Tignes rouvre, le pass en question

Alors que l’ouverture du glacier de Tignes le week-end dernier a redonné le sourire aux skieurs et de l’espoir à l’écosystème de la montagne pour l’hiver à venir, la question de l’application du pass sanitaire ou non est au coeur de l’actualité suite aux propos de Jean-Baptiste Lemoyne hier.

Cela devient une nouvelle habitude. Un événement qui attire les caméras. Depuis la fermeture administrative des remontées mécaniques le 15 mars 2020, l’ouverture automnale des glaciers français suscite une attente particulière et fait souffler un vent d’espoir pour l’écosystème de la montagne, à l’instar de l’ouverture estivale.

Samedi dernier, Tignes et son glacier de la Grand Motte ont ouvert le bal de la saison 2021-2022. L’année dernière, à la même époque, l’exploitation avait été stoppée au 29 octobre, après quelques jours d’ouverture, du fait de l’annonce d’un nouveau confinement par le Président Emmanuel  Macron. Ce cru 2021 ne devrait lui pas connaître de rebondissements. Ainsi, 1 000 skieurs (par jour) avides de glisse ont profité des pistes. Des skieurs qui pourront également se rendre du côté des Deux-Alpes à partir de ce samedi.

« Ce fut un très bon week-end d’ouverture. Les gens avaient des fourmis dans les jambes et ont fait part de leur grande satisfaction de retrouver les pistes. Nous sommes très satisfaits, nous avions bien préparé le glacier avec cinq pistes, les équipes étaient prêtes et le seront pour l’hiver. Pour nous, l’important est que ce soit ouvert, avec ou sans pass sanitaire.»

Pascal Abry, directeur général de la STGM (Société des téléphériques de la Grand Motte)

Une saison 21-22 avec le pass sanitaire ?

Cette année, la menace d’une fermeture généralisée semble écartée. Mais la question du pass sanitaire est, elle, au cœur des discussions. Car si lors du congrès de DSF à Chambéry le 30 septembre dernier, les acteurs de la montagne évoquaient de concert le message « cet hiver, c’est ouvert » et que le secrétaire d’État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne assurait que les stations seraient ouvertes sans pass sanitaire, sauf en cas de dégradation de la situation sanitaire, les déclarations de cette semaine laissent planer le doute. En l’espace d’une quinzaine de jours, le secrétaire d’État est donc passé de « aujourd’hui le droit commun n’impose pas le pass sanitaire dans les remontées mécaniques, on va continuer comme cela » à « c’est une réflexion (le pass sanitaire) qui est en cours, on se pose la question et on apportera la réponse prochainement », comme il l’a précisé à Sud Radio.

La différence est ténue, mais elle est symptomatique de l’ambiguïté avec laquelle le gouvernement aborde la question de la montagne depuis le début de la crise. Et lorsqu’on s’intéresse à la rhétorique gouvernementale, « réflexion » devient inéluctablement action. Ce serait donc tout sauf une surprise si les remontées mécaniques devaient se voir imposer le pass sanitaire pour l’hiver à venir, alors que justement les conditions d’ouverture, attendues pour la mi-octobre, se font toujours attendre. Mais tant qu’il sera possible de skier…