Une tendance et des attentes

Ce matin, G2A Consulting présentait son chiffre de la tendance de l’hiver, un rendez-vous annuel très attendu par les professionnels du secteur. Pour la saison hivernale 2021-2022, les réservations sont pour l’instant en baisse de 7 % par rapport à 2019-2020. Un indicateur qui laisse cependant la porte ouverte à une belle saison dans tous les massifs.

Si la tendance G2A n’est qu’une photo à date par rapport à l’année précédente, sauf cette année qui prend comme date de référence l’hiver 2019-2020, faute d’un hiver d’exploitation normale l’an dernier, elle donne le pouls de la saison et des clés aux professionnels de la montagne pour adapter leur stratégie de commercialisation. Ainsi, tous massifs confondus, les réservations sont en baisse de 7 % par rapport à 2019-2020 qui s’annonçait comme un hiver record avant la fermeture administrative des domaines skiables le 15 mars 2020. Les Alpes du nord s’en sortent mieux (-6 %) alors que les Alpes du sud (-11 %) affichent un retard conséquent sur les vacances de février et que les Pyrénées sont à -13 %, bien que les réservations pyrénéennes soient moins anticipées qu’en Rhône-Alpes.

Des disparités entre les stations

Autre point fondamental qui est ressorti de cette matinée G2A, la différence statistique entre les stations de moyenne montagne, dites de charme, qui sont sur des chiffres de réservations équivalents à 2019-2020, et les stations d’altitude qui constatent une baisse de -11 %. « Par rapport à ces premiers chiffres, aux Saisies nous sommes en progression de 8 % par rapport à N-2. Nous avons réussi à garder notre authenticité, à maîtriser notre urbanisme, et à proposer une offre multi-activité riche et dense. Tout va bien aux Saisies », commentait Olivier Reydellet, directeur de l’office du tourisme. En revanche, pour Benjamin Mugnier, directeur marketing de la Sagets, malgré une clientèle domestique qui va revenir, les problématiques liées aux Brexit engendrent une baisse de -14 % par rapport à 2019. Un petit peu plus haut, à Val d’Isère où la clientèle étrangère représente 62 % des skieurs, l’heure est plutôt à l’incertitude quant à la fréquentation de l’hiver à venir qui devrait se trouver en dessous des annonces du jour.

Dans l’ensemble, les professionnels de la montagne ont montré des signes plutôt positifs sur l’issue de l’hiver, d’autant plus suite aux propos de Jean-Baptiste Lemoyne lors du congrès de Domaines skiables de France lors duquel le secrétaire d’État chargé du Tourisme a annoncé que les domaines skiables ouvriront cet hiver sans pass sanitaire (les protocoles sanitaires définitifs seront annoncés mi-octobre) pour le moment. Les premiers flocons sur les sommets sont également attendus pour renforcer les réservations des clients.

Ils ont dit 
- Éric Bouchet, directeur de l’office du tourisme des Deux Alpes : « Nous sommes dans une position plus favorable que le chiffre annoncé de -7 %. Le prévisionnel est bon et nous sommes en avance par rapport à 2019. Nous sommes confiants sur la clientèle française, mais il reste un peu de frilosité chez les tour-opérateurs. Nous sentons une appétence des clients pour le ski. Ils réservent sur toutes les périodes. »  

- Marius Dompnier, directeur adjoint de l'office du tourisme de Chamrousse : « Nous avons rattrapé le retard sur les réservations pour l’hiver. Nous étions à -30 % en août, alors qu’actuellement, les données de la centrale de réservation nous placent sur une croissance du chiffre d’affaires de 10 % par rapport à 2019 et de 20 % par rapport à 2018.»

- Nicole Gallan, directrice de l'office de tourisme de Vars : « Nous sommes en légère baisse par rapport à 2019, mais pour l’instant, il n’y a rien d’inquiétant. Il y a un intérêt fort de la clientèle pour ce début de saison et le mois de février.»