Chamonix a relevé le défi

Les 30 et 31 janvier, Chamonix a accueilli les meilleurs slalomeurs mondiaux dans un contexte inédit et à huis clos. Une parenthèse enchantée pour le ski français qui subit de plein fouet la fermeture des remontées mécaniques.

Quelques jours avant le premier slalom sur la Verte des Houches, Frédéric Comte, directeur du club des sports de Chamonix, souriait en comparant les conditions si particulières de ce Kandahar 2021 à une simple course FIS. Malgré le huis clos et surtout une météo capricieuse, ces deux slaloms ont pu se tenir dans d’excellentes conditions pour sacrer deux grands champions : le Français Clément Noël, samedi, et le Norvégien Henrik Kristoffersen, le lendemain. Un soulagement pour le directeur de la course. « Dès lors que l’on réussit à faire les courses, en tant qu’organisateur, nous sommes contents. Heureusement que nous avions bien préparé la piste parce qu’avec les températures douces, la pluie et la neige, la météo ne nous a pas aidés. Nous avons une équipe formidable et nous étions par exemple 60 à quatre heures du matin dimanche pour enlever la neige tombée dans la nuit. Nous avons prouvé que Chamonix et sa vallée se sont remis aux standards de la Coupe du Monde ». Si la neige ne convenait pas forcément à tous les skieurs, certains comme le Suisse Ramon Zenhäusern, deux fois deuxième, ont salué le travail des organisateurs. Car derrière le show, seulement à la télévision ou pour les 2 000 personnes travaillant sur l’épreuve, il y a des chiffres qui ne trompent pas et mettent en exergue les efforts déployés pour accueillir la crème de la crème du ski mondial.

Une piste bichonnée

Car avant de recevoir les skieurs, la piste de la Verte des Houches a été préparée durant de nombreuses semaines. Production de neige de culture, étalage, damage, arrosage. Le mille-feuille doit atteindre 60 centimètres de neige dure pour correspondre aux standards de la Fédération internationale de ski (FIS) pour une Coupe du Monde. Puis, à dix jours des courses, les 20 000 m2 de la piste ont été injectés d’eau à l’aide d’une steinbach (« barre d’acier » en allemand). Au total, entre l’arrosage de la piste et l’injection, 1 500 m3 d’eau ont été utilisés par l’organisation.
Avec les conditions humides du samedi, une tonne de sel a été répandue sur la piste puisque par un procédé chimique, il rend la neige plus compacte afin de limiter au maximum l’effet de rail au fur et à mesure des passages. Et il ne fallait pas moins des 150 lisseurs et 60 coachs en bord de piste pour la choyer. « Sur les deux jours, les meilleurs ont gagné, quel que soit l’état de la piste. Nos lisseurs sont hyper compétents et hyper réactifs ».

Ciel bleu sur la Verte

Pour ce qui est des encouragements, les Français ont pu être poussés par les bénévoles tout le long de la piste. De quoi donner le sourire aux Bleus malgré la frustration de ne pas voir les plus de 15 000 spectateurs prendre place autour de la raquette d’arrivée pour notamment saluer Clément Noël, vainqueur du premier slalom. « Ce week-end on a redécouvert les encouragements et quel kiff ! Finalement, c’est vraiment ce qui manque le plus à notre sport en ce moment… S’il vous plaît, ramenez-nous dans un monde normal », confiait Victor Muffat-Jeandet, à l’issue de sa 4e place, le dimanche.  Prochain rendez-vous à Chamonix les 3 et 4 février 2023. Avec public évidemment… 

Incontournable
« Chamonix redevient une étape incontournable ». La phrase est de Michel Vion, président de la Fédération française de ski. Après la réussite de l’année dernière, les équipes du club des sports de Chamonix ont proposé une édition 2021 inédite, mais réussie avec le soutien des instances politiques de la vallée de Chamonix, mais aussi du Département de la Haute-Savoie et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Si la Verte des Houches n’accueillera pas d’épreuves en 2022, elle sera bien au calendrier de la Coupe du Monde en 2023, à quelques semaines des Mondiaux en France.