Saint-Gervais- les-Bains : La Belle embellie

Le destin de la destination haut-savoyarde aurait certainement été tout autre sans le thermalisme et les sports d’hiver. Celle qui fut longtemps « la belle endormie » a repris son patrimoine et son destin en main. Aujourd’hui chaque projet s’adresse autant à la population locale, en croissance continue, qu’à ses visiteurs.

`Que serait Saint-Gervais sans la curiosité des hommes ? Après avoir accueilli les yeux d’alpiniste levés vers le ciel, à la conquête des 4000, c’est sur cette même commune que ceux de Maître Gontard puis du docteur Mattey se sont abaissés pour découvrir les vertus médicales d’une source qui a ouvert l’ère du tourisme thermale et les portes de l’hôtellerie associée. Symbole de cette découverte historique, la commune devint même, en 1867, Saint-Gervais-les-Bains. La fin du XIXe siècle fut tout aussi mémorable pour la destination, avec des décennies de compétition entre ingénieurs pour ce qui devait devenir le Tramway du Mont-Blanc. Après moult discussions, Saint-Gervais a pu profiter du choix de l’implantation Duportal, en 1905. 

Ne restait plus à la station thermale qu’à devenir station de sports d’hiver. C’est l’œuvre de Charles Viard qui, en construisant les premiers téléphériques de Saint-Gervais, a offert les infrastructures nécessaires aux grands débuts du ski. Si ce cumul de fonctions est rare au sein d’une collectivité, il est particulièrement intéressant pour son développement touristique.

Pourtant, malgré ces équipements, Saint-Gervais s’est peu à peu dispersée, prise dans sa volonté de trop bien figurer au sein du trio qu’elle constitue avec Megève et Chamonix. En 2001, la commune de celle que l’on surnommait « la belle endormie » s’est retrouvée surendettée. C’est dans ce contexte qu’a du travaillé l’équipe municipale de Jean-Marc Peillex, toujours à la tête de mairie : « Nous avons accepté le constat que Saint-Gervais ne serait jamais Chamonix ou le mont Saint-Michel. Il nous fallait travailler modestement et imaginer la valorisation de l’existant, le patrimoine bâti, le patrimoine cultuel et culturel, et développer des choses simples. » Car c’est bien la simplicité d’une vie au quotidien que viennent chercher les touristes à Saint-Gervais. Et cela concorde avec l’approche voulue par la mairie depuis bientôt deux décennies : « Chaque projet est d’abord réalisé au bénéfice de la population, avec un surdimenssionnement si nécessaire pour l’accueil des touristes. »

Après la mise en service du pont de contournement en 2012 qui a redonné vie au bourg de Saint-Gervais, la mobilité est plus que jamais d’actualité avec l’ascenseur valléen, depuis le Fayet jusqu’au Bettex : « Ce projet va recréer du lien entre les différents espaces qui composent Saint-Gervais. Relié en amont à la télécabine du Bettex, il sera connecté avec un autre projet encore plus ambitieux, également  soutenu par la Région et le Département : le pôle  d’échange multimodal au sein de la gare du Fayet qui sera un pôle d’activités, en plus d’être le départ des trains grande ligne, du TGV, du Léman Express, des TER, du train à voie métrique vers Martigny, du Tramway du Mont-Blanc, des bus, et de la mobilité douce dont la piste cyclable vers Genève. » Saint-Gervais, la « belle endormie », s’est bel et bien réveillée et ne cesse d’aller de l’avant.

Découvrez cette « Statioscopie » en intégralité dans l'édition n°286 de Montagne Leaders.  
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