pays, c’est une source de fierté ; et pour ceux qui s’inquiètent de la proximité des Jeux de Paris, il faut avoir à l’esprit que les olympiades ont été attribuées deux fois Pékin ces dernières années. Nous avons toutes nos chances ! »

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes

Verdict en 2023

Les atouts pour accueillir de nouveau les JO d’hiver ne manquent évidemment pas, d’autant que de nombreux équipements utilisés en 1992 ont été réhabilités et que les stations de ski possèdent des pistes au standing élevé, à commencer par Courchevel-Méribel qui accueilleront les finales de Coupe du Monde de ski en 2022 et les Mondiaux l’année suivante, épreuve qui se déroulera quelques semaines avant le choix du Comité international olympique pour désigner la ville hôte des JO de 2030 (Salt Lake City, Sapporo et Barcelone sont déjà candidats).

«  Je suis favorable à l’idée d’une nouvelle candidature de la Savoie, et plus largement de la région Auvergne-Rhône-Alpes, pour l’organisation de prochains Jeux Olympiques d’hiver, mais à deux conditions : il faut que l’idée fasse consensus et il faut pouvoir écrire un projet qui soit le plus neutre possible en terme d’impact environnement, en réutilisant notamment les équipements créées pour les JO d’Albertville en 1992. »

Hervé Gaymard, président du Département de la Savoie

Des enjeux territoriaux

À l’heure où les aménagements en montagne sont souvent sujets à controverse et qu’une telle candidature engendrerait un budget colossal dans un contexte de réchauffement climatique, une stratégie de développement territorial associée à l’événement semble indispensable. « C’est l’occasion de repenser la stratégie de transition des aménagements dans les Alpes : un plan ferroviaire réaliste, des services aux habitants et la maîtrise des prix du foncier pour les habitants des territoires, mais sans faire du greenwashing. Les enjeux sont trop importants pour les territoires de montagne à partir de 2030 », livre Éric Adamkiewicz, maître de conférences en management du Sport et développement territorial à l’université de Toulouse. Assurément, les défis sont de taille pour associer JO, durabilité et montagne.