Véronique Brizon : « Le ski a toujours sa place dans les modèles touristiques »

ADN Tourisme est né en même temps qu’a débarqué dans nos vies le Covid-19. Un contexte particulier qui n’empêche cependant pas une forte mobilisation des acteurs touristiques. La structure offre un cadre structurant à ses 1 200 adhérents. Présentation avec Véronique Brizon, sa directrice générale.

Comment et pourquoi est né ADN Tourisme ?

ADN Tourisme est né d’une volonté politique des trois présidents des fédérations touristiques, Offices du tourisme de France, Tourisme et Territoires et Destination Régions, de réunir les gouvernances et les équipes afin d’être plus efficaces, plus visibles et plus opérationnels. Bien que l’échelle territoriale ne soit pas la même, nous avons des métiers qui sont complémentaires, et nous souhaitions défendre nos adhérents, les accompagner et professionnaliser nos salariés. La création d’ADN Tourisme répondait donc à un double objectif : être plus efficient et donner plus de visibilité au pilier que représentent les collectivités territoriales. Le tourisme étant organisé autour d’un triptyque État, acteurs privés, au sein de la confédération des acteurs du tourisme, et collectivités territoriales, il manquait une organisation fédératrice de notre côté. ADN Tourisme nous permet de rééquilibrer les choses, d’avoir une force opérationnelle et d’être plus agile.

Quelles sont les missions de votre fédération ?

La première est une mission de représentation. Cela correspond à travailler à négocier un certain nombre de partenariats avec des têtes de réseau national qui visent à donner un cadre à nos adhérents sur le terrain.
C’est aussi en tant que syndicat d’employeur, à négocier la convention collective des salariés et défendre les intérêts de nos adhérents auprès des pouvoirs publics. Nous avons également un rôle d’animation d’un réseau de 1200 structures adhérentes et de 10 000 salariés au champ d’activité très large : l’accueil, la collecte de données, la promotion, la communication, la qualification de l’offre touristique et la structuration du territoire. Sur tous ces métiers-là, nous les accompagnons en apportant une expertise, en favorisant les échanges, en menant des études, en mettant en place des outils. Par exemple, nous avons négocié un partenariat avec Orange qui permet d’analyser les flux touristiques et la fréquentation avec d’autres données que celles de l’INSEE, ou nous allons mettre en place un outil de gestion du classement des meublés que nous avons conçu pour nos adhérents. Le champ d’intervention est vaste. Et nous aurons le plaisir de nous retrouver pour notre premier congrès les 23 et 24 septembre, à Agen.

Estimez-vous que la crise doit amener les destinations à revoir leurs stratégies clientèles ?

Au-delà des origines de la clientèle, je pense que tous les professionnels sont amenés à repenser leur modèle. Mais ils ne peuvent pas le changer du jour au lendemain. Il faut laisser du temps à la transition. Nous avons tous conscience qu’il va falloir évoluer dans les modèles qui existent aujourd’hui. En montagne, le ski est essentiel, il ne faut pas faire une croix dessus. Il faut faire évoluer les équipements, diversifier les pratiques, car il a toujours sa place dans les modèles et il va se compléter avec d’autres activités. J’estime qu’il faut réfléchir à la façon dont vont coexister les activités plutôt que de voir un modèle en remplacer un autre. Il y a des exemples de station de moyenne montagne qui ont basculé sur de nouveaux modèles comme à Métabief. Mais quand il n’y a plus de ski, c’est tout l’écosystème d’un territoire qui est impacté par la disparition de flux touristiques. C’est important pour nous d’accompagner cette transition, de trouver les leviers pour avoir un volume d’activité sur des saisons plus longues. Mais pour cela, il faut des offres, des commerces ouverts. La montagne l’été doit être repensée et les réponses et les stratégies apportées adaptées en fonction des territoires et des massifs.

… Toute l’interview à lire dans Montagne Leaders n°285.