3 choses à savoir sur... Marion Poitevin

Première femme secouriste à la CRS Montagne, cette pionnière a pensé un club pour que les femmes s’affirment dans la pratique des sports de montagne.

Persévérante. Si le club Lead the climb a pu voir le jour, il résulte d’une longue réflexion. «Je n’ai jamais recherché spécifiquement la pratique de l’alpinisme avec des femmes, mais l’ambiance était différente de celle des groupes mixtes où pouvaient naître des doutes sur la légitimité et le leadership des femmes au sein de la cordée. » En 2006, Marion Poitevin fait partie de la première équipe nationale d’alpinisme féminine, ce qui lui vaut d’être remarquée pour intégrer le GMHM. Huit ans et de nombreux diplômes plus tard, vient son tour d’encadrer des groupes féminins : « Malgré le nombre croissant de pratiquantes, il restait encore tout à faire ! Les femmes avaient besoin de se retrouver en montagne pour prendre ou reprendre confiance, et se sentir légitime pour prendre leur part de leadership dans leur pratique des sports de montagne. Quinze ans après ma première expérience dans un groupe féminin, Lead the climb a vu le jour. »

Féministe. La présence des femmes s’accroît en montagne – les clubs FFME et FFCAM comptent 40 % d’adhérentes – pourtant, très peu prennent le leadership. Et la profession reste majoritairement masculine : seulement cinq femmes au sein des 500 secouristes, si l’on intègre les effectifs du PGHM. Avec un certain nombre de « premières féminines » à son actif dans le milieu professionnel du secours en montagne, et le lancement de Lead the climb, Marion se sent-elle féministe ? « À fond ! Mais dans le sens originel du concept, c’est-à-dire atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes. Avec le temps, le terme est hélas devenu un gros mot. J’aimerais lui redonner ses lettres de noblesse. » Même si le process s’accélère, le chemin sera long : depuis la première femme guide de haute montagne (1983), il a fallu trente ans pour former les quinze premières femmes guides, puis sept années supplémentaires pour former
les quinze suivantes…

Amoureuse des sommets. Née à Nancy, Marion Poitevin est une enfant de la Haute-Savoie (La-Roche-sur-Foron), passionnée d’alpinisme et de montagne depuis le lycée : « J’avais toujours l’envie d’être dehors ; je ne voulais pas d’un job assis dans un bureau ! » Monitrice d’escalade à 19 ans, un monitorat de ski alpin en cours, elle travaille en Savoie, mais est installée à La Grave où elle fait partie du collectif « La Grave Autrement ». « Nous réfléchissons au tourisme de demain qui permettrait de conserver l’esprit authentique de ce village. Construire de nouvelles remontées mécaniques a-t-il aujourd’hui du sens ? L’économie locale se porte très bien. Le village est positionné sur un créneau touristique qui lui est propre, avec le glacier le plus accessible en alpinisme de France. Ces projets risquent de bouleverser la population touristique. Nous ne les jugeons pas, mais nous pensons qu’il manque une réflexion à long terme et une consultation locale. »