Gérardmer : Dans l’air du temps

Destination tournée vers le tourisme 4 saisons depuis déjà de nombreuses années, Gérardmer fait partie de ces stations de basse altitude déjà confrontées au changement climatique et résolument orientées vers une transition forte. Montagne, lac, forêt, bassins de population importants, la « Perle des Vosges » peut s’appuyer sur de nombreux atouts pour attirer toute l’année.

Entre lac, ville et montagne, Gérardmer possède des caractéristiques qui font de la « Perle des Vosges » une destination unique, hiver comme été. Et cette culture touristique est ancrée depuis plus d’un siècle. Car en 1875, « le Comité des Promenades », l’ancêtre des offices du tourisme est créé par des Gérômois avides de faire découvrir leur territoire. Dès le départ, les sports d’hiver tiennent une place prépondérante : de 1909 et la création d’une Société des sports d’hiver à l’organisation du 7e Congrès international de ski du CAF en 1913, en passant par la candidature aux Jeux Olympiques de 1924, jusqu’à la création du premier téléski en 1952 sur les pentes de la Mauselaine. Entre 1988 et 2006, la station fut exploitée par Translac S.A, avant une expérience avec le groupe Maulin durant deux ans.

En 2008, la mairie décide de reprendre l’exploitation du domaine skiable par une régie municipale pilotée par Philippe Voirin. Près de dix millions d’euros sont alors investis pour redynamiser la station, avec notamment le réaménagement du front de neige, la création d’une retenue collinaire et l’extension du réseau de neige de culture. Lors de l’hiver 2014 -2015, deux chantiers d’envergure se terminent avec l’inauguration du nouveau télésiège six places du Grand Haut et l’homologation FIS du stade de slalom. Si Gérardmer reste dépendante de l’enneigement, les hivers doux étant de plus en plus fréquents entre 770 m et 1 140 m, elle conserve une place fondamentale pour le territoire. « La station est un pilier de l’économie locale et est indispensable que ce soit au niveau des investissements, des retombées économiques, de l’activité et des emplois », expose Stessy Speissmann, maire de la commune de 8 000 habitants.

@ OTI Hautes Vosges – L.Hego

À cause de la crise sanitaire, Gérardmer, comme toutes les stations, connaît une saison noire. L’édile a d’ailleurs reporté au 15 avril, date limite, le vote du budget dont le domaine skiable représente entre 2,5 et 3 millions d’euros. Cependant, et même si les retombées économiques sont moindres sans le ski alpin, la destination a connu un taux de remplissage quasiment équivalent lors des vacances de février (85 % contre 90 %), de nouvelles clientèles ont découvert les richesses de Gérardmer, et le ski de fond et les activités nordiques ont cartonné. Des éléments qui confortent Stessy Speissmann à opérer un virage dans la gestion. « D’ici deux ou trois saisons, l’objectif est de mutualiser les moyens humains et financiers du ski alpin et du ski nordique pour n’avoir plus qu’une régie municipale qui facilitera notre organisation ».

Tant sur la gouvernance que sur la poursuite de la diversification (relancer la Fantasticable par exemple), la station des Hautes Vosges se positionne clairement face aux enjeux inhérents à la transition touristique en montagne. Accessible, portée par un bassin de population important, Gérardmer a toutes les cartes en main pour faire perdurer sa tradition et rester attractive. 

Découvrez cette « Statioscopie » en intégralité dans l'édition n°283 de Montagne Leaders. 
Les autres articles de la « Statioscopie » :
- Infographie : Les chiffres de la station
- « Accentuer la diversification dans la station », interview de Benoit Perrin, directeur du domaine skiable de la Mauselaine-Gérardmer
- « Nous sommes assez confiants pour l'avenir », interview de Bruno Poizat, directeur de l'office du tourisme intercommunal des Hautes Vosges