Câble urbain : Un atout pour la mobilité de demain

Fortement développée en Amérique du Sud, l’offre de transport par câble en milieu urbain apparaît désormais comme une solution plébiscitée partout dans le monde pour faciliter la mobilité et réduire les flux de circulation. Les projets de 2021 en sont le parfait exemple. 

Depuis plusieurs années, un grand nombre de pays ont fait le choix du transport par câble pour résoudre des problématiques de relief, de désenclavement de quartiers ou de saturation des infrastructures routières. C’est le cas notamment en Amérique du Sud, continent pionnier dans le domaine. La ville de Medellín en Colombie a développé, avec le Metrocable, le premier réseau de transport par câble en milieu urbain à partir de 2004 (six lignes POMA à l’heure actuelle), puis la capitale bolivienne La Paz, perchée à 3 500 mètres d’altitude, lui a emboîté le pas en 2014, se dotant du plus grand réseau de téléphérique urbain du monde avec six lignes (Doppelmayr) et 25 millions d’utilisateurs chaque année. Sur le continent traversé par la Cordillère des Andes, les chantiers sont également favorisés par des contraintes administratives nettement moins prégnantes qu’en Europe, et en France notamment, sur la question du survol de terrains privés. 

Un cadre réglementaire plus favorable

Cependant, la loi du 3 août 2009, qui constitue le socle de la politique environnementale de notre pays, identifie ces systèmes de transport comme des alternatives pouvant offrir des réponses performantes dans une politique de réduction d’émissions de pollutions et de gaz à effet de serre. Et le décret n° 2015-1581 du 3 décembre 2015 relatif à l’instauration de servitudes d’utilité publique pour le transport par câble en milieu urbain a ouvert des possibilités et la concrétisation de projets d’envergure en France venant enfin prendre la suite des fameuses «bulles» de Grenoble, construites en 1934.

Après le téléphérique de Brest en 2016 (MND Ropeways), qui connaît une exploitation quelque peu chaotique depuis ses débuts, une ligne va ouvrir cet été à Saint-Denis-de-la-Réunion et surtout, à Toulouse où Téléo, le téléphérique urbain 3S de la ville, va être inauguré en décembre 2021. 
Réalisé par POMA et ses différentes filiales, il permettra de relier l’Université Paul Sabatier au site hospitalier de l’Oncopole en passant par l’hôpital Rangueil sur la colline de Pech David et en survolant la Garonne. « Le téléphérique sera intégré au réseau de transport en commun Tisseo. Il va permettre un gain de temps considérable et contribuer à développer la ceinture sud de l’agglomération. Emprunter la voie aérienne va changer la mobilité à Toulouse. J’ai rarement vu autant d’intérêt pour une nouvelle infrastructure de transport », développe Jean-Michel Lattes, vice-président de Toulouse Métropole et président de Tisséo.

Un enjeu de mobilité

Derrière la nouveauté et l’attractivité qu’il génère, le câble urbain répond, comme le rappelle David Aubonnet, président de la section des transports urbains/touristiques/industriels (UTI) de SNTF-DSF, à deux fonctions principales : le rattachement à l’urbain d’une zone excentrée et l’urbain en zone dense. Ce n’est donc pas un hasard si les collectivités se penchent de plus en plus sur cette solution pour remédier aux problématiques de circulation. Avec la volonté de relier le téléphérique urbain au réseau de transport en commun afin de renforcer le maillage du territoire de par un plan multimodal. Grâce à un temps de transport garanti et un niveau de sécurité élevé, il doit permettre de donner un nouveau visage à la mobilité urbaine dans les années à venir.

Les avantages du câble

Au-delà d’assurer une circulation plus fiable et plus directe sur certains secteurs de métropoles, le transport par câble urbain possède d’autres atouts d’envergure à l’heure du développement durable et de la réduction des émissions de CO2. Infrastructure très peu carbonné, le téléphérique urbain, malgré l’empreinte visuelle des pylônes, n’a également qu’un impact très modéré sur les sols. Enfin, dernier élément, et non des moindres pour une collectivité, le coût. À Toulouse, Téléo a représenté un budget de 82 millions d’euros quand les projets grenoblois, francilien ou lyonnais atteignent respectivement 65 M€, 132 M€ et 160 M€. Bien qu’une comparaison avec d’autres moyens de transport comme le tramway ou le métro ne soit pas forcément pertinente au regard de leurs caractéristiques distinctes, ce qui se vérifie également pour la consommation énergétique, ces investissements restent moins onéreux.

Une combinaison de facteurs qui faisait dire à Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, lors de l’inauguration du téléphérique de Brest en 2016 : « il n’y a pas plus propre que le transport par téléphérique, il n’y a pas plus sécurisé, il n’y a pas plus silencieux et, en plus, il n’y a pas moins coûteux notamment dans les agglomérations qui sont surchargées par la circulation ».

D’une vocation initiale purement récréative, le transport par câble en milieu urbain semble, partout dans le monde, offrir des perspectives nouvelles pour les villes en termes de mobilité. La dynamique semble être enclenchée, et la France prendre la bonne cabine. Alors 2021, année de l’urbain ? 

Découvrez ce dossier en intégralité dans l'édition n°283 de Montagne Leaders.
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