Patrick Grand’Eury : « Le “faire ensemble“ doit être une vraie démarche volontariste »

Actif depuis la création du cluster montagne, Patrick Grand’Eury a été reconduit en tant que président,  en juillet dernier. Si la crise sanitaire a marqué son premier mandat, elle a aussi prouvé toute l’utilité de l’association dans son écosystème.

Quels sont vos objectifs pour cette nouvelle mandature ?

P.G.E. – Tout d’abord continuer de gérer la crise, efficacement. Les conséquences sont encore là, même si tous nos adhérents ne sont pas dans la même situation selon leur secteur d’activité. Nous poursuivrons également notre feuille de route, dont certains axes essentiels sont encore à développer. Je pense au développement durable avec la nomination d’un vice-président dédié. Nous devons affirmer nos bonnes pratiques environnementales, dans l’intérêt des entreprises et de la filière. Enfin, les plans d’aides nationaux et régionaux sont une opportunité : le Cluster Montagne pourrait être une passerelle entre les entreprises et les territoires pour favoriser des innovations locales et les expérimentations.

Quels ont été vos échanges avec les cabinets ministériels ?

P.G.E. – Depuis janvier, nos actions auprès de l’exécutif sont menées conjointement avec l’Afmont ; une seule voix au nom de la filière permet d’être audible à Paris. Même si la période est paradoxale pour la filière : nous prenons la défense des adhérents touchés par la crise du ski, et nous accompagnons les autres, qui connaissent une réelle période d’opportunités. Grâce à l’écoute des cabinets d’Alain Griset et Jean-Baptiste Lemoyne, et après notre intégration à la liste S1 bis, nous nous battons pour faire comprendre que les conséquences de cette crise courront jusqu’au printemps 2022. Le fonds de solidarité devrait laisser la place à une prise en charge des coûts fixes jusqu’en décembre, adaptée aux entreprises et à l’activité de la filière.

Comment imaginez-vous l’avenir ?

P.G.E. – Cette mobilisation d’énergie ne doit pas nous faire oublier de construire notre futur, sans quoi d’autres le feront, à notre place…Nous avons le devoir de bâtir ensemble ce que nous souhaitons pour la montagne, avec l’ensemble des acteurs. Cela nécessitera de savoir rester fédérés et de poursuivre les échanges et le travail collectif, non dans un esprit politique, mais dans une vraie démarche de co-construction. Nous avons une chance : les représentants actuels des grandes institutions montagnardes sont ouverts. Il faut prendre garde à ce que la routine ne nous rende pas moins disponibles pour le partage. Faire ensemble est une vraie démarche volontariste qui nécessite du temps, de la constance et des moyens.