Préparer la montagne de demain

Lors d’un déplacement en Haute-Savoie hier, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État chargé du Tourisme, et Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la Ruralité, ont présenté les contours du plan d’investissements pour la montagne qui devrait permettre d’accompagner les territoires de montagne vers un tourisme “durable et résilient”.

Les secrétaires d’État Jean-Baptiste Lemoyne et Joël Giraud avaient choisi la Haute-Savoie et plus particulièrement les villes de Chamonix et Cluses pour lancer les travaux de concertation sur le futur plan d’investissement pour le tourisme de montagne annoncé par le Premier ministre début février. “Le calendrier, c’est pendant six semaines, une concertation intense, massif par massif”, a expliqué le secrétaire d’État chargé du Tourisme.

La spécificité des massifs français

Ce plan d’investissements vient s’ajouter aux quatre milliards d’euros d’aides déjà promises par le gouvernement, afin de penser à demain, même si comme le rappelait Jean-Baptiste Lemoyne, “pour préparer l’avenir, il faut déjà préserver et faire fructifier le legs formidable des pionniers et il n’aurait pas été possible de réfléchir à la montagne française dans dix ans sans s’assurer qu’on la sauvait pour les mois qui viennent “. L’objectif sera de réunir à la fin du mois de mai, un comité interministériel qui statuera sur les besoins recensés lors des échanges avec les acteurs de la montagne dans les différents massifs. Car, contrairement aux grandes politiques sur la montagne menées par le passé, ce plan d’investissements se veut résolument respectueux des spécificités des montagnes françaises. “Entre Chamonix et le Massif Central c’est différent. Chaque massif a des territoires complètement différents, a des modèles de développement complètement différents. Il s’agit d’un projet où nous n’annonçons pas à l’avance combien nous allons mettre d’argent quelque part mais d’un projet qui soit construit territorialement, et ensuite effectivement l’argent arrivera “, a annoncé Joël Giraud.

Une montagne à l’année

L’objectif de ce plan d’investissements est bel et bien de préparer la montagne du futur en renforçant sa compétitivité, la diversification des activités, le tourisme 4 saisons, en encourageant la rénovation des bâtiments et des résidences de tourisme, en développant les infrastructures numériques (fibre, 4G et 5G) et de mobilité (trains, ascenseurs valléens) pour que la montagne soit un vrai espace de vie à l’année et profite aussi bien aux habitants qu’aux touristes. Dans l’après-midi, les élus du Grand Massif ont ainsi présenté les stratégies et les enjeux de leur politique de développement touristique qui réunit bien des critères mis en avant par le gouvernement.

L’inquiétude des élus et des professionnels

Si ce déplacement n’a débouché sur aucune annonce nouvelle, il a eu le mérite de réunir les acteurs, des élus à Domaines skiables de France, en passant par les associations ou encore les ESF. Un écosystème toujours inquiet de voir son modèle économique remis en cause avec une saison noire. ” Ce plan de relance c’est très bien, mais avant de relancer une économie, il faut la sauvegarder. Les indemnités ne sont encore pas toutes tombées, et de nombreux acteurs sont en grande difficulté. Il va falloir que ce plan soit bien défini. Pas exclusivement sur de l’investissement sur du développement durable, mais également sur les territoires, les domaines skiables, dans les stations. C’est vraiment là-dessus que nous allons être très vigilants pour que le modèle qui nous a permis de vivre et d’exister, ne périclite pas en l’espace de quatre mois”, livrait Jean-Luc Boch, président de l’ANMSM. Des propos largement partagés par Alexandre Maulin, président de DSF, qui se veut néanmoins confiant pour la suite. ” Nous attaquons la semaine prochaine, avec Jean-Baptiste Lemoyne, les séminaires sur la réouverture de toutes les activités. Nous sommes pressés de relancer la partie estivale et d’éprouver nos protocoles. Nous avons vu l’attachement des Français pour le ski et je pense qu’ils reviendront, peut-être différemment, mais le ski a encore de beaux jours devant lui“. Concilier aujourd’hui et demain, l’enjeu est de taille. Ces six semaines ne seront pas de trop pour donner une direction et des perspectives pour les prochaines années.