Plan « Avenir Montagnes », le nouveau versant des massifs français

Jeudi matin, le Premier ministre Jean Castex était du côté des Arcs et de Bourg-Saint-Maurice afin de présenter le plan montagne du gouvernement, annoncé en février dernier et baptisé « Avenir Montagnes ». Des mesures de relance et de soutien qui représentent un total de 650 millions d’euros, en plus de 5,4 milliards d’euros d’aides d’urgence déjà versées depuis le début de la crise.

Il y a un petit peu plus de deux mois, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État chargé du Tourisme, et Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la Ruralité, s’étaient rendus à Chamonix pour lancer les consultations avec les acteurs de la montagne, élus et professionnels, dans tous les massifs français, pour construire le plan montagne de demain, pour une montagne plus durable et plus diversifiée. Pour pallier l’urgence, le gouvernement a injecté 5,4 milliards d’euros d’aides pour soutenir tout un écosystème contraint à l’arrêt total par les contraintes sanitaires et surtout par la fermeture administrative des remontées mécaniques. Les exploitants de domaines skiables ont par exemple bénéficié d’une dérogation de la Commission européenne pour que l’État verse 49 % du chiffre d’affaires des trois derniers exercices sans Covid sous forme d’indemnisations.

Panser aujourd’hui, penser demain

Pour aller au-delà du soin palliatif, relancer la machine et construire un avenir durable pour la montagne, le plan « Avenir Montagnes » a été bâti méticuleusement avec les élus et les organisations professionnelles. Ce plan doit permettre de répondre à l’ambition d’un tourisme durable et résilient à travers trois axes :
– Favoriser la diversification de l’offre touristique et la conquête de nouvelles clientèles ;
– Accélérer la transition écologique des activités touristiques de montagne ;
– Dynamiser l’immobilier de loisir et enrayer la création de nouveaux  de « lits froids ».

Pour parvenir à ses objectifs, l’État va mobiliser plus de 640 M€ de crédits publics, générant près de 1,8Md€ d’investissement dans les territoires de montagne. Avec d’un côté, le fonds « Avenir Montagnes » doté de 331 millions d’euros comprenant un volet de soutien à l’investissement de 300 millions d’euros, cofinancés avec six régions, visant l’émergence de projets touristiques en lien avec les trois axes du plan, et un volet d’accompagnement de 31 millions d’euros consacré à l’accompagnement en ingénierie des territoires qui en ont besoin. Et de l’autre, des mesures pour accélérer la rénovation globale et l’occupation de l’immobilier de loisirs en station pour lutter contre la problématique des lits froids. La Banque des territoires investira 125 millions d’euros sur cinq ans dans des foncières, aux côtés d’autres investisseurs. Le plan comprend également un volet sur la transition écologique des activités touristiques en montagne avec l’aménagement de 1000 km de sentiers (10 M€ d’investissements) et la mise en place d’un accompagnement en ingénierie pour améliorer la mobilité des premiers et derniers kilomètres (doté de 10M€), à l’image des ascenseurs valléens.

Jean Castex et ses ministres dans les salons du maire de Bourg-Saint-Maurice, Guillaume Desrues @ Les Arcs – Bourg-Saint-Maurice

La mobilité est l’un des enjeux majeurs du tourisme en montagne alors que la voiture représente 57 % des émissions de CO2 des destinations touristiques d’altitude. De mobilité, il en était également question ce matin lors de la restitution de l’enquête exclusive menée par Montagne Leaders et le cabinet G2A Consulting, avec AGATE, sur la « mobilité des clients français en montagne ». Les ambitions des acteurs de la montagne semblent donc se connecter pour imaginer un futur durable. Reste à concrétiser ces synergies par des projets de transition concrets et ambitieux.  

Les 14 mesures du plan « Avenir Montagnes »

Les réactions
 
Joël Giraud, secrétaire d'État chargé de la Ruralité : « Avenir Montagnes est le fruit d’un intense travail de concertation et a été conçu avec la participation active de tous les acteurs de la montagne, au sein de chacun des massifs. Des moyens importants seront mobilisés par l’État pour favoriser l’émergence d’une nouvelle offre touristique, plus durable, plus résiliente, et adaptée à la diversité des territoires de montagne. En tant qu’ancien maire d’une commune rurale des Hautes-Alpes, je sais que les collectivités territoriales sauront tirer profit de toutes les opportunités qu’offre ce plan d’investissement. »

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État chargé du Tourisme : « La montagne, lieu historique privilégié de villégiature, de loisirs et de découverte, constitue un pan essentiel de l’attractivité touristique de la France auprès de nos clientèles domestiques et étrangères. Plus que jamais, le tourisme et la montagne ont un destin commun dans la relance. L’objectif du plan Avenir Montagnes est simple : permettre à la montagne française de retrouver sa place de leader sur la scène internationale. »
  
Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France : «  Nous ne pouvons être qu’heureux de voir que le gouvernement reconnaît la spécificité de la montagne. Nous pouvons le féliciter qu’il travaille avec les régions, qui ont leur mot à dire sur le développement des territoires. Nous prenons acte des montants annoncés sous forme d’aides et de subventions. Pour nous, c’est capital et cela nous donne les moyens de nous relancer et de réfléchir à l’avenir de nos montagnes. Grâce aux prêts avec remboursement décalé et aux prêts sur le long terme, nous allons pouvoir investir tout de suite et c'est une satisfaction.»