Isola 2000 : Neige & Soleil

À seulement trois kilomètres de la frontière italienne, la destination du Mercantour ne manque pas d’attrait. Si sa proximité avec Nice et la Côte d’Azur en fait assurément une star des Alpes du Sud, son altitude et son enneigement lui valent de faire partie du massif des Alpes au sens le plus large du terme. Focus sur cette future cinquantenaire !

Rien ne prédestinait l’ancien village de l’Ieusola à devenir le siège d’une des stations les plus renommées des Alpes-Maritimes. D’autant plus que dès 1968, le Département souhaitait freiner son soutien au développement des sports d’hiver. Auron, Valberg, La Colmiane, Peïra-Cava, L’Audibergue en ont déjà bénéficié : « Le conseil général a fait ce qu’il avait à faire pour permettre le démarrage des stations. Maintenant il appartient à l’initiative privée de prendre des risques. » * Dans ce contexte adverse, le projet Isola 2000 s’est concrétisé par la détermination de quelques hommes – dont le maire, Charles Rami, et le guide Jean-Marie Morisset – et d’un groupe d’investisseurs britanniques. L’histoire de la destination est lancée au début des années 70 : tandis que la Bernard Sunley Investment Trust Limited est autorisée à aménager le vallon du Chastillon, les pouvoirs publics se chargent des quatorze kilomètres de voirie nécessaires pour relier le village à sa station, une destination skis aux pieds à 2 000 mètres d’altitude. Le tracé de la route et son financement ne manqueront pas d’alimenter le débat public pendant de longs mois, tout comme sa sécurisation face au risque avalancheux. Les gardiens des deniers publics se sont vus opposer le maintien de la vie dans le « haut-pays » grâce aux emplois créés localement.


Station de troisième génération, Isola 2000 est finalement inauguré en décembre 1971. Ce fut l’un des derniers grands aménagements dans cette zone géographique, avant que la création du parc national du Mercantour ne calme d’autres ardeurs. À peine fondée, Isola 2000 est passée en 1979 dans le giron de capitaux libanais (Société internationale pour l’aménagement et le développement foncier). La station intégrée change encore de mains par la suite, notamment en 1991 (groupe Bouillon), puis en 1996 (Riccobono)… La stabilité n’est venue qu’en 2003, avec la création du syndicat mixte des stations du Mercantour, et celle de la SEM des Cimes du Mercantour.


Aujourd’hui bien ancrée dans le paysage des Alpes françaises, la destination connaît une popularité croissante comme en témoigne Mylène Agnelli, maire d’Isola : « Isola 2000 est renommée auprès de clientèles de plus en plus lointaines, de part son enneigement et grâce à nos champions qui rayonnent ». Et tandis que tous les Isoliens sont à pied d’oeuvre pour célébrer, en 2021 les 50 ans de la station, la nouvelle édile n’omet pas de se
projeter vers l’avenir. Deux grands enjeux devraient ainsi rythmer les dix années à venir : « transformer de nouvelles surfaces constructibles en lits marchands avec la volonté de les pérenniser au-delà du seuil des neuf ans et développer des activités hors-ski plutôt qu’après-ski, dont notre projet de luge 4 saisons ». Ces nouveaux aménagements ne manqueront pas d’enrichir un peu plus encore l’offre touristique d’un territoire où l’on peut d’ores et déjà skier le matin avant de se rendre à la plage l’après-midi !

* : Extraits de délibération 1968 – Le conseil général et la création de nouvelles stations de sports d’hiver dans les Alpes-Maritimes – J. Tonnelier

Découvrez cette « Statioscopie » en intégralité dans l'édition n°282 de Montagne Leaders.
Les autres articles de la « Statioscopie » :    
- Infographie : Les chiffres de la station.
- « Voir la Méditerranée depuis la cime de Sistron » , interview de Jean-Christophe Desens, directeur du domaine skiable d'Isola 2000.
- « Isola fait partie des stations les plus enneigées de France ! » , interview de Lionel Fernandez, responsable du bureau d’information touristique d’Isola 2000.