Peyragudes : deux versants, une identité

Née en 1988, la station de Peyragudes, membre du réseau N’Py, a longtemps capitalise sur le tout-ski pour poursuivre son développement. Consciente et proactive, elle avance aujourd’hui vers un nouveau modèle économique oriente vers plus de 4 saisons. Sans se renier, mais bel et bien pour exploiter un potentiel naturel qui relie des territoires amoureux et dépendants de ses pentes.

Depuis 33 ans, les stations de Peyresourde et des Agudes ne font qu’une. Un scénario qui s’est vite dessiné alors que les deux voisines avaient à peine trente années d’existence. Le tout premier domaine relié des Pyrénées affiche alors une singularité sans pareil, puisque Peyragudes se trouve à cheval sur deux communes, Germ (Haute-Pyrénées) et Gouaux-de-Larboust (Haute-Garonne) et deux départements. Pas banal certes, mais vital pour garantir des infrastructures de qualité et 60 kilomètres de pistes. Le départ en 1992 de l’investisseur privé SOGEA Midi Pyrénées va permettre la création de la SEMAP, qui basculera en SPL Peyragudes à partir de 2018.

Autre particularité, les deux versants de la station s’appuient sur deux villages très peu peuplés : Germ accueille 36 habitants à l’année quand Gouaux-de-Larboust en recense 68. « La station de ski se situe à trois kilomètres du village. L’hiver lors des week-ends de forte affluence, nous voyonss arriver 5 000 skieurs sur la journée. Et puis nous ne sommes qu’à dix kilomètres de Luchon, donc pas mal de touristes viennent de la vallée du Larbouste vers les Agudes. Nous arrivons à conserver notre tranquillité », sourit Serge de Peco, maire de Gouaux-de-Larboust.

Si aujourd’hui 95 % du chiffre d’affaires (9,50 M€ en 2019-2020) est réalisé l’hiver, Peyragudes se montre proactive pour changer la donne. Entre 2016 et 2019, une réflexion a été menée autour de la diversification, en collaboration avec Dianeige, AD2I et DCSA, afin d’élaborer un schéma directeur quatre saisons dans le but de faire évoluer le modèle économique. La première réalisation en lien avec ce changement de paradigme, intervient en août 2019 avec l’ouverture au public de la télécabine Skyvall entre Loudenvielle et Peyragudes. « Nous allons essayer dans la mesure de nos moyens, de rénover notre station, et dans le cadre de la diversification des activités, de développer d’autres offres à côté du ski. Nous avons par exemple créé une piste de VTT, ouverte depuis la mi-juillet, qui descend des crêtes des Agudes jusqu’à la station sur quatre kilomètres. Nous réfléchissons également à des aménagements au pied des pistes, notamment pour les enfants avec un tapis ou une luge », expose Serge de Peco.

À terme, avec un programme d’investissement de 24 M€ sur la période 2022-2027, la SPL porterait son chiffre d’affaires à plus de 17 M€avec une nouvelle répartition des revenus hiver (65 %) et été (35 %).

Un parti pris nécessaire, alors que la neige aura tendance à remonter en altitude, et ce malgré la neige de culture et une bonne exposition. Étant donné le caractère vital des retombées économiques de la station de Peyragudes pour les vallées au pied des pistes, cette prise en considération volontariste des enjeux sur le long terme devrait permettre de faire perdurer une activité économique sur les territoires. 

Découvrez cette « Statioscopie » en intégralité dans l'édition n°285 de Montagne Leaders. 
Les autres articles de la « Statioscopie » :
- Infographie : Les chiffres de la station
- « Nous travaillons un schéma de diversification à dix ans  », interview de Laurent Garcia, directeur de la SPL Peyragudes 
- « Tout le monde peut cohabiter à Balnéa », interview de Claire Bourg, directrice du complexe balnéa