Clientèle : La proximité ne suffit plus

Après la sensibilité environnementale, la mobilité puis les critères de choix d’un séjour, l’enquête menée par G2A et Montagne Leaders, avec cette année le concours d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme, s’est intéressée à la zone A. Proche des massifs montagneux, la clientèle qui constitue cette zone scolaire montre des tendances de consommation à envisager pour l’avenir.

Les perspectives de réservations annoncées dès le début du mois d’octobre dernier par G2A laissaient préfigurer une anomalie de fréquentation de la part de la clientèle de la zone A au plus fort de la saison d’hiver. Et cette tendance s’est concrétisée. Illustration dans les Alpes du Nord : la première semaine des vacances, du 4 au 11 février, n’a totalisé que 64,2 % de taux d’occupation moyen. Cette statistique interpelle étant donné le contexte qui réunissait les conditions d’un séjour réussi aux sports d’hiver pour cette clientèle de proximité : de la neige en quantité, une météo au rendez-vous, et une première semaine sans chevauchement avec une autre zone scolaire. À titre de comparaison, les trois dernières semaines de janvier et les deux premières de mars, hors vacances scolaires françaises donc, ont affiché des taux d’occupation supérieurs (jusqu’à 75,1 %). Cette désertion de la zone A pour cette période est l’une des réflexions qui a initié le sujet de cette nouvelle enquête.

Faut-il voir dans cette statistique une logique de prix ? Le potentiel économique est-il en jeu ? Ou est-ce simplement la volonté de partir hors-saison, justifiée par la proximité de cette clientèle avec les massifs montagneux ? Cette proximité crée-t-elle un désintérêt pour l’hiver, la montagne ou ses loisirs ? Qui compose cette clientèle de la zone A, et quelles sont ses attentes en montagne ?

À l’étude depuis 2016.

Depuis la réforme de la carte scolaire en 2016, la zone A est devenue « LA » zone de clientèle de proximité par excellence pour les destinations montagne de France, au regard de la situation géographique des académies qui la composent. Pour rappel :

Zone A : Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers ;

Zone B : Aix-Marseille, Amiens, Caen, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Rouen et Strasbourg ;

Zone C : Montpellier, Toulouse et la région parisienne.

Cette nouvelle carte scolaire a renforcé le poids de la zone A. Une étude de G2A parue en 2018 réévaluait la démographie de cette zone « de proximité » de 25 à 29 millions de Français. Enfin, selon la même étude, les touristes de la zone A affichaient déjà des tendances de consommation particulières, notamment une propension plus marquée au court séjour et aux réservations tardives.

Méthodologie.

Cette étude a été réalisée par G2A Consulting et Montagne Leaders, avec le concours d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme. Son objectif était donc de mieux connaître ces clients dits « de proximité », et de comprendre leurs habitudes de consommation, en vacances ou en excursions, en hiver et en été.

Pour cela, une enquête en ligne a été menée du 17 au 26 avril derniers auprès d’un panel représentatif de la population française. Un zoom, également représentatif de la population française, a été effectué sur la zone A, en raison des académies qui la composent, notamment depuis la réforme de la carte scolaire de 2016. L’enquête a recueilli 3 376 réponses : 2 269 pour la zone A, 676 pour la zone B, et 431 pour la zone C.

Des tendances classiques, d’autres plus inédites.

La présentation des résultats de l’enquête s’étale sur plusieurs dizaines de slides, elle sera prochainement en ligne sur notre site web. Certains d’entre eux sont développés dans les pages suivantes. D’autres, par manque de place, n’ont pas pu l’être. Il s’agit de quelques informations sans grande surprise, dont la faveur de la zone A pour le très court séjour et les excursions. Privilégiant souvent, et logiquement, les massifs proches, cette clientèle est également moins disposée à faire des kilomètres pour partir, qu’il s’agisse de l’hiver ou de l’été. Plus que l’habitude de la proximité, ces deux tendances confirment une préférence pour les destinations rapidement accessibles.

D’autres réponses apportent des enseignements plus étonnants. Disposant d’une situation géographique favorable, la zone A n’est pourtant pas la clientèle la plus avide de ski alpin lors d’un séjour hivernal. Ses touristes recherchent prioritairement les paysages, l’environnement, le calme et la tranquillité. (Ces items sont également recherchés en été.)

Même s’il convient de prendre en compte leurs très courts séjours, ces clients déclarent partir moins souvent en vacances que ceux des zones B et C. La zone A consacre d’ailleurs le plus petit budget par jour et par personne à l’ensemble des séjours et excursions en hiver (ainsi qu’en été). Mais ces arguments budgétaires n’expliquent pas l’évolution de leurs habitudes de séjours ces dernières années. Et l’on pourrait déceler au sein de la zone A un profil de client plus connaisseur de la montagne, en hiver notamment, et donc plus exigeant en termes d’authenticité et de qualité de séjour.